Chalon sur Saône

A l'école maternelle Vivant Denon, cérémonie à la mémoire des enfants Epsztein morts en déportation

Hier matin, à l'école maternelle Vivant Denon, avait lieu une cérémonie à la mémoire d'Hubert et Ghislaine Epsztein, deux enfants juifs déportés de Chalon-sur-Saône morts assassinés en 1944. Plus de détails avec Info Chalon.

Comme le rappellera lors de sa prise de parole, Pascal Voisin, directeur de l'école élémentaire Vivant Denon, «en 1944, des policiers français, obéissant aux ordres de l'armée d'occupation allemande, arrêtent, emprisonnent et permettent la déportation de nombreuses familles juives Chalonnaises. Tout au long de cette guerre, les Juifs seront pourchassés, traqués, persécutés et éliminés».


Il y a 76 ans, les enfants Epsztein, Hubert et Ghislaine, âgés respectivement de 9 et 6 ans, élèves de l'école, pris lors de la Grande Rafle de Chalon-sur-Saône, le 26 février, sont déportés, avec leurs parents, dans un camp d'internement, vers Paris. Ils seront conduits en Pologne, «pays alors envahi par les armées nazies du dictateur Adolf Hitler», comme l'expliquera Florence Dufraigne, directrice de l'école maternelle, aux 57 élèves issus des 2 classes de CM2 de Anna Depinoy et Yves Pourchet. Ils seront enfermés dans le camp de concentration et d'extermination de Auschwitz, plus grand complexe concentrationnaire du 3ème Reich.


Le 12 mars 1944, ils seront tués, gazés puis brûlés «pour une seule raison : leur religion, la religion juive».


Vendredi 14 février, à 10 heures 45, était organisée, dans l'école maternelle Vivant Denon, une cérémonie en mémoire des enfants Epsztein.


Les élèves ont chanté «Comme toi» de Jean-Jacques Goldman qui raconte l'histoire de Sarah, une enfant juive victime de la Shoah, en présence des directeurs des 2 écoles, de Sébastien Martin, président du Grand Chalon, Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône, Jean-Vianney Guigue, vice-président du Grand Chalon en charge de l'Enseignement supérieur, et Serge Rosinoff, président de l'Association communautaire juive de Chalon-sur-Saône.


«L'Humanité comporte toujours, aujourd'hui, des gens intolérants envers d'autres gens qui leur sont différents», rappellera Pascal Voisin.


«L'école est là pour corriger cette erreur d'appréciation : la différence peut nous interpeller, nous déranger mais elle constitue davantage une richesse constructive qu'un fardeau à supporter», dira à son tour la directrice de l'école.


Le président de la communauté juive de notre ville, émue par l'interprétation de la chanson de Goldman, a ensuite lu une lettre écrite le 4 février 1944, par Albert Bigielman, un titi parisien de Ménilmontant de 12 ans, né dans une famille juive émigrée de Pologne, au moment de son arrestation.


Raflé avec sa mère, le jeune Albert interné au camp de transit de Drancy durant trois mois. Le statut de prisonnier de guerre de son père lui vaut d'être déporté avec sa mère comme otage au camp de Bergen-Belsen où périt Anne Franck. Là, il survit grâce à elle et son amour maternel, et sera l'auteur d'un ouvrage intitulé «J'ai eu douze ans à Bergen-Belsen».


Dans la lettre lue par Serge Rosinoff, Albert y décrit l'univers concentrationnaire.


«Entré dans le camp comme Albert Biegelman, il en ressort, dépouillé de sa condition humaine n'étant plus qu'un matricule. Le camp est libéré en avril 1945 par les troupes britanniques», conclut le représentant associatif avant de céder la parole au maire.


Ensuite après les dépôts de fleurs des enfants et des autorités sur la plaque commémorative située entre les 2 écoles, maternelle et élémentaire Vivant Denon, une minute de silence a été observée et suivie du salut aux morts.


Étaient également présents, Valérie Maurer, adjointe au maire en charge des affaires sociales, Solange Dorey, conseillière municipale chargée des relations avec le monde associatif, Pierre Carlot, conseiller municipal délégué aux sports, Jean-François Drillien, président du Comité de Chalon-sur-Saône de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA), François Mosca, président de l'Union Nationale des Parachutistes (UNP) Section 712 Guy de Combaud Roquebrune, et Nicolas Vernay, président du Comité local de l''Association nationale des anciens combattants et Ami(e)s de la Résistance (ANACR) de Chalon-sur-Saône, pour ne citer qu'eux.

 

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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