Cinéma

Avant-première de «Camille» au Mégarama Axel suivie d'un débat avec le réalisateur

Lundi soir, au Mégarama Axel, avait lieu la projection de «Camille», une avant-première organisée par l'association Chalonnaise pour le cinéma, La Bobine, suivie d'un débat avec Boris Lojkine, le réalisateur. Plus de détails avec Info Chalon.

À 19 heures 30, hier, était projeté «Camille», film réalisé par Boris Lojkine, avec Nina Meurisse, Fiacre Bindala et Bruno Todeschini, au Mégarama Axel. Cette avant-première était organisée par La Bobine, l'association Chalonnaise des passionnés du 7ème art.


Normalien, auteur d'une thèse sur «Crise et Histoire», professeur de philosophie à l'Université d'Aix-Marseille 2, Boris Lojkine a commencé son œuvre de cinéaste par 2 documentaires tournés au Vietnam, au début des années 2000, dans un pays toujours hanté par le poids de la guerre et du deuil.


«Camille», c’est le titre tout simple de ce long-métrage inspiré du destin tragique de Camille Lepage, photo-reporter française de 26 ans déterminée à montrer la souffrance des populations de pays en guerre, la jeune photojournaliste éprise d'idéal a été assassinée , d’une balle dans la tête, dans une embuscade tendue par la Séléka, une rébellion venu du Nord musulman pour renverser le régime corrompu de François Bozizé en 2013, à des anti-Balaka, une milice d’auto-défense (majoritairement issue des populations chrétiennes), en République Centrafricaine, le 12 mai 2014, près de la frontière camerounaise.


La projection de cette fiction, d'une durée d'1 heure 30, a été suivie d'un débat avec le réalisateur, qui s'est prêté au jeu des questions, en présence de Chantal Thévenot, la présidente de La Bobine.


«Camille a donné sa vie pour ce pays, la moindre des choses était de tourner en Centrafrique», explique le réalisateur déjà remarqué en 2014 pour «Hope», un film sur les migrants africains.


«Mon film raconte aussi ce que c’est d’être une blanche en Afrique», dit-il.


Dès 2016, le cinéaste s'est installé à Bangui, capitale de la République Centradricaine, «pour tâter le terrain» et préparer le tournage alors même que la situation, 5 ans plus tard, y demeure volatile mais aussi lancer des ateliers documentaires et participer aux ateliers Varan, formant ainsi 10 jeunes réalisateurs centrafricains.


Le réalisateur précise que ses jeunes protégés ont, chacun d'entre eux, réalisé un film documentaire dont certains ont été présentés à des festivals.


«Je me suis rendu compte que tous ces jeunes avec qui j'ai travaillé en savaient mille fois plus que moi», précise-t-il à ce sujet.


Il s'est lancé dans le fundraising* et a même rencontré Faustin-Archange Touadéra, président de la République Centrafricaine, très content qu'un réalisateur s'intéresse à son pays. Un autre objectif de Boris Lojkine étant de faire revivre une production cinématographique centrafricaine.


«Vous connaissez beaucoup de réalisateur qui rencontre un président et 5 ministes pour pouvoir réaliser son film?» demande le cinéaste à l'assistance.


Ces derniers ont ensuite travaillé sur le tournage du film car Boris Lojkine voulait absolument une équipe centrafricaine. Côté acteurs, certains rejouent leur propre histoire comme le photographe Michaël Zumstein qui était à Bangui au même moment que Camille Lepage. Quant aux figurants, certains ont appartenu aux anti-Balaka.


«Je me suis senti incroyablement proche de Camille», dit Boris Lojkine qui explique qu'il était important «d'être à la hauteur de ce qu'a vécu Camille» et «de ses proches» bien que «le tournage était très dur» pourtant les autorités ont tout fait pour que celui-ci se déroule dans de très bonnes conditions.


«Grâce à ce coup de pouce des autorités, j'étais assez heureux d'avoir pu faire des retakes**, notamment à l'Université de Bangui mais aussi lors de la bataille dans la brousse», nous explique-t-il.


Le tournage a duré 6 semaines et une dizaine de jours en France, entre Angers, la ville d'origine de Camille, Montpellier et une demi-journée dans les locaux du quotidien Libération.


«Plus le film avance, plus vous adopterez le point de vue de Camille», nous dit le cinéaste qui évoquera tour à tour sa relation avec la famille de la photo-journaliste, sa mère, Maryvonne, son père, Guy et Adrien, son frère. Son rôle est interprété avec brio par Nina Meurisse.


«La maman de Camille m'a beaucoup aidé», souligne Boris Lojkine.


Accompagné de Marina Gomez, responsable de la programmation en province chez Pyramide Distribution , le réalisateur nous explique être déjà venu à Chalon-sur-Saône, en 2014, pour faire la promotion de «Hope», et qu'il en gardait un bon souvenir de notre ville. Outre l'accueil chaleureux, il se souvient de la cuisine de l'inoubliable Paulette, gérante du «Le Mont Blanc», laquelle met un point d'honneur à ne servir que du fait maison et qui fait de l'établissement une des meilleures adresses chalonnaises.


153 personnes ont assisté à cette soirée d'un grand intérêt et jeudi, Boris Lojkine part pour Bangui afin de présenter le film, lequel a déjà été dévoilé au Festival international du film de Locarno, en Suisse, avant une sortie nationale, le 16 octobre prochain.


* «collecte de fonds» dans la langue de Shakespeare.
** Une nouvelle prise.

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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