Chalon sur Saône

Le 75ème anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau commémoré dimanche à Chalon-sur-Saône

Dimanche, en fin de matinée, à Chalon-sur-Saône, une commémoration du 75ème anniversaire de la libération d'Auschwitz-Birkenau avait lieu au pied du Monument de la Résistance-Déportation. Des officiels et des anonymes, étaient réunis pour honorer ces plus de 1,1 million de victimes, principalement des juifs, de la barbarie nazie, à l'aune de l'antisémitisme resurgissant. Plus de détails avec Info Chalon.

Entre 1941 et 1945, environ 60 % des Juifs d'Europe ont péri lors de ce génocide aussi appelé la Shoah, qui signifie «catastrophe» en hébreu.


Au moins 1,1 million de personnes — dont 90% de Juifs — ont été assassinées dans ce camp d'extermination de Silésie* que fut Auschwitz-Birkenau (sur 1,3 million de déportés), qui est aujourd'hui un symbole de la Shoah ; en 2005, les Nations Unies ont d'ailleurs choisi ce 27 janvier comme Journée internationale du souvenir des victimes de l'Holocauste.


Plus de 6 millions de Juifs ont été exterminés pendant la Shoah.


Environ 205 Juifs de Saône-et-Loire , dont 85 de Chalon-sur-Saône, ont été déportés durant cette période, 93% ne sont jamais revenus...


À l'occasion du 75ème anniversaire de la libération par l'armée soviétique du camp d’extermination d'Auschwitz-Birkenau, une cérémonie d’hommage aux victimes du génocide juif, perpétré par le régime nazi et ses complices, se tenait ce dimanche 26 janvier, à 11 heures 30, devant le Monument de la Résistance-Déportation, Rue Maréchal de Lattre de Tassigny, à Chalon-sur-Saône.


Officiels et anonymes étaient réunis devant le monument pour honorer les victimes du plus grand complexe concentrationnaire du IIIème Reich, avec une superficie de 170 hectares.


Tour à tour, Serge Rosinoff, président de l'Association communautaire juive de Chalon-sur-Saône, et Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône, ont pris la parole.


«Aucune guerre n'était allée aussi loin dans le mal, le mal absolu, le mal planifié, organisé et industrialisé. Pour la première fois dans l'Histoire, il fut décidé de rayer de la surface de la Terre, toute une communauté humaine, en raison des critères exclusivement religieux, politiques et ethniques», déclare le président dela communauté israélite Chalonnaise.


«Dès 1938, l'antisémitisme allemand, exacerbé par la parution de Mein Kampf, trouva son apogée dans la Solution Finale, imaginée au cours de la conférence de Wannsee, en 1942. Cette froide planification, cette industrialisation de la mort fut organisée par une quinzaine de dignitaires nazis dont les noms resteront resteront éternellement associés à la cruauté et à la barbarie», poursuit-il, avant de se reprendre :


«Des dignitaires nazis... mais où était la dignité chez ces individus?»


«Chaque année, je me pose la même question : comment trouver les mots, les mots justes pour décrire l'horreur. Il est important que ces mots soient dits. Alors, les mots précis doivent être nous permettre de rappeler les faits, inlassablement. Mais nous pourrions nous dire cela est-il vraiment nécessaire?», dit-il, revenant sur la question du devoir de mémoire, et «transmettre aux nouvelles générations».


Mais si l'émotion était palpable chez bon nombre de personnes présentes, cette cérémonies commémorative ne faiit pas oublier la résurgence de l'antisémitisme en France.


«Oui, les événements récents nous prouvent qu'antisémitisme, xénophobie et intolérance sont des sentiments toujours vivaces dans notre pays» lance-t-il devant un auditoire silencieux.


«Est-il nécessaire de rappeler le massacre de l'école juive de Toulouse, en 2012? Est-il nécessaire de rappeler le massacre de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher, en 2015? Est-il nécessaire de rappeler la séquestration, la torture et l'assassinat d'Ilan Halimi? ? Est-il nécessaire de rappeler le massacre du Bataclan? ? Est-il nécessaire d'évoquer la défenestration de Madame Sarah Halimi? ? Est-il nécessaire de rappeler le meurtre de Madame Mireille Knoll?»


«Alors ne laissons jamais la propagande de falsification de l'Hstoire sans réponse. L'enseignement de la Shoah peut nous permettre d'anticiper les signes d'une violence qui se propage. N'ayons pas peur des mots, rendons-leur leur importance en souvenir des victimes. Dans la nuit de l'oubli, soyons les sentinelles éveillées qui surveillent et se souviennent. Il existe une chose plus forte que la mort, c'est le souvenir des absents dans la mémoire des vivants»


Étaient présents, Marie Mercier, sénateur de Saône-et-Loire, Bernadette Vellard, conseillère municipale déléguée en charge des relations avec les associations de quartier, Raphaël Gauvain, député de la 5ème circonscription de Saône-et-Loire, Jean-Jacques Boyer, sous-préfet de Chalon-sur-Saône, Nathalie Leblanc, cheffe de file de la liste Cultivons Chalon (socialistes), Sébastien Martin, président du Grand Chalon, Vincent Bergeret, maire de Châtenoy-le-Royal, Christian Marmillon, conseiller municipal délégué aux Anciens Combattants, le Commandant Lionel Gauthier, représentant les forces de Police, François Mosca, président de l'Union Nationale des Parachutistes (UNP) Section 712 Guy de Combaud Roquebrune, Claude Péran, président de l'Association Chalonnaise des Français d'Afrique du Nord, d'Outre-mer et leurs Amis (ACFANOMA), et Bernard Loiseau de l'Union nationale des associations de déportés, internés et familles de disparus (UNADIF) - Fédération Nationale des Déportés et Internes Résistants et Patriotes (FNDIR), pour ne citer qu'eux.


* Ancienne province de Prusse, dont la capitale était Breslau (aujourd'hui,Wrocław), puis de l'État libre de Prusse avant d'être annexée en 1945 puis intégrée en 1947 à la Pologne.
** D'après «La déportation en Saône-et-Loire, 1940-1944». Statistique établie par Henri Barle, correspondant départemental du Comité d'histoire de la Seconde Guerre Mondiale, en 1965.
Notons qu'une liste datée du 22 octobre 1942 et provenant des archives allemandes fait déjà mention de 85 Juifs Chalonnais déportés.

 

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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