TRIBUNAL DE CHALON - Pour une histoire de bagarre au couteau entre des routiers roumains à Lux

« Il a dit qu’il allait me montrer comment on salue à Ocna Mures, qu’il allait me planter avec le couteau. »

 Vingt secondes plus tard, vive brûlure à l’épaule, le sang gicle. L’agresseur essaie de contenir le sang de la victime avec son tee shirt et file appeler le 112. Quand les gendarmes arrivent sur le parking de la société de transport, à Lux, ce vendredi 30 octobre, les hommes sont calmes.

 

Le SAMU embarque la victime à l’hôpital, les gendarmes embarquent l’auteur en garde à vue. Hier dimanche il est déféré et placé en détention provisoire, il est jugé ce lundi 2 novembre selon la procédure de comparution immédiate. C’est un homme âgé de 49 ans, de nationalité roumaine, né à Ocna Mures, justement. La victime est un autre chauffeur routier, il a été blessé profondément sous la clavicule par un couteau de cuisine en céramique avec une longue lame. 4 jours d’ITT et 17 agrafes plus tard, il refuse de poser plainte et serait déjà rentré chez lui.

 

La présidente Verger expose sa version des faits, le prévenu s’inscrit en faux sur la nature du conflit, mais enfin ils se chipotaient, ces deux-là. Il se dit désolé, dit que l’autre le frappait (le médecin a constaté contusions front, mandibule et main gauche, il a lui aussi quelques jours d’ITT) et qu’il est venu toucher le couteau. Le verbe « toucher » n’évoque rien de la blessure réelle, profonde de 5 cm. Les deux avaient bu, la victime (1,16 g d’alcool par litre de sang) davantage que le prévenu (taux d’alcoolémie : 0,66g).

 

Les reproches entre eux tournaient autour des camions, et de la négligence du prévenu qui, peu regardant sur l’hygiène, laissait des cabines sales à ses collègues. Vrai, faux, comment savoir ? Le prévenu en voulait à son collègue de parler dans son dos. L’altercation a commencé on ne sait pas vraiment pourquoi mais c’est le prévenu qui descend de son camion, couteau en main, et marche droit sur la victime, ce qui « démontre l’intention coupable » requiert madame Hooker, substitut du procureur, qui insiste sur le geste « complètement disproportionné ». Elle demande une peine de 15 mois de prison avec maintien en détention.

 

Le prévenu n’a pas de casier mais aurait un profil « très inquiétant », ce sont les mots de la procureur. Il est décrit comme « un peu récalcitrant et impulsif par son employeur » ce sont les mots de la présidente Verger. L’avocate reprend la version de la victime, « à mon avis c’est une histoire inventée ». Maître Leray s’emploie à le démontrer. Elle se demande pourquoi le parquet n’a pas retenu les violences réciproques, puisque son client a reçu des coups. « A force de vouloir décrédibiliser mon client, la victime se décrédibilise elle-même, pour des histoires infantiles. On voit mal comment la peine d’emprisonnement requise serait adaptée, et il est désolé, il l’a répété à chaque occasion. » La victime n’aura pas de séquelles. 

 

« J’estime que dans ces conditions vous devez retenir le partage de responsabilités, dès l’instant où c’est la victime qui est venue provoquer monsieur. Ce sont des faits qui sont graves, c’est vrai, mais ce ne sont que deux collègues qui ne s’entendent pas. Monsieur a une casier vierge, son comportement n’a jamais fait difficulté. La victime a eu tôt fait de repartir, sans doute consciente de son implication. La peine requise n’est pas proportionnée. »

 

Le tribunal déclare le prévenu coupable et le condamné à une peine de 8 mois de prison et interdiction de porter une arme. Il est maintenu en détention.

 

FSA

Annonces

Météo locale

Météo
  • Min
  • Max

Recherche