Givry

Premier bilan des vendanges 2020 avec Baptiste Lumpp, Président de l'ODG givrotin

En plus de ce premier bilan contrasté, Info-Chalon.com a profité de cet entretien pour évoquer les conséquences du réchauffement climatique sur le vignoble givrotin, mais aussi par extension, sur l'ensemble de la Côte chalonnaise

 

Un millésime 2020, qui n'a pas été de tout repos pour les viticulteurs

L'hiver très doux, suivi d'un printemps et d'un été anormalement chauds et secs ont entraîné une précocité des vendanges, qui se sont déroulées avec un peu plus de 2 semaines d’avance par rapport à la moyenne des 25 dernières années (1994-2019).

 

Pour Baptiste Lumpp, Président de l'ODG (Organisme de Défense et de gestion), le syndicats des viticulteurs givrotins, « si cette précocité reste exceptionnelle, elle n'est pas nouvelle non plus. Puisque dans son livre intitulé « La grande histoire des vins de Givry. De l'antiquité à nos jours », Gilles Platret, historien et actuel Maire de Chalon sur Saône, aurait évoqué  l'organisation de vendanges en juillet, que ce soit au moyen-âge ou au début du 20ème siècle. ».

 

Cerise sur le gâteau cette année, les viticulteurs ont dû s'adapter à un phénomène nouveau pour eux, à savoir la mise en place des mesures sanitaires, qui ont découlé du COVID 19, avec pour conséquences dans beaucoup de domaines la suppression des repas de midi et de la traditionnelle Paulée, qui marque la fin des vendanges.

 

Des volumes en net retrait, mais une qualité qui promet...

Ce qui est plus gênant, c'est le manque de pluie de cet été et les phénomènes de grillure ou de flétrissement dus à la canicule. Car ils ont eu une influence négative sur les quantités récoltées, qui sont nettement inférieures à celles relevées habituellement.

Selon Baptiste Lumpp, « la baisse de récolte a atteint selon les parcelles entre 30 et 50% en rouge, et 20% en blanc ». Si ce constat n'est pas réjouissant et risque d'engendrer des difficultés économiques chez certains viticulteurs, il tient quand même à relativiser en rappelant que «malgré les faibles taux de cette année, la moyenne glissante des rendements sur 10 ans, reste stable autour de 45 hectolitres à l'hectare. »

Ces valeurs sont à comparer aux rendements maximums, qui sont autorisés en Côte Chalonnaise, soit en rouge, 52 hectolitres/hectares en 1er cru et 54 en appellation village et en blanc, 58 en 1er cru et 60 en appellation village.

Point positif toutefois, les fruits gorgés de soleil et le cycle complet de maturation devraient permettre d'obtenir cette année un millésime de qualité, « très riche et concentré » qui pourrait selon Baptiste Lumpp, « ressembler à 2003, avec en plus, un potentiel de garde plus important, au regard de l'acidité qui est supérieure. »

 

Phénomène inquiétant, certaines espèces de pied ne supportent pas la sécheresse

C'est ce qui préoccupe le plus Baptiste Lumpp. « On constate en effet cette année une mortalité accrue des pieds de vigne de Pinot Noir, dénommés « 161-49 couderc ». On les trouve en nombre en Côte chalonnaise, car ils sont très qualitatifs. Mais le problème est qu'ils supportent mal le manque d'eau. La conséquence est qu'il faut les remplacer au bout de 10 ans, alors que la durée de vie moyenne des pieds est plutôt de 30 ans.

L'INAO (Institut national de l'origine et de la qualité) a d'ailleurs conseillé en 2019 de ne plus planter ce type de porte-greffe et de le remplacer par une espèce de Pinot, qui résiste mieux à la sécheresse, et qui arrive à maturité plus tard. »

Sur Givry, on trouve donc d'après le Président de l'ODG « de gros secteurs où il faudra replanter, avec les conséquences économiques qui en découlent : achat des porte-greffes, mais aussi manque à gagner lié au fait qu'une jeune vigne ne commence à produire (partiellement) qu'au bout de 3 ans. ».

 

 

 

 

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