Agglomération chalonnaise

Frédéric François donnera tout pour les Chalonnais(e)s le 22 mars

Frédéric François donnera tout pour les Chalonnais(e)s le 22 mars

Il y a de très fortes chances pour que la salle Marcel-Sembat sise à Chalon-sur-Saône en soit toute retournée ce vendredi 22 mars à partir de 20h. Chaude comme la braise qu’elle devrait être, grâce au latin lover Frédéric François..et à ses inconditionnelles. Interview pour info-chalon.com

Ne lambinez pas si vous n’avez pas encore mis la main au porte-monnaie pour en être, il ne reste que quelques places, lesquelles sont numérotées : soit à 59,00 euros, soit à 69,00 euros. Réservation dans les lieux habituels.  Renseignements auprès d’A Chalon Spectacles (03 85 46 65 89, [email protected])

 

Tout d’abord, comment allez-vous consécutivement à votre vilaine chute qui vous a endommagé récemment une épaule ?

«Deux petites fractures, bien sûr pas d’opération, pas de plâtre, c’est comme une côte cassée ou fêlée, peu importe. Ca fait très mal. Depuis deux mois et demi maintenant je suis dorloté d’une façon extraordinaire ! Je ne dis pas que je ne l’étais pas avant, mais voilà. On prend soin de moi : « Est-ce que tu n’as pas besoin de ça ? Est-ce que tout va bien ? Tu n’as pas froid ? Tu veux un petit coussin pour mettre ton bras ? » Comme je suis droitier, et que c’était du côté droit, j’ai du mal pour tout. Même si les médecins m’ont dit d’essayer de ne pas faire de spectacles, au début j’ai reporté six spectacles, et puis je me suis dit : non, je n’en peux plus, il faut que j’aille faire mes spectacles parce que les gens se sont préparé pour, ils se réjouissent de nous voir, d’écouter des chansons. J’ai repris depuis un petit moment, cette semaine j’ai fait trois spectacles. C’était complet, ces retrouvailles, c’est de la folie, vraiment ! »

Vous serez donc en pleine forme pour affronter la furia et les yeux de Chimène du public chalonnais ?

«Ca, je peux vous le dire ! J’attends comme si j’étais enfermé, comme si on lâchait un lion, pour arriver sur la scène ! Non, je pense qu’on va faire un spectacle terrible comme on fait d’habitude, il y a deux heures de spectacle, les gens crient avant que ça commence. J’ai placé la barre très haut, en ce qui concerne les jeux de lumière, le son, l’orchestre, les chansons qu’ils aiment. Les gens chantent, sont debout, il y a la standing ovation, quand ils n’en peuvent plus ils viennent devant la scène, ils font la fête avec moi…c’est vraiment un moment incroyable. »

Que leur offrirez-vous sur un plateau ce vendredi 22 mars ?

«C’est tout simple, j’ai pour habitude de leur donner les incontournables, parce que ce sont des points de repère qui font partie de leur vie, des chansons qu’ils se sont transmises de génération en génération. Ce n’est pas seulement la chanson, je pense qu’ils associent la chanson à leur maman, qui était fan, ça c’est sûr, quand ils allaient à l’école, faisaient des fêtes en famille. Il y a ce côté affectif qui joue aujourd’hui  plus que jamais. C’est pour ça qu’il y a beaucoup de jeunes dans les spectacles, parce qu’ils viennent par rapport à leur maman, leur mamie, c’est hyper important. En plus des incontournables je mets quatre nouvelles chansons du nouvel album « On a tous besoin d’aimer ». Il y a évidemment toutes les chansons à succès : « Mon cœur te dit je t’aime », « Je t’aime à l’italienne »… Je prends des chansons de chaque décennie : « Chicago », « laisse-moi vivre ma vie », « Viens te perdre dans mes bras »…Il y a des chansons de maintenant que j’ai chantées avec Jean-Baptiste Guégan, comme « Juste un peu d’amour ». Toutes les chansons qu’ils connaissent en fait, qu’ils retrouvent sur les réseaux sociaux, qui ont fait des tubes, et qu’ils ont envie d’écouter. C’est pour ça qu’on a l’impression que le spectacle passe très vite, ils ne se sont pas ennuyés, car ils ont reçu tube après tube. Ils ont chanté toutes les chansons les unes après les autres. »

Quelle évolution a suivi votre trente-neuvième album studio, sorti en octobre 2023 ?

