Les infirmiers méprisés dans la prescription de la vaccination covid selon l'Ordre National Infirmiers

L’Ordre des infirmiers tient à souligner le manque de considération, voire le mépris, de la profession infirmière dans le déploiement de la stratégie vaccinale de lutte contre la Covid.

Communiqué de presse 

Les mesures et décisions prises ne font qu’accroître les prérogatives des professions de santé quand le rôle de l’infirmier, pourtant central dans le contact avec les patients et la vaccination elle-même, ne se voit que très peu valorisé ou étendu.

Depuis le début de la crise sanitaire, les infirmiers sont mobilisés très activement et leur engagement est sans faille. Suite à la parution du nouveau décret n°2121-248 du 4 mars 2021, les sages-femmes et les pharmaciens d’officine se sont vu offrir la possibilité de prescrire les vaccins. Les infirmiers étaient sans nul doute les mieux placés, et formés, pour bénéficier du droit de prescription. Or, ce sont les seuls écartés de cette étendue des prérogatives alors qu’il s’agit là même du cœur de métier. L’IDE connait très bien sa patientèle dite chronique et l’évaluation du risque d’une thérapeutique. La charge du remplissage du questionnaire vaccinal pourrait tout à fait lui incomber également.

Si la stratégie vaccinale est tournée vers le plus grand nombre, il nous parait tout à fait incohérent que l’IDE soit exclu de ce dispositif de prescription. Qui de mieux placé que l’infirmier pour être au contact de la population rurale, des personnes vulnérables ou des exclus du numérique. L’IDE semble être au croisement du parcours de la vaccination pour une organisation simple, efficace et complémentaire des autres professions de santé.

C’est ainsi que nous nous questionnons sur l’absence de la prescription de la vaccination anti-Covid par les infirmiers lorsque d’autres professionnels de santé voient une extension de leurs prérogatives.

Nouvelle preuve du mépris de notre profession, il apparait très discutable pour nos confrères de voir que les sapeurs-pompiers volontaires sont autorisés à réaliser une injection de vaccination ; comme c’était d’ailleurs le cas pour le prélèvement nasopharyngé. Si nous louons le travail quotidien des pompiers, en quoi un secouriste est-il formé aux gestes et pratiques relevant d’un acte invasif ? Nous admettons tout à fait que la situation sanitaire exige que certains actes infirmiers soient temporairement réalisables par d’autresprofessionnels de santé au regard des enjeux de santé publique, mais ces gestes devraient être effectués par des experts de la santé.

Nous sommes interrogés sur la déréglementation de la pratique infirmière et l’extension massive des prérogatives des autres professions. Ceci remet une nouvelle fois en question la valorisation des infirmiers que nous nous devons de défendre. L’Ordre assume sa responsabilité dans la représentation de la profession et interpelle vivement sur la nécessité d’une plus grande autonomie et élargissement des compétences pour les infirmiers. Nous avons d’ores et déjà contactés l’ensemble des élus politiques de la région pour questionner en ce sens M. Le Ministre des Solidarités et de la Santé sur l’extension de ces prérogatives dans cette lutte contre l’épidémie de la Covid. Si les enjeux de santé sont définitivement primordiaux, les infirmiers sont déterminés à faire entendre leur mécontentement et leur volonté de voir évoluer leurs compétences et la profession voire de s’inscrire dans une démarche de citoyenneté.

Conseil Régional Ordre des Infirmiers Bourgogne Franche Comté

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