Journée Internationale des droits des femmes

Femmes à l'Honneur [Portrait 6] - Elise Bonaldi

Médecin gériatre, responsable de l’EHPAD du Bois de Menuse à Chalon-sur-Saône et coordonnatrice des 2 EHPAD du Centre Hospitalier, Elise Bonaldi, a accepté de répondre aux questions d’info-chalon.com…

Elise, parlez-nous de votre parcours…

Après un cursus en faculté de médecine à Dijon, j’ai commencé par effectuer des remplacements de médecine générale dans l’Yonne autour de Sens. Puis, j’ai accompagné mon mari qui suivait une formation à Nantes de 2008 à 2010 et enfin, nous sommes revenus en Bourgogne et nous sommes installés à Chalon-sur-Saône en septembre 2010. Lors de mon séjour nantais, j’ai travaillé en gériatrie et me suis spécialisée dans ce domaine et plus particulièrement celui de la prise en soins gériatriques en EHPAD. J’ai découvert ce milieu un peu par hasard et depuis je me passionne pour cet univers à la fois très riche en possibilités mais trop souvent carencé en moyens. Mon envie est de faire des EHPAD des lieux de vie, d’innovation et de culture, mais aussi des lieux d’expertise où exercent des professionnels formés et reconnus pour leurs compétences à la fois techniques et relationnelles. Plus largement, mon souhait est de changer le regard de la société sur les personnes âgées et de sortir des a priori, voire du racisme, anti vieux. Parmi mes autres passions, il y a la danse et la musique qui sont pour moi des luxes indispensables à la vie ; ce pourquoi nous avons mené déjà plusieurs projets de danse et de musicothérapie en EHPAD, dont le projet en cours intitulé « 1-2-3 merveilles ! »  avec le danseur Hervé GIVORD, en partenariat avec les crèches des Petits Mousses et des Violettes et le relai d’assistantes maternelles du Plateau.

Que représente pour vous la journée internationale des droits des femmes ?   

À vrai dire, je me demande surtout pourquoi il n’y a qu’une seule journée et pas 365 !

Au cours de votre vie ou de votre carrière, avez-vous vécu ou avez-vous été témoin d'inégalités hommes/femmes ?  

Pendant mes études de médecine j’ai rencontré très peu de femmes chef de service et une minorité en chirurgie mais je ne sais pas si c’était par choix assumé ou du fait de certains freins liés au genre et aux mentalités.

Depuis, ces dernières années, les politiques tentent de prendre à bras le corps ce problème, la mise en place de la parité vous a-t-elle semblé être une bonne mesure ?  

Je ne suis pas sûre... Ce qui me dérange, c’est qu’il faille établir un quota, cela  peut faire croire que de manière intrinsèque les femmes n’auraient pas les capacités suffisantes pour occuper des postes à responsabilité.

Pensez-vous que l'image et la place de la femme dans la société française aient évolué ?

Oui, les mentalités évoluent, il me semble, et je pense surtout que la femme française fait partie des privilégiées à travers le monde car elle a accès à l’éducation sans discrimination.

Être une femme a-t-il déjà été pour vous un handicap ? Une force ?

 Jamais un handicap, plutôt une force, la force instinctive de celle qui transmet la vie.

Comment conciliez-vous vie professionnelle et vie personnelle ?

C’est un vrai challenge ! J’ai souvent l’impression d’être une équilibriste mais je crois que toutes les femmes, a fortiori les mères, connaissent cela. Je suis passée récemment à 80% de mon temps d’activité et j’apprécie cette journée supplémentaire avec mes enfants, même si cela génère des ajustements professionnels.

Quelle est la phrase que vous aimeriez ne plus entendre ?

« Je n’ai pas le temps », phrase que j’entends trop souvent à l’EHPAD et que j’aimerais moi aussi ne plus prononcer. Le temps est devenu la denrée la plus précieuse dans cette société de l’immédiateté et nous avons beaucoup à apprendre des personnes âgées qui n’ont pas du tout la même appréciation de la temporalité. Souvent, il est urgent de prendre le temps…

Quelle est votre devise ou votre philosophie ?    

 « Le beau fait du bien ».

Que défendez-vous et que voulez-vous transmettre ?   

L’autonomie, c’est-à-dire la liberté de choix pour soi-même et la dignité de la personne à tout âge. Ce que je souhaite transmettre, ce serait plutôt la joie et la capacité à apprécier la beauté qui nous entoure.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu ?  Le meilleur que vous ayez donné ?  

Le meilleur conseil que j’ai reçu : « profitez de la  vie ! » conseil donné par une de mes patientes centenaire à  chaque visite. Elle a toujours le sourire accroché aux lèvres et le regard qui pétille. De manière générale, les femmes âgées que je côtoie livrent d’excellents conseils et témoignages sur la vie et je leur suis très reconnaissante de cette transmission. Puis, celui que j’ai donné :  « rester humble et rire au moins une fois par jour ». 

Quelle est ou quelles sont les femmes qui vous ont le plus influencée ?   

 Ma mère, ma grand-mère, mes amies : ce sont les femmes que j’aime et qui m’inspirent.

L'actrice Cate Blanchett a été désignée pour présider le jury du Festival de Cannes. De nombreux médias ont commenté cette annonce en mettant en avant qu'elle avait été l'une des premières femmes à s'être élevée contre Weinstein. N'est-ce pas déroutant que l'on puisse penser qu'elle ait été choisie pour cette raison ?

Oui c’est déroutant, cela rejoint ce dont on a parlé à propos de la parité. Une femme doit être choisie pour ce qu’elle est et non pour ce qu’elle représente.

Propos recueillis par SBR - Photo : SBR

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