Opinion

CORONAVIRUS - Michèle et Madeleine, infirmière libérales du Chalonnais livrent leur amertume

En France, nous venons seulement de nous rendre compte de l'importance de notre système de santé.

 

Face à cette guerre pendant laquelle chacun de nous a donné et continue de donner (malgré l'épuisement de beaucoup) le maximum de nos forces, quel bel élan de solidarité! on applaudit, on chante, on danse aux fenêtres, on a toujours un petit mot pour nous, apparemment "héros du quotidien"; des musiques sont composées, des cagnottes créées... on nous propose même des dons de RTT et un 14 juillet sur les Champs Elysés!! Vit t-on un rêve en plein cauchemar?? 

Combien de temps cela va t'il durer??

 

 

Une reconnaissance éternelle...probablement jusqu'à ce que certains se présentant aux urgences avec leur petit orteil cassé, pesteront car l'attente sera trop longue, ne comprendront pas pourquoi ils passent après le polytraumatisé de la route ou l'infarctus du myocarde...

ou que d'autres, s'énerveront sur leur sonnette car personne ne vient ("elles doivent encore être en train de boire le café!"), alors que infirmiers et aides - soignants sont occupés à relever et soigner une grand-mère qui a chuté...

 

 

Alors il y a cette fameuse prime, qui va être donnée pour remercier les soignants de leur investissement pendant cette période qui perdure... pour tous les soignants?

Non, une prime sélective qui relève un peu plus les inégalités... aux intrahospitaliers et personnels des Ephad qui l'ont fort mérité!  et nous, personnel de ville et de campagne, nous passerons encore à côté. Nous qui devons nos protections des 1ères semaines contre ce coronavirus, à la grande générosité de nos patients, car les masques, trop peu nombreux sont réservés aux hôpitaux; nous qui avons courru chercher , en dehors de nos 12 à 14 h de travail quotidien, un minimum pour se protéger; nous qui ne pouvons obtenir de surblouses, charlottes, gants, parce que tout a été réquisionné; nous, libéraux, qui n'avons aucun avantage matériel et financier à se lever le matin pour partir s'exposer, mais qui sommes portés par la passion du métier; nous qui, sans la contribution de nos patients et leur famille qui ont parfois passé des heures à nous confectionner des tenues, ne pourrions pas travailler; nous qui allons devoir regler de notre poche notre test sérologique non remboursé; nous qui continuerons à reverser plus de la moitié de nos rénumérations en charges et impôts...

 

 

Certes, nous vivons une crise sanitaire exceptionnelle, mais quand tout cela sera terminé, que restera t'il de nous, professionnels de santé??

 

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