Saône et Loire

Liste des Justes parmi les nations de Saône-et-Loire

Dimanche matin, à l'occasion de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État Français, une cérémonie s'est tenue au monument des Déportés et des Résistants de l'arrondissement de Chalon-sur-Saône. C'était aussi l'occasion de rendre l'hommage aux 4130 Justes de France. La Saône-et-Loire en compte 34. Plus de détails avec Info Chalon.

Dans le cadre des commémorations entourant la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État Français et d'hommage aux Justes de France, une cérémonie officielle était organisée, ce dimanche 18 juillet à 11 heures, à Chalon-sur-Saône.


Cette cérémonie s'est déroulée au monument des Déportés et des Résistants de l'arrondissement de Chalon-sur-Saône, situé Rue du Maréchal de Lattre de Tassigny.


Comme indiqué, cette journée fut aussi l'occasion de rendre hommage aux Justes parmi les nations


Adoptée par l'État d'Israël, selon une loi de 1953 à la création du Mémorial de Yad Vashem dédié aux victimes de la Shoah, cette appellation désigne les personnes qui ont pris des risques importants, mettant souvent leur vie en péril, pour secourir les Juifs voués à l'assassinat massif par l'Allemagne nazie et ses complices.


Il s'agit de la plus haute distinction honorifique délivrée par l'État hébreu à des civils.


Il reste de moins en moins de Justes en vie et les sauvés disparaissent progressivement. Un constat inéluctable qui nous rappelle que Tempus fugit* . Si la procédure de reconnaissance peut être introduite à titre posthume auprès de Yad Vashem, l'acceptation se décide au cas par cas.


En pratique, celles et ceux qui voudraient voir reconnaitre comme «Juste parmi les nations» la personne qui les a cachés durant la Seconde Guerre mondiale peuvent introduire gratuitement une demande auprès de Yad Vashem, par l'intermédiaire de l’ambassade d'Israël. Ils devront raconter leur histoire en détail et répondre à un questionnaire précis mentionnant la composition de leur famille d'accueil (certains membres ont pu aider par leur silence), les lieux et date de sauvetage, la nature de l'aide offerte (conditions d’hébergement, arrangement financier), les risques impliqués pour le sauveur (mensonges, version racontée aux voisins, au village), les relations entretenues avec lui avant, pendant et après la guerre (maintien ou non du contact)… sur la base de quoi Yad Vashem fera une enquête approfondie et décidera ou non de l'attribution du titre.


Notre pays compte 4130 Justes parmi les nations sur un total de 27 712, à la date du 1er janvier 2020. D'autres dossiers sont à l'étude.


Comme nous l'indique Serge Rosinoff, conseiller du maire de Chalon-sur-Saône chargé de mission Mémoire et monde patriotique, la Saône-et-Loire compte 34 Justes parmi les nations.


Un dossier est en ce moment à l'étude.


Voici la liste fournie par le conseiller municipal :


Fernande Augeard (Montagny-près-Louhans)
Jean Augeard (Montagny-près-Louhans)
Marcel Augeard (Montagny-près-Louhans)
Claude Berthaud (Saint-Martin-du-Mont)
Marie Berthaud (Saint-Martin-du-Mont)
Albert Blanvillain (Mâcon)
Renée Blanvillain (Mâcon)
Anna Chaise (Chaufailles)
Claude Chaise (Chaufailles)
Alice Chevalier (Varennes-Saint-Sauveur)
Paul Chevalier (Varennes-Saint-Sauveur)
Georgette Cheverry (Charolles)
Eugène Cordelier (Saint-Bonnet-en-Bresse)
Marcelle Cordelier (Saint-Bonnet-en-Bresse)
Maurice Couairon (Paray-le-Monial)
Roger-Louis Demon (Broye)
Clothilde Gaillard (La Clayette)
Marie-Aimée Gaillard (La Clayette)
Jean-Claude Genet (Simard)
Marthe Genet (Simard)
Françoise Gratien (Azé)
Andrée Gruillot (Navilly)
Louis Gruillot (Navilly)
Constantin Guillemin (Sagy)
Hélène Guillemin (Sagy)
Jeanne Jouvenceau (Saint-Bonnet-en-Bresse)
Ferdinand Morel (Saint-Martin-du-Mont)
Marie Morel (Saint-Martin-du-Mont)
Pierrette Pauchard (Anost)
Anne Phal (Cheilly-lès-Maranges)
Marcel Plancoulaine (Saint-Germain-du-Bois)
Marie-Jeanne Plancoulaine (Saint-Germain-du-Bois)
Andrée Proudhon (Sanvignes-les-Mines) (Montceau-les-Mines)

Cette reconnaissance est remise sous la forme d'un diplôme et d'une médaille en étain, illustrée par cette phrase commune au Talmud et au Coran** : «Quiconque sauve une vie, sauve l'humanité toute entière», comme source d’inspiration et de conduite citoyenne. 


Les noms des Justes sont également gravés sur le mur qui leur est consacré à Yad Vashem. 


Le diplôme et la médaille peuvent être remis aux petits-enfants… même s'ils ont déjà 50 ans! Il n'est jamais trop tard!

 

* Expression latine qui signifie «Le Temps fuit». Elle est fréquemment utilisée en inscription sur les horloges et les cadrans solaires. 
** Traité Sanhedrin, chapitre 5, Mishna 5 & Sourate 5, La Table, verset 32.

 

 

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati