Le maire présente sa stratégie sociale d'accompagnement des Chalonnais impactés par la crise sanitaire

Avec l'épidémie de COVID-19, la situation socio-professionnelle d'un certain nombre de Chalonnais en difficulté s'est considérablement détériorée. Mercredi après-midi, face à cette situation préoccupante, le maire de Chalon-sur-Saône présentait différentes mesures d'aide sociale adaptées en direction des publics précarisés par cette crise. Plus de détails avec Info Chalon.

Hier, mercredi 25 novembre, à 14 heures, dans la Salle des maires de l'Hôtel de Ville, au regard des conséquences socio-économiques de la crise sanitaire du COVID-19 et de la fragilisation (constatée et prévisible) de la situation socio-professionnelle d'un nombre certain de Chalonnais, le maire, Gilles Platret, et son adjoint en charge des affaires sanitaires et sociales, Bruno Legourd, se sont réunis pour la présentation de la stratégie sociale mise en place par la municipalité afin de répondre à l'urgence de la situation.


Il s'agit de mesures d'aide sociale adaptées en direction des Chalonnais précarisés par cette crise.


Sur la question de la précarité, les associations caritatives qui œuvrent sur le territoire de la commune font un double constat : celui de l'émergence de nouveaux bénéficiaires qui ne relevaient pas jusqu'à présent des dispositifs d'aide existants et celui de la densification du recours aux aides de la part des bénéficiaires déjà connus.


Le service social du CCAS constate pour sa part une solliciation accrue de la part des travailleurs intérimaires et indépendants, et craint un accroissement des demandeurs dans les mois à venir, une fois épuisé le recours aux aides publiques liées à la perte de l'emploi.


«C'est sur la base de ce constat que la Ville de Chalon et le CCAS ont décidé d'imaginer des dispositifs parfois renforcés parfois nouveaux pour répondre à cette situation qui est une situation d'urgence sociale», nous explique le maire venu présenter les grands axes de ce qui va être «la mesure que nous prenons d'une situation telle qu'elle se présente à nous à l'issue de mois de crise sanitaire».


Des mois qui s'inscrivent dans «un continuum dont on est pas sortis».


«À ce titre, on essaye de répondre à une situation donnée et également d'anticiper une dégradation sociale à veni. On est vraiment au milieu de la rivière et on essaye de répondre au mieux à ce qui est en train de se présenter», poursuit le premier magistrat de la ville.


«Incontestablement, nous sommes devant une augmentation de la précarité», ajoute-t-il, s'estimant «heureux de la prise de conscience» au plus haut sommet de l'État, référence au discours du président de la République, Emmanuel Macron, mardi 24 novembre, à 20 heures.


Pour Gilles Platret, ces nouvelles populations de précaires «sont en train de sortir de ce monde qui était un monde d'entredeux qui ne leur permettait pas de vivre dans l'opulence mais qui leur permettait d'éviter de sombrer dans la précarité» jusqu'alors.


«Or, force est de constater que ce public-là, parce que la situation économique a énormément restreint les capacités de trouver du travail sont en train de plonger. C'est vrai pour les travailleurs, c'est vrai aussi pour les étudiants, concrètement, qu'on voit arriver de plus en plus dans les dispositifs des associations caritatives. Ce public nouveau frappe à la porte souvent pour la première fois et donc il y a une réponse qui mérite de lui être apportée», explique encore ce dernier.


«C'est aussi vis-à-vis des bénéficiaires que l'on connaît, une demande qui augmente en matière d'appel à l'aide. En clair, pour le dire d'une façon comme d'une autre, il y a une population intermédiaire qui est en train de plonger et on a une population qui était déjà dans la difficulté qui s'enfonce encore un peu plus dans la difficulté. Et ça c'est vraiment le constat qu'on partage avec les associations caritatives sur le terrain», confie l'édile qui dresse ce «portrait pas très réjouissant», comme il le définit lui-même.


«D'autant plus que la situation est évolutive et qu'elle n'est pas appelée dans l'immédiat, en tout cas, à évoluer dans le bon sens parce qu'on a pas encore hélas épuiser les risques de la crise économique. On sait, par exemple, que ne vont pas se relever tous les commerces et les entreprises après ce deuxième confinement et que de surcroît, on est pas à l'abri du tout d'un troisième confinement si jamais la situation qui a l'air de s'améliorer se dégradait de nouveau dans le premier trimestre de l'année 2021», avertit-il.


Pour ce faire, la municipalité a travaillé de concert non seulement avec le CCAS, les associations caritatives et le monde de l'accompagnement social de notre ville.


«C'est quelque chose qui nous tient à cœur car il n'y a pas de réponse unique. Nous (la Mairie) sommes un des partenaires, pas le moindre évidemment car on a un rôle de propositions et d'accompagnement mais on veut se mettre dans le cadre d'une réponse coordonnée et ça a vraiment été la logique qui est la nôtre face à l'ampleur de la crise», indique le maire.


