Chalon sur Saône

De Goldman à Goldmen, préparez-vous à une grosse invasion de tubes le 10 avril à Chalon

Un et indivisible, subodorait-on naïvement en se penchant sur le cas de Jean-Jacques Goldman. Tout faux en réalité ! Goldmen, ce groupe se caractérisant, étymologiquement parlant, par des hommes en or, a repris le flambeau d’un chanteur qui n’encourt pas la sanction suprême, à savoir tomber en désuétude, tant ses succès sont indémodables et d’une luminescence à toutes épreuves. Pour croire les actes et les paroles : rendez-vous fixé au vendredi 10 avril à 20h30, salle Marcel-Sembat, à Chalon-sur-Saône. Interview d’Alain Stevez, chant lead, guitare et clavier.

Comment en êtes-vous arrivé à vous glisser dans la peau de Jean-Jacques Goldman ?

«C’est un ami qui m’a soufflé l’idée. Il m’a dit que je devrais chanter du Goldman, et puis voilà, c’était une excellente idée ! Je connaissais tout par cœur, donc je me suis même demandé pourquoi je n’y avais pas pensé avant ! »

 

Qu’évoque-t-il pour vous, et comprenez-vous son retrait qui remonte à 2004 ?

« C’est quelqu’un qui a su toucher les gens en plein cœur, par le biais de ses textes et de ses mélodies. Chaque personne peut-être pas, mais beaucoup de personnes en France sont touchées dans leur vie par des chansons de Jean-Jacques ; chacune d’entre elles évoque un souvenir particulier, ou une période de leur vie. Je comprends son retrait, parce qu’à partir de cette période-là je pense que faire des tubes devenait de plus en plus compliqué parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de monde sur le devant  de la scène et que ça devient difficile de sortir du lot. Je pense qu’il l’a voulu, tout simplement, et c’est ce qu’il disait d’ailleurs, car il n’avait plus l’inspiration pour pouvoir prétendre encore faire des tubes, il n’arrivait plus à écrire ; c’est pour ça qu’il avait décidé de se retirer un peu. Et aussi le fait d’en avoir fait énormément avant, sur sa courte carrière il a fait ce qu’aurait fait un chanteur lambda sur deux cents ans. »  

 

Est-il venu voir le groupe sur scène, ou avez-vous recueilli son sentiment ?

« Il n’est jamais venu nous voir, en revanche je l’ai rencontré. Je l’ai remercié, et il m’a dit qu’il n’y était pour rien… »

 

A quoi ressemble chacun de vos concerts ?

« A une fête, à un échange, à une communion. Je dis toujours que nous, nous sommes comme les gens dans le public, sauf qu’on a les outils pour jouer les chansons. On le fait, et on ne fait qu’un finalement. C’est un truc de fou, les gens sont très contents et se plongent dans leur nostalgie. »   

 

N’est-ce pas une responsabilité écrasante que de chanter à la place de ?

« Si, parce que les fans sont très difficiles, c’est-à-dire que beaucoup de personnes nous disent : «  Voilà, j’ai entendu parler du groupe en bien, donc je vais essayer, je n’y crois pas une minute». Finalement, après ils partent et nous affirment : « Vous nous avez conquis en fait, vous avez réussi à nous convaincre ». A mon avis les gens viennent chercher une ressemblance, un truc qui puisse faire remonter des concerts de Jean-Jacques dans leurs souvenirs. Nous, nous sommes un peu un  biopic scénique. Ce qui m’a démarqué, c’est que j’avais vu le film Bohemian Rhapsodie, et j’ai été pris au piège, c’est-à-dire qu’à un moment j’ai vu Freddie Mercury, alors que le gars ne lui ressemblait pas forcément. Nous c’est un peu ça, sauf que nous ne faisons que de la scène. »

 

Comment expliquez-vous que malgré sa longue absence publique le chanteur soit encore la personnalité préférée des Français ?

«A mon avis c’est parce que c’est quelqu’un de très simple, qui ne vit pas dans le luxe. Quand je l’ai croisé, c’était monsieur Tout-le-monde, vraiment, vraiment, avec de vieilles sapes, une montre en plastique, des shoes, un vieux blouson usé. Les gens se reconnaissent en lui encore maintenant, et se disent : mais pourquoi vit-il simplement, alors qu’il est riche, l’un des plus riches artistes de France ? On reconnaît dans ses textes le fait qu’il ne veuille pas se faire posséder par les choses, il n’est pas matérialiste : il roule dans de vieilles bagnoles, utilise de vieux vélos, et voilà, tout va bien ! Ce qui est curieux et phénoménal, c’est qu’il ne fait pas parler de lui depuis des années, à part trois chansons qu’il a écrites pour d’autres.»

 

Quel profil a votre public ?

«Alors enfants, parents et grands-parents, c’est multigénérationnel. Curieusement, les parents transmettent le patrimoine de Goldman à leurs enfants. »

 

Scénario de science-fiction : et si Jean-Jacques Goldman remettait le pied à l’étrier ?

«Je serais le premier heureux, car je ne l’ai jamais vu en live, j’achèterais tout de suite mon billet si toutefois il en restait ! Tous les musiciens que je connais à ma petite échelle, même pour des raisons familiales, vont s’arrêter de jouer dans des bars ou dans des associations, ou de faire de la musique parce qu’ils ont une vie de famille et un boulot, mais finalement ils y reviennent tout le temps. Tous les musiciens que je connais, même s’ils ont connu des périodes longues, à leur petite échelle Ils vont reprendre leur instrument et rejouer dans un café ou lors de la communion du gamin, etc. Goldman, il le fait plus ou moins, car il va encore dans les studios pour créer, mais je pense que cette scène, un jour, ou s’il ne l’a pas déjà fait en privé, ce n’est pas possible, ça va le démanger. Et je l’espère !»

 

Pour ne pas céder à la procrastination et être au bout du compte le bec dans l’eau…

Tarifs : de 35,00 à 39,00 euros. Places numérotées. Plus d’infos auprès d’A Chalon Spectacles (03.85.46.65.89, [email protected]). Billetterie internet&grandes surfaces. Réseaux France Billet et Ticketnet.

 

Crédit photo : E. Pelinski                                                          Propos recueillis par Michel Poiriault

                                                                                                      [email protected]

 

 

 

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