TRIBUNAL DE CHALON - Il place un traceur sur la voiture de son ex.. et ça dégénère ..

"J'ai toujours été droit", dit le prévenu. C'est possible. Il a donc toujours été droit, jusqu'au jour où il a été tordu, et ce jour-là se situe avant les faits, c'était le jour où il a posé un traceur sur la voiture de son ex-copine.

Ex... ou avait-il encore une chance ? Manifestement, la marmite a bouillonné dans les points de suspension. Il y a 3 jours, le 20 février, il géolocalise sa "peut-être ex-copine" sur la commune de Sevrey, ni une ni deux il fonce. Il la voit, il voit qu'elle est avec un autre. "Je suis sorti en furie."


Il est "en furie", pourtant c'est l'autre qui donne le premier coup de poing. Mal lui en prend car il finira au sol, sans connaissance, le nez cassé. La jeune fille dit que son ex a roué l'autre de coups, lorsqu'il était au sol. Conduite inqualifiable pour le parquet, faux témoignage, selon l'avocat du prévenu : aucune trace de coups ailleurs que sur le visage. L'avocat impute l'excès à l'émotion. Elle aussi a été frappée, et une vitre de sa voiture, cassée. L'auteur de l'agression est jugé selon la procédure de comparution immédiate, ce lundi 22 février.


On appelle au secours, mais on ne veut pas pour autant se référer à la loi


Elle a donc posé plainte après cette scène épouvantable, mais à l'audience, le jeune homme aux 4 jours d'ITT et elle (2 jours d'ITT) se rétractent : ils ne veulent pas de dommages et intérêts, ils ne veulent même pas se constituer parties civiles. Cette volte-face excède la vice-procureur, elle y voit la conséquence des messages de pressions et d'intimidations que des proches de l'auteur de l'agression on envoyé aux victimes, dès l'instant où celui-ci a été placé en garde à vue. On peut le résumer ainsi : on appelle au secours, bien content de trouver police et hôpital, mais on ne veut pas pour autant se référer à la loi, on veut régler ça entre-soi. 


"Franchement, ce n'était pas une simple bagarre, il aurait pu le tuer"


De part et d'autre de la barre se dressent deux positions que tout semble opposer, alors qu'au fond elles ne sont pas opposées. D'un côté le ministère public dénonce "des faits d'une rare violence" et pointe l'attitude du prévenu qui se défausse beaucoup. La présidente Verger le souligne également, en rapportant un témoignage (car il y avait des témoins sur place) : "Franchement, ce n'était pas une simple bagarre, il aurait pu le tuer." Mais l'excès de ce côté-ci de la barre sert une autre forme d'excès, plus soft, du côté de la défense.


"Il y avait encore des relations"


"Que le parquet nous donne un petit manuel du bon comportement des mis en cause, lance maître Marceau, qu'on puisse leur dire comment se comporter à la barre." L'avocat plaide la confusion qu'entraînait l'attitude de la jeune fille (laquelle dans sa plainte disait que le prévenu était insistant, à y revenir sans cesse) : "Il y avait encore des relations. On ne soupçonne jamais l'impact de ce genre d'histoires sur une telle fracture narcissique."


ça peut rendre dingo de ne pas savoir où se situer


"C'est l'erreur de ma vie" disait le prévenu en présentant des excuses. De sa vie : il a 23 ans. Pendant 4 ans il est sorti avec cette jeune fille qui finalement le quitte mais continue à lui envoyer des signes. Le voir, recevoir un petit bijou en cadeau, etc. Maître Marceau estime que ça peut rendre dingo de ne pas savoir où se situer, vraiment. Il plaide donc la fragilité de son client, lequel a la parole en dernier et ces mots désatreux : "L'erreur est humaine."


Une erreur ?


Il a posé un traceur sur le véhicule de la fille, il l'a localisée, il s'est rendu sur place, l'esprit rendu fou par la colère et sans doute la jalousie. Il a frappé un homme à lui en faire perdre connaissance. Il a appelé le frère de la victime, conscient que celle-ci avait besoin de secours et de soins. Il a frappé son ex et cassé sa voiture. Le parquet requiert des interdictions de contacts et un mandat de dépôt.
Le jeune homme n'a qu'une condamnation. Une ordonnance pénale, en 2018, le condamnait à une amende pour usage de stupéfiants. Par ailleurs il s'est formé et il travaille, il a des revenus, vit chez ses parents, dit qu'il participe aux frais de la vie quotidienne.


Détention à domicile, du sursis prêt à tomber, au cas où


Le tribunal le déclare coupable et le condamne à une peine de 15 mois de prison dont 8 mois sont assortis d'un sursis simple. La partie ferme (7 mois) est aménagée ab initio sous la forme d'une détention à domicile, avec le port d'un bracelet électronqiue, "vous irez travailler".


FSA

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