Saône et Loire

ENSEIGNEMENT - Le SNUipp Saône et Loire pointe le mal-être de plus en plus courant du monde enseignant

A l'heure d'un CHSCT extraordinaire et des premiers chiffres dévoilés très officiellement, annonçant 58 suicides d'enseignement au cours de l'année 2018-2019, les représentants syndicaux chalonnais sont montés au créneau pour pointer les responsabilités.

Onze suicides ont par ailleurs été recensés depuis le mois de septembre, c'est-à-dire depuis le début de l'année scolaire 2019-2020. Des chiffres annoncés suite au suicide de Christine Renon à Pantin, il y a un mois et demi. Un suicide qui avait eu valeur de symbole, ayant interpellé à plusieurs reprises sa hiérarchie sans que finalement celle-ci n'intervienne avant l'acte ultime. Elle-même, syndiquée au SNUipp, l'annonce de ce suicide a laissé un goût amer chez ses collègues.  

Fin d'une omerta ? 

C'est la première fois que le ministère communique des chiffres relatifs aux suicides des agents de l'Éducation nationale. Pendant l'année scolaire 2018-2019, 58 d'entre eux se sont donné la mort. Un chiffre très officiel rendu public ce mercredi dans le cadre d'un CHSCT extraordinaire. Vincent Castagnino et  Aurélie Gagnier-Boivin, co-secrétaires de l'organisation syndicale en Saône et Loire ont tenu à se faire les porte-paroles du mal-être grandissant au sein d'une profession de plus en plus décriée. "Depuis de nombreuses années, on alerte nos hiérarchies sur le mal-être professionnel des enseignants, un mal-être qui ne fait que croître. Les réformes Blanquer ne viennent que parachever tout un ensemble" déplore Vincent Castagnino. "La pression sur les épaules des enseignants ne fait que s'accélerer". Pour autant, les représentants syndicaux soulignent l'importance d'une école "de l'inclusion", "un sujet sur lequel on est à 100 % d'accord  pour mais pas au détriment des enseignants. Entre les déclarations politiques et les moyens mis en oeuvre pour appliquer ces politiques, il y a un gouffre". Un gouffre qui au fil des ans ne fait que s'agrandir. 

Pendant longtemps, ce qui se passe à l'Education Nationale restait à l'Education Nationale, et le fameux hastag #PasDeVague n'est qu'une éclairante mise en lumière de cet état de fait. Le suicide emblématique de Christine Renon pourrait avoir mis fin à cette fameuse omerta très présente au sein de l'Education Nationale, et ce d'autant plus que le mal-être au travail devient tellement prégnant, qu'il apparaît désormais difficilement dissimulable. 

Une déshumanisation et une infantilisation du personnel

Les représentants du SNUipp ne mâchent pas leurs mots pour qualifier une gestion "caporaliste" "qui infantilise" "et qui dévalorise". "C'est une entreprise sans précédents de destabilisation de nos métiers qui est mise en oeuvre". 

Des cahiers de doléance vont être ouverts à destination des enseignants, susceptibles de faire remonter au plus haut niveau, des situations qui ne font qu'empirer. Un ras le bol général autour de ce qu'ils qualifient comme "l'école de la défiance". "Si on veut redonner de l'attractivité à nos métiers, ça doit passer nécessairement par de la confiance, de la formation, une revalorisation salariale et pas par un gloubi-boulga de mesures qui ne font que rajouter de la détresse au travail". 

Laurent Guillaumé 

 

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