Les trois axes majeurs sur lesquels a travaillé la municipalité sont la question de l'aide sociale facultative dont le règlement va être adapté dès cette fin d'année, «afin de pouvoir répondre de manière plus large aux demandes d'aide adressées au CCAS» comme l'assouplissement du critère d'éligibilité lié au «reste à vivre» ainsi que la revalorisation de 20% du montant maximum des aides qui doit permettre de mieux répondre aux besoins identifiés, la création d'un fonds d'intervention crise sanitaire et la volonté d'essayer de répérer plus facilement et plus efficacement les publics qui peuvent prétendre à des dispositifs d'aides et qui restent en dehors de ces dispositifs parce qu'ils n'ont pas eu l'information nécessaire.


«Ce sont les ayants droits qui ne font pas valoir leurs droits», explique-t-il avant de céder la parole à son adjoint.


«L'aide sociale facultative, composée de dix aides facultatives, est un dispositif intéressant parce qu'il répond de façon immédiate. Ce dernier a été revalorisé ce qui fait qu'on a un dispositif complet qui couvre l'ensemble des besoins, c'est-à-dire, par exemple, qu'une famille qui a une situation même particulière peut y trouver une réponse», déclare Bruno Legourd qui parle d'un «dispositif rôdé».


«Cette aide est toujours accompagnée d'un bilan social. Il ne peut y avoir d'aide sans rencontre avec un travailleur social», avertit l'ancien directeur de l'Hôpital William Morey.


De plus, comme l'indiquait le maire, il sera proposé dès début 2021, la création d'un fonds d'intervention Crise sanitaire en direction des associations qui soutiennent les personnes précarisées sur le territoire de la commune et notamment les nouveaux publics touchés par la crise économique.


«Cette aide est vraiment centrée sur une réponse ou un besoin hebdomadaire des bénéficiaires. C'est-à-dire que cette aide ne va pas aller dans un dispositif d'équipement ou d'achat. C'est vraiment tourné vers le bénéficiaire Chalonnais», indique l'adjoint au maire.


Avant d'ajouter :


«Je rappelle que le CCAS n'a une vocation que pour Chalon. Il est important de le repréciser».


Et pour lutter contre non recours aux droits, le CCAS souhaite dévélopper «l'aller vers» en direction des publics Chalonnais notamment lorsqu'ils s' adressent à l'ensemble des associations caritatives pour une aide alimentaire, vestimentaire ou d'hygiène et qui n'ont pas fait la démarche de contacter les services sociaux ou ont des difficultés à le faire.


Une proposition dans ce sens sera faite aux associations concernées, très prochainement.


Bruno Legourd signalait au passage que l'Écosse a voté mardi une loi sur l'accessibilité gratuite aux protections hygiéniques, ce qui constitue un vrai problème pour la population féminine.


La municipalité a l'intention de faire un appel à projets allant dans ce sens.


La somme maximale sera de 8000 euros par projet et par association.


«C'est un effort considérable pour la collectivité», affirme l'adjoint qui précise les dix aides qui constituent l'aide sociale facultative était déjà un effort considérable qe l'on doit à l'actuelle adjoint au maire djointe en charge des affaires scolaires, Amelle Deschamps, qui occupait leposte d'adjointe au maire en charge des affaires sociales, lors du premier mandat de Gilles Platret. Cette dernière présidait d'ailleurs la délégation en charge de la stratégie sociale afin d'accompagner les Chalonnais en difficulté.


«Tous les CCAS n'ont pas des aides facultatives», rajoute l'adjoint au maire.


En outre, la municipalité jette un «œil très particulier sur la situation domicilaire» de notre ville.


«Nous sommes en période de trêve hivernale et on va forcément en sortir à un moment donné donc on sait très bien qu'en ce moment, il y a des familles en difficulté qui sont encore hébergées. Elles sont, heureusement, par les temps qui courent, pas en mesure d'être expulsées sauf que la situation se dégraden il peut y avoir des retards de paiement de loyer. donc on est vraiment dans l'anticipation concernant ce sujet-là avec l'ensemble des partenaires afin de prévenir ce qui serait une situation de logement accrue, à partir du moment où on sortirait de la période hivernale», intervient le maire, parlant ici d'un «enjeu différé».


Ce dernier refuse la logique du chèque social.


Étaient également présents, Valérie Maurer, adjointe en charge des affaires familiales et de la démocratie locale, Jean-Michel Morandière, adjoint en charge de la jeunesse et de la vie des quartiers, Marie-Christine Agacinski, responsable du service Santé-Prévention de Chalon-sur-Saône, Sophie Dut, responsable du service Familles de la ville de Chalon-sur-Saône, et Olivier Genieux, responsable Insertion sociale pour la municipalité de Chalon-sur-Saône et le Grand Chalon.

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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