Opinion de gauche

Un appel à la mobilisation et à voter dès ce dimanche 20 juin

Communiqué :
Depuis maintenant plusieurs semaines, les médias et instituts de sondages nous prédisent une nouvelle fois un taux d’abstention record et augurent de scores du Rassemblement National que beaucoup s’accordent à considérer comme préoccupants.
Aussi je me refuse à me résigner à attendre, en observateur passif, le déroulement d’une mauvaise série, d’un scénario catastrophe comme s’il était écrit à l’avance.
C’est pourquoi j’ai décidé de publier cette tribune qui ne revendique qu’une seule ambition : en appeler aux électrices et aux électeurs de notre territoire et les inciter à consacrer quelques minutes, dimanche prochain 20 juin et la semaine suivante, pour prendre part à l’avenir de notre département et de notre région pour les six prochaines années.
Depuis 1982, à la faveur de transferts de responsabilités exercées par les collectivités, la décentralisation n’a cessé d’accroître les responsabilités des élus locaux, à tous les échelons, via des compétences toujours plus nombreuses. Ce processus, mouvement continu et ininterrompu que personne ne songerait contester, permet de rapprocher les femmes et les hommes du lieu de prise de décisions et par la même de s’exprimer sur leur avenir et celui des territoires sur lesquels ils ont choisi de vivre.
Si, parfois, la tentation peut être forte chez certains d’entre nous d’utiliser leur bulletin de vote pour dire non, quel que soit le sujet, je les appelle cette fois-ci à s’en saisir pour dire oui ! Oui à une idée particulière à laquelle ils adhèreraient ou oui à un projet global auquel ils souhaitent accorder leur confiance. Prendre un instant pour se rendre dans son bureau de vote et glisser une enveloppe dans une urne n’est pas une activité chronophage au cours d’un week-end. En effet, et pour paraphraser une formule inscrite dans le langage commun, « ne pas voter peut provoquer une région grave ».
Notre démocratie n’est pas une loterie. Si je reconnais volontiers la complexité de la vie politique, les mutations qui s’opèrent depuis plusieurs années, nous n’avons pas le droit de lui faire défaut, de lui tourner le dos. Celle ou celui qui ne s’exprime pas fait le choix de laisser d’autres décider à sa place…
A l’échelle de l’Histoire nous savons que de nombreux peuples à travers le monde se sont battus, se battent encore pour certains, pour acquérir ce droit qui devrait être universel. Des femmes et des hommes sont morts pour permettre à d’autres de poursuivre leur vie d’une meilleure façon.
Le 21 avril 2002, nous avons toutes et tous été stupéfaits des résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Nous considérions jusqu’alors qu’une telle éventualité n’était pas possible… Quinze ans après nous déplorions le même résultat, pour le même scrutin, mais cette fois-ci cette configuration à l’issue du premier tour était pour ainsi dire entrée dans les habitudes. Je ne peux imaginer demain l’impensable survenir et voir notre région se transformer en un laboratoire d’expérimentations politiques hasardeuses et dangereuses. L’idée même de devoir préparer un discours convenu dès le lendemain matin et de se lancer dans des analyses qui n’auront plus aucun intérêt m’est simplement insupportable.
Au quotidien, à travers la vie de nos familles, de nos amis, nous constatons, nous vivons parfois les mêmes difficultés, les mêmes transformations que nous devons parfois accompagner. Dans notre pays, nous inclinons souvent voir le verre à moitié vide. Bien évidemment, tout est perfectible et les élus de demain continueront de faire au mieux.
Dans quelques jours nous ne choisirons donc ni le président de la République, ni notre député.
Nous ne sommes pas dans le cadre de scrutins nationaux, ceux-ci arriveront dans quelques mois. Les dimanches 20 et 27 juin, vous êtes appelés à vous exprimer pour des élections locales qui décideront de l’avenir de la Saône-et-Loire et de la Bourgogne Franche-Comté. Mécaniquement, l’abstention massive favorise les extrêmes, toujours mobilisées pour casser et nuire. J’affirme que leur faire barrage débute toujours dès le premier tour, pour placer immédiatement en tête les listes démocratiques.
Dès lors et au-delà de l’envie pour certains de sanctionner ou de soutenir l’action du gouvernement, je vous appelle solennellement à voter pour l’une des listes qui respectent les valeurs et principes républicains, qui respectent et inscrivent leurs actions dans celles-ci dans le cadre de nos institutions, patrimoine commun qui nous assure de continuer à « faire société », dans la diversité de ce que nous sommes et voulons continuer d’être.
Durant et après une crise sanitaire inédite, qui a frappé de nombreuses familles, qui a été difficile, en particulier pour les plus fragiles, chacune et chacun a pu observer autour de nous de petites chaines de solidarité qui caractérisent notre pays. Après ces épreuves, nous avons le devoir d’éviter un séisme politique qui plongerait notre région, j’en suis convaincu, dans une période d’incertitudes et de repli dont nul n’a besoin.
La Région est un acteur majeur pour le développement économique, garant des équilibres entre les territoires urbains et ruraux, pour les déplacements, pour soutenir et encourager l’enseignement supérieur et la recherche... Elle intervient dans de nombreux domaines à travers des compétences contribuant à construire notre avenir. Quel visage donnerions-nous d’elle en plaçant à sa tête le RN ?
Notre Bourgogne Franche-Comté ne mérite pas un tel opprobre ! La démagogie n’a jamais fait progresser ni une idée, ni une cause. Elle n’a jamais réglé aucune difficulté. Nulle réponse concrète à nos attentes, nos besoins ne seraient résolus par les représentants de ce mouvement politique. Le jeu d’un jour ne doit pas prévaloir sur les enjeux de notre avenir commun.
Alors mobilisons-nous ! Votons et faisons voter pour l’une des listes qui incarnent la dignité républicaine, contre le repli et l’instabilité hasardeuse qui ferait de notre région une tâche sur la silhouette de notre République.

Cyril GOMET
Conseiller municipal du Creusot
Vice-président de la Communauté urbaine Le Creusot-Montceau