"Lundi, je ne sais même pas ce que je vais donner comme travail à mes salariés"

Juste avant le reconfinement, Thierry Buatois, Président de la CPME Saône et Loire avait invité le Sous-Préfet de l'arrondissement de Chalon sur Saône à participer à un échange avec quelques chefs d'entreprise.

L'exercice s'annonçait périlleux pour le représentant de l'Etat sur le secteur chalonnais mais Jean-Jacques Boyer s'est plié à l'exercice à l'invitation de Thierry Buatois, Président de la CPME71, faisant face à quelques chefs d'entreprise, répartis comme il se doit dans les salons de l'hôtel Ibis de Chalon sur Saône. Paroles libres et échanges musclés ont rythmé le moment, alors que nombre de chefs d'entreprise ont fait savoir leurs désarrois face à une situation économique et sociale devenue incontrolable. Et ce ne sont pas les quelques aides formulées ici ou là dans la presse qui viennent apaiser le ressenti des entrepreneurs de Saône et Loire. 

Les témoignages ont afflué en l'espace de l'heure d'échange, avec l'idée de permettre au Sous-Préfet de faire remonter au plus haut le maximum de doléances et d'interrogations. Entre des échanges liés à des questions philosophiques sur "la question de la vie liée à celle de la mort", sur celle "d'impacter tout un pays pour quelques milliers de morts", sur des questions purement comptables ou celles des aides, le désespoir des jeunes entrepreneurs qui n'ont pas assez d'antériorité pour bénéficier de soutiens, tout  a été passé en revue, comme aussi un moyen de trouver en la personne du Sous-Préfet l'occasion de déverser tous les ressentis. Opération sans nul doute réussie en terme de psychologie collective même si chacun est retourné dans ses occupations, avec une phrase qui restera en mémoire, celle d'un industriel de SaôneOr, "lundi, je ne sais même pas ce que je vais donner comme travail à mes salariés".

Laurent Guillaumé 

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