Opinion de gauche
GREVE DU 5 DECEMBRE - Pour le NPA 71, "Nous sommes arrivés à un moment où il est désespérément nécessaire de lutter et de gagner ensemble !"
Publié le 04 Décembre 2019 à 13h14
Depuis plusieurs jours, les ministres sont sur tous les fronts pour tenter de dégonfler la mobilisation. Tandis que Bruno Le Maire martèle que personne ne sera perdant dans la réforme des retraites, son collègue Jean-Michel Blanquer assure de son côté que les protestataires ont simplement mal compris les intentions du gouvernement.
Cheminots, enseignants, contrôleurs aériens, policiers, avocats, étudiants, infirmiers, magistrats, éboueurs, chauffeurs routiers, raffineurs… tout ce petit monde ne devrait donc pas se faire de mouron.
C'est le tour de passe-passe favori du gouvernement ces dernières semaines : pas besoin de s'énerver le 5 décembre, puisque rien n'est certain sur les points chauds de la réforme.
Néanmoins, pour la première fois, à la veille de ce 5 décembre, l’espoir est en train de changer de camp. On se prend à penser que toutes les colères vont peut-être converger – celle des gilets jaunes qui, jusqu’à présent, se méfiaient des syndicats, celle des étudiants, celle des personnels hospitaliers, celle des agents de la SNCF ou de la RATP, celle des enseignants – et enclencher une dynamique sociale nouvelle. C’est en tout cas ce que l’on redoute dans les sommets du pouvoir : qu’au soir du 5 décembre, une dynamique sociale s’enclenche, qui pourrait radicalement changer la donne. Au soir de cette journée, tout le monde pressent que se jouera un point de bascule : le crépuscule du macronisme ou sa survie.
De nombreux analystes ou journalistes politiques font un large parallèle entre cette nouvelle secousse sociale du 5 décembre et les grandes grèves de décembre 95 qui ont fait plier Juppé. D'autres y devinent des similitudes avec les grandes contestations populaires de 1936 qui ont arrachées des avancées sociales qui ont profondément transformé le présent et le futur des travailleur(se)s. Ce modèle social, fondé sur l'idée de justice et solidarité, consolidé à la libération avec le programme du Conseil National de la Résistance, et attaqué de toutes part depuis plus de 30 ans, risque de vivre ses derniers instants avec la politique ultra-libérale de Macron.
Et il faut bien dire que jusqu’à présent, rien n’est venu enrayer cette entreprise de démolition. Au lendemain de la présidentielle de 2017, il y a bien eu des explosions de colère, au moment des ordonnances sur la loi travail, à la SNCF avec le changement de statut des cheminots. Puis, il y a eu ce jaillissement aussi imprévu qu’inédit des gilets jaunes. Mais, aussi isolé qu’il soit, Emmanuel Macron n’en continue pas moins ses réformes à vive allure.
A la veille de ce 5 décembre, dans un pays rongé par la crise sociale, menacé par une possible victoire de l’extrême droite, le remarquable appel de George Orwell (écrivain et journaliste) au lancement des grèves de 1936, prend une formidable résonance : « Nous sommes arrivés à un moment où il est désespérément nécessaire… ». Et d'y associer la délicate pensée de Simone Weil (philosophe) : « Nul ne sait comment les choses tourneront. Plusieurs catastrophes sont à craindre. Mais aucune crainte n’efface la joie de voir ceux qui toujours, par définition, courbent la tête, la redresser. Ce qui est illimité, c’est le bonheur présent. Ils se sont enfin affirmés. Ils ont enfin fait sentir à leurs maîtres qu’ils existent. »
Nous devons gagner, enfin, il ne peut en être autrement. C'est le moment !
Comme pour sauver la planète, le défi social est immense. Il est tout autant vital.
Tous ensemble nous pouvons le faire, sinon....
Jean-Guy TRINTIGNAC (NPA 71)
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