Faits divers
TRIBUNAL DE CHALON - Relation toxique, violence, 9 mois ferme avec mandat de dépôt
Par FSA
Publié le 23 Mai 2023 à 06h57
On ne sait pas, évidement, ce qu’il en est de tout, dans cette histoire, mais on a une certitude : c’était pas du tout une bonne relation. Un homme de 46 ans est jugé pour violences sur sa conjointe.
Comment juge-t-on un paquet de nœuds ? En essayant d’obtenir, élément par élément, une sorte d’image de la situation. Le président Morelière s’y emploie. La situation... Ils se fréquentent depuis 5 ans, ont eu 2 enfants. Monsieur a été condamné trois fois, pour des violences dont sur madame (il fut incarcéré), violation de domicile (celui de madame), menaces de mort (et des violences sur une autre, dit le parquet, l’avocat dit que non, c’est toujours la même victime) : il est jugé, ce lundi 22 mai à l’audience des comparutions immédiates, en état de récidive légale. Bon. Il dit : « C’est depuis que je la connais, je suis épuisé. » Pourquoi ne l’a-t-il pas quittée définitivement dans ces conditions ? « Parce qu’elle me passait de la pommade. Pour l’enfant, elle voulait un petit métisse. » Il est réunionnais. Brrr.
« Épuisé » par un jeu relationnel constant
Le 19 mai, à Louhans, ils se sont disputés, il voulait repartir dans l’Ain, elle ne voulait pas. Elle l’a poussé contre un meuble, dit-il, et pour se dégager il l’a repoussée, contre un autre meuble. Il la dit « un peu accro aux jeux en lignes, alors j’ai donné ma paie pour l’aider, mais aujourd’hui ça ne me convient plus parce que je suis épuisé de ça. Je pense qu’elle ne peut plus me dire ‘viens’, je ne veux plus. » Et si elle vient le rechercher ? « Non. J’ai donné, j’ai donné, mais ma confiance a toujours été trahie. Madame, je ne m’en occupe plus, c’est épuisant. » A-t-il des regrets ? lui demande le procureur. « Oui, monsieur (il pleure). Cette violence-là c’est depuis ma rencontre avec madame, qui est infidèle, et que, du coup, je suis déçu. » Pourtant il comparaît pour violence ? « Oui. Mais grâce au stage sur la violence (un groupe de parole, une obligation judiciaire en 2019) - j’ai appris à savoir ne pas répondre à la provocation, à sortir de la zone de violence de madame. Ce stage m’a bien aidé donc je ne tombe pas dans les propos de madame même s' il y a des insultes. »
A déjà commis des violences : le stage a bon dos
Il travaille, il a un petit logement dans lequel il veut retourner vivre. Il a deux grands enfants (il les appelle comme ça) : « Ça fait un an que je les ai pas vus. A cause de madame, elle ne veut pas. » Il pleure à nouveau. On voit toutes sortes d’hommes jugés pour des violences sur conjoint, celui-ci peine. Il se tient droit, émotion à fleur de peau.
Le parquet ne se laisse pas attendrir : « Il faut être clair. Nous ne sommes pas dans le cadre d’une légitime défense. Il n’y a aucun élément objectivant. Madame, qui n’a pas la même version que monsieur, a par contre déposé plainte, a une trace sur le bas du dos. Monsieur a déjà été condamné une fois pour violence sur madame. Et deux autres fois sur une autre victime, pour des violences. Et le stage qu’il évoque n’a malheureusement pas porté ses fruits puisqu’il est de nouveau là. » Charles Prost requiert la peine de 15 mois de prison avec mandat de dépôt ainsi qu’une interdiction de contact avec la victime pendant 3 ans.
« Une peine qui conserve les conditions de son insertion »
Maître Moundounga Tsigou plaide pendant près de 30 minutes « la compréhension, le contexte et les circonstances », que la peine requise est trop forte, que « c’est une relation toxique, il ne veut plus continuer », et in fine demande une peine « qui conserve les conditions de son insertion ».
La victime demande l’euro symbolique.
9 mois ferme, incarcération
Le tribunal déclare le prévenu coupable, le condamne à 6 mois de prison avec mandat de dépôt, révoque 3 mois du sursis prononcé en 2019, avec incarcération immédiate. Bilan : 9 mois incarcéré. Le tribunal prononce en outre une interdiction de contact de 3 ans avec madame à laquelle il devra verser 1 euro symbolique en reconnaissance de ses préjudices.
FSA
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