Saône et Loire économie

Reconversion. L’alternance demande une volonté réciproque, mais parfois les portes s’ouvrent difficilement. Témoignage de Céline

Reconversion. L’alternance demande une volonté réciproque, mais parfois les portes s’ouvrent difficilement. Témoignage de Céline

Elle était secrétaire commerciale et, après les accidents de la vie, se tourne vers le droit. Pas si facile de trouver un stage en alternance dans un service juridique…

Céline Massart habite près de Verdun sur le Doubs, elle a 42 ans, mariée, 3 enfants. Après 15 ans de carrière professionnelle comme secrétaire commerciale, c’est le burn-out. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, une double opération du dos précipite son licenciement. Reconnue travailleuse handicapée, elle sait qu’elle ne retournera pas dans le même secteur professionnel et frappe à la porte de Cap Emploi. Nous sommes en février 2020.

Cap Emploi

Via Cap Emploi, elle passe un Bilan de compétences qui s’étale sur une vingtaine d’heures environ. Les séances débouchent sur son « profil » qui a l’avantage de lister noir sur blanc ses compétences et ses appétences. Un domaine, particulièrement, apparaît adapté à ces deux volets et qui la ramène à ses centres d’intérêt des débuts : le droit.

« Quand on a entamé un bilan de compétences, j’étais sceptique. En avais-je besoin ? J’avais un BTS assistante de gestion, j’avais travaillé 15 ans dans le même secteur… Je croyais ne rien apprendre de plus. Mais grâce à ces séances de tests, d’entretiens, de recherches, j’ai peu à peu repris confiance en moi et ouvert les yeux sur des compétences que je possédais sans les avoir identifiées. Et mon intérêt pour le droit a refait surface. »

Le courage et la motivation sont venus avec. D’autant que la conseillère encourage Céline Massart à creuser cette voie : « Il y a de la demande, des besoins, donc de l’embauche. Et avec votre bagage professionnel, ce sera plus simple pour vous. »

Capacité en droit

En décembre 2020, Céline reprend des études pour obtenir une capacité en droit. Le Cnam et l’Université de Bourgogne proposent une formation en 2 ans. Céline choisit d’effectuer sa 1re année à distance, via des visioconférences.

Bientôt l’alternance ?

« Je commence la 2e année le 6 octobre et j’aimerais la mener en alternance. Il faut préciser que c’est la première année que la Cnam met en place cette possibilité pour la 2e année de capacité en droit. Vu ma situation familiale, c’est idéal. Depuis le mois de juin, j’ai envoyé beaucoup de demandes à des cabinets de notaires, avocats et huissiers sur Beaune, Chalon, Chagny, Dole et Seurre, mais je n’ai reçu aucune proposition de stage. Les services juridiques embauchent, mais ils cherchent des personnes déjà diplômées. Or, pour finir ma formation, j’aurais besoin d’un stage en alternance. La capacité en droit comble toutes mes attentes, je ne regrette pas mon choix, mais j’ai du mal à trouver un stage » conclut Céline Massart.  

Serait-ce parce que ce dispositif d’alternance est encore trop récent, donc méconnu des professionnels du secteur ? Ou y a-t-il un refus tacite de l’alternance, parce qu’on ne prend plus le temps de la formation ? La question est posée.

Quoi qu’il en soit, Céline cherche toujours un stage pour réaliser cette 2e année de capacité en droit. Ses recherches sont larges, elles visent soit un cabinet d’avocats, notaires, huissiers, soit dans le service juridique d’une collectivité territoriale, d’une entreprise, une agence immobilière, un hôpital…

Parce qu’une reconversion n’est pas un long fleuve tranquille, qu’il comporte aussi ses écueils, Info-Chalon tenait à se faire le relai de ce témoignage.

Par Nathalie DUNAND
[email protected]

Chaque samedi, Info-chalon.com vous propose le récit d’une reconversion professionnelle, qu’elle soit en cours de réalisation ou achevée (rubrique ‘Économie’).

Si vous souhaitez, vous aussi, partager votre expérience avec les lecteurs d’Info-chalon.com, contactez-nous par mail.