Saône et Loire économie

13,6 % de la population de Saône et Loire sous le seuil de pauvreté

L'INSEE vient de publier son étude portant sur la pauvreté en Bourgogne avec un comparatif entre 2008 et 2011. Ce sont plus de 210 000 Bourguignons qui vivent sous le seuil de pauvreté. En l'espace de quelques années, ce sont 20 000 Bourguignons de plus qui sont passés sous le seuil de pauvreté.

Comparée aux autres régions, la Bourgogne apparaît relativement préservée. Cependant ses départements se trouvent dans des situations très disparates : la Côte-d’Or se situe parmi les dix départements français les moins touchés par la pauvreté, la Nièvre fait partie des vingt cinq départements les plus affectés. Tous les territoires ne se trouvent pas dans la même situation : la population pauvre se concentre davantage en milieu urbain. Sous l’effet de la crise, la précarité augmente et les inégalités se creusent. C’est dans l’Yonne que la situation se détériore le plus ; mais la Côte-d’Or, encore épargnée, est rattrapée par cette dégradation.

À travers les caractéristiques de la population pauvre, se dessine le portrait des plus démunis, plutôt des jeunes, plutôt des femmes, souvent des familles monoparentales.
 
Pour aider les plus démunis, des prestations  sociales sans contrepartie de cotisations sont versées aux plus pauvres pour leur assurer un minimum de revenus. Ainsi, 49 800 Bourguignons perçoivent le revenu de solidarité active en 2012 et 43 400 l’allocation adultes handicapés. Cette pauvreté institutionnelle est également moins présente dans la région. Près de 8 % de la population relevant du champ de la Caisse d’allocations familiales bénéficie d’un minimum social contre 8,3 % en France de province. Pour certains habitants, les prestations sociales constituent plus des trois quarts de leur revenu. Cette dépendance aux prestations est un peu plus faible en Bourgogne ; elle concerne 19 allocataires sur 100, soit un point de moins qu’en province ou en France métropolitaine. Le taux de bas revenu  vient confirmer une pauvreté moins marquée dans la région. En Bourgogne, 16,6 % des habitants perçoivent un bas revenu contre 18,2 % en moyenne de province.
 
Les jeunes davantage touchés
 
Près de la moitié des personnes pauvres ont moins de 30 ans. La pauvreté touche d’abord les enfants et les adolescents, à travers la situation de leurs parents quand leurs revenus sont insuffisants, notamment du fait du chômage, des bas salaires et du morcellement du temps de travail. Pour autant, elle n’épargne pas les jeunes adultes.
En 2011, 26 400 jeunes bourguignons âgés de 20 à 29 ans vivent sous le seuil de pauvreté. Parmi eux, les 20-24 ans sont dans une situation nettement défavorable avec un taux de pauvreté de 18 %.
L’insertion des jeunes dans l’emploi s’est compliquée avec la crise ; elle se traduit souvent par une précarité prolongée et un retour fréquent au chômage, des situations qu’ils subissent deux fois plus que la population active bourguignonne : 22 % des jeunes se déclarent au chômage, 28 % occupent un emploi précaire. Les moins de 25 ans sont d’autant plus pénalisés qu’ils ne peuvent bénéficier du RSA que de façon très restrictive. Sans emploi, sans soutien familial, ils basculent dans la pauvreté.
 
Plus on est âgé moins on est pauvre
 
Le taux de pauvreté diminue avec l’âge.
 
Il s’établit à 8,1 % pour les 65 ans et plus.  Mais la situation de ces 27 400 seniors bourguignons n’en est pas moins préoccupante ; leur inscription dans la pauvreté est durable puisqu’ils ont dépassé l’âge d’un éventuel retour à l’emploi.
La pauvreté des seniors est davantage présente dans les départements plus ruraux où le niveau des retraites est plus faible. Ainsi, leur taux de pauvreté s’élève à 8,7 % dans la Nièvre, à 9,3 % en Saône-et-Loire. Dans ce département, les anciens agriculteurs exploitants ou ouvriers qui perçoivent des pensions modestes sont nombreux : ils représentent 44 % des retraités, soit cinq points de plus que la moyenne régionale.
La pauvreté des seniors se conjugue principalement au féminin. Se retrouvant souvent seules pour les plus âgées d’entre elles, ces femmes perçoivent soit une faible pension ou une pension de réversion modeste, soit le minimum vieillesse.
Elles sont issues de générations où l’exercice d’une activité professionnelle tout au long de la vie active était moins répandu qu’aujourd’hui. Certaines ont travaillé mais pas assez longtemps pour pouvoir prétendre à une retraite complète, d’atres sont restées au foyer.
 
Laurent Guillaumé d'après la publication de l'INSEE
 

Annonces

Météo locale

Météo
  • Min
  • Max

Recherche