Chalon sur Saône

Journal de Saône et Loire - 12 postes supprimés dont 9 journalistes - Une grève historique à l'échelle du Bien Public, Journal de Saône et Loire et le Progrès

Journal de Saône et Loire - 12 postes supprimés dont 9 journalistes  - Une grève historique à l'échelle du Bien Public, Journal de Saône et Loire et le Progrès

De l'aveu même des journalistes de la rédaction chalonnaise, une telle mobilisation à l'échelle des trois journaux du groupe EBRA, est historique. Ce vendredi, plus de 80 % des effectifs étaient mobilisés contre les décisions de la direction.

Après la vente des locaux historiques du centre-ville de Chalon sur Saône et le déménagement acté en zone verte de Châtenoy le Royal, l'annonce par la direction du groupe EBRA d'un nouveau plan de licenciement a mis le feu aux poudres. De mémoire, les journalistes ne se rappellent pas un tel niveau de mobilisation à l'échelle des trois journaux que sont le Bien Public, le Journal de Saône et Loire et le Progrès. Une journée de mobilisation qui s'inscrit dans la suite de celle tenue dans la Loire et la Haute-Loire lundi dernier. 

Tous les titres du groupe EBRA sont impactés par la réduction des effectifs alors qu'ils ont bien du mal à trouver la ligne à suivre entre le digital et le papier. Les journalistes ont déploré d'info-chalon.com la stratégie opérée par leur direction qui ne fait que rompre le principe fondateur de la presse quotidienne régionale, à savoir celui de la proximité avec ses lecteurs. 

Ainsi sur le secteur d'Autun, deux postes de rédacteur de l'agence sont supprimés avec un redéploiement sur les secteurs de Chalon sur Saône et/ou bassin minier. Un seul journaliste sera affecté au secteur avec tous les risques que cela engendre sur la capacité à pouvoir exercer son métier en toute sérénité. 

Au total, sur les trois journaux que sont le Progrès, le Journal de Saône et Loire et le Bien Public, ce sont 12 postes de supprimés dont 9 journalistes. Une décision qui n'a fait que exploser une situation déjà très tendue socialement.  Côté Direction, la décision est justifiée par le fait que les trois titres cumulent 2 millions d'euros de pertes sur le résultat d'exploitation 2023.

Si à la suppression des effectifs, on rajoute la politique du fameux "monitoring" encensé par la direction, obligeant les journalistes à suivre en temps réel le nombre de vues sur leurs articles, le groupe EBRA opère un virage qui pourrait être particulièrement instable.  Un projet qualifié "d'insensé" par les journalistes dont le moral est loin d'être au beau fixe. 

Laurent Guillaumé