«D’abord, ce nouvel album, en quatre mois, en est actuellement à 5 200 000 vues sur YouTube, c’est un gros succès! C’est une chanson qui a été écrite bien sûr avec Lionel Florence, que tout le monde connaît bien. Il a fait la première chanson d’Obispo, il a travaillé avec  Florent Pagny « Savoir aimer » « Ma liberté de penser », Levi « L’envie d’aimer », j’en passe. Ce ne sont en réalité que des tubes. Je pensais que lui pouvait écrire pour moi et me faire avancer. Ca c’est une chose. Seconde chose : je suis musicien, et donc j’assiste de A à Z aux enregistrements. Petit à petit, décennie après décennie, pour ceux qui connaissent le répertoire de chansons, eh bien je l’ai fait évoluer. Je les amène vers quoi ? Aujourd’hui, bien sûr, j’emploie tous les sons disponibles, tous les plug-ins, etc. Tout ce que les Américains, les chanteurs du monde utilisent. J’emploie le meilleur, celui qui va correspondre à l’émotion de la nouvelle chanson. Et bien sûr il y a toujours une barrière où je peux parler. Je ne peux pas être trop électro, même si je l’aime bien, je sais que là  je ne peux pas  aller. L’évolution, elle est formidable dans la mesure où, je reprends l’exemple de Jean-Baptiste Guéguan quand on a chanté la chanson ensemble, il m’a dit : »Frédo, tu as écrit une chanson pour moi, elle est rock, et j’adore ça ». C’est-à-dire que moi, en bas dans l’orchestration je mets des guitares qui jouent du rock, du disco, etc. Quand je mixe, je ne vais pas parler à l’image du chanteur, mais par rapport à mon image, je ne peux pas aller trop loin. Il faut que petit à petit j’amène les gens et le public vers cette évolution.»

Vous êtes un chantre de l’amour dans vos chansons. Est-ce pour vous une référence à garder sans cesse à l’esprit ?

«Je suis un chanteur d’amour, ça c’est sûr depuis le début, et je le resterai jusqu’à la fin de mes jours. J’estime que l’amour est l’émotion la plus forte chez l’être humain, et c’est vraiment l’un des points de repère les plus importants. Aujourd’hui plus que jamais, contrairement aux années 70-80, on a besoin de chansons d’amour, de donner de l’espoir dans ce monde qui tourne plus qu’à l’envers. C’est ma façon de penser. Dans un monde qui devient noir, les gens ont besoin de se retrouver, la famille devient de plus en plus importante, nous avons besoin d’être rassurés, d’être mis en confiance. C’est ce que je fais dans toutes mes chansons. »

Vous avez été étiqueté à l’époque « chanteur à minettes ». L’avez-vous ressenti comme une réaction normale, ou alors comme une restriction ?

«Nous sommes dans les années 70 ! Quand Frank Sinatra a commencé, il n’y avait que des filles avec des bas blancs et des chaussures qui s’appelaient des babies je crois. Ca criait de partout, ça a été la même chose pour Presley, Johnny et certains autres. Nous, dans les années 70 on a marqué l’époque avec notamment Mike Brant, parce qu’on suivait le mouvement du peace and love, l’aspect vestimentaire avec bien sûr les pattes d’eph, les grands cols, les cheveux longs…On chantait des chansons d’amour, parce que c’était la liberté de la femme. Et qu’est-ce qu’on avait dans le public ? Eh bien que des jeunes filles, donc on nous a appelés les beaux gosses, et les chanteurs à minettes. Les filles des années 70 ont eu des enfants, sont devenues des mamies avec leurs petits-enfants, c’est pour ça qu’aujourd’hui on a beaucoup de jeunes. Je ne suis plus un chanteur à minettes, je ne le pense pas, mais je suis fier de l’avoir été à un moment donné. Why not ? Au contraire, c’est bien. C’est rare les générations où on parle de chanteurs à minettes, Johnny Hallyday  c’étaient les yéyés. Les gens en avaient besoin, ça faisait partie de leur vie, ça les faisait rêver, le rêve doit être permis dans la vie, ils mettaient des posters dans leur chambre…Et puis la jeunesse, waouh, c’est le refuge de tous les souvenirs. Tout le monde évoque sa jeunesse en disant : quand j’avais 17 ans je mettais des posters, je sortais, j’écoutais tel chanteur… »

Avez-vous un penchant pour vos fans indéracinables de la première heure, ou en faveur de celles et ceux qui ont pris le train en marche ?

« Elles sont toutes là en fait. Des mamies viennent avec leurs enfants et leurs petits-enfants, parce que l’enfant a payé la place à la mamie du fait que c’était son anniversaire, ou un cadeau. Tout le monde a pris le train en marche normalement, car comme les chansons se sont transmises de génération en génération, c’est intergénérationnel. La fille qui avait 20 ans et qu’on appelait la minette, une fois qu’elle était mariée, qu’elle a eu des enfants et qu’elle a fait écouter des chansons, après, ses enfants, à 18 ans, ont pris le train en marche à leur tour. « 

Vous qui êtes né en Sicile, vivez en Belgique et interprétez des chansons francophones, valorisez-vous la citoyenneté universelle ?

« J’ai été le premier Européen, pour finir ! J’ai quitté la Sicile à l’âge de 4 ans et demi parce que mon père est venu travailler dans les mines de charbon, comme beaucoup de Siciliens. Même dans le nord de la France, car j’ai là-bas des parents, ainsi que dans l’est, où il y avait des mines de charbon. On a grandi en Belgique, mais n’oublions pas que la Wallonie appartenait bien à la France il n’y a pas longtemps, avant la défaite de Napoléon. La Belgique existe depuis 1830, ce n’est pas très vieux, c’est pour cela que nos maisons sont les mêmes. C’est le cas dans le nord de la France, nous parlons tous français, et nous sommes branchés depuis le début sur les trois chaînes françaises à l’époque, maintenant il y en a 36.000 ! Mon père a appris le français, ma mère disait quelques mots en français, mais elle se faisait comprendre. On a tous la culture française. »

Chanter dépasse-t-il le strict cadre de votre profession, pour se fondre dans l’acte de foi ?

« Chanter, du mieux possible, c’est quelque chose de formidable, c’est le partage d’émotions, l’amour, donner de l’amour, en recevoir, séduire les femmes pour qu’elles repartent avec des étoiles dans les yeux. A tel point que quand je suis sur scène et que je chante, je demande souvent aux éclairagistes, c’est convenu à l’avance, à un moment donné, de ne pas mettre trop de noir, que je puisse regarder les spectateurs dans les yeux. Je vois les petits cœurs qu’ils me font à la fin de la chanson, les pouces qui se lèvent en disant : « Waouh ! Bravo ! », les « Je t’aime ». Les femmes crient, elles me montrent des banderoles : « Frédo, on t’aime ». C’est quelque chose, je ne sais pas comment l’expliquer, de magique, c’est le meilleur des médicaments en fait. Il n’y a pas plus beau que ça. Pour moi c’est une prière, une communion. Il n’y a pas que le chant, il y a les lumières, je veux que dans chaque chanson il y ait un tableau de lumières, le son, pour que les gens disent : «Tu as vu les lumières ?  Il chante, il a gardé la même voix comme on l’imaginait, waouh ». Ca crie de partout : « Oh, qu’il est beau, qu’il est beau ! » C’est un partage tout à fait particulier, mais c’est très beau. Je suis comme au premier jour, c’est exactement comme dans mes albums, c’est pour ça qu’on est présent depuis que ça existe, car quand je fais des chansons, je me demande toujours si elles vont leur plaire, si elles vont me suivre. Et en effet ça leur plaît, elles me suivent, sont fidèles, parce que maintenant il y a plusieurs générations, et donc c’est du bonheur d’aller chanter. C’est un rendez-vous important dans le monde dans lequel on vit. »  

 

Crédit photo : DR                                                     

                                  Propos recueillis par Michel Poiriault

                                                                                                       [email protected]