Un collectif antifascistes annoncé en Saône et Loire

Communiqué de presse

La création du collectif Saône et Loire Antifasciste (SLA) est apparue comme une nécessité pour au moins deux raisons :

- d’une part, les agressions perpétrées par l’extrême-droite contre des militant·es ou des locaux se sont multipliées : à Chalon lors de la marche de soutien aux migrants, à Dijon contre des militantes féministes, à Lyon contre des militant·es de l’UCL et la librairie La Plume Noire

- d’autre part, l’idéologie de l’extrême-droite droite se banalise et contamine une large partie de l’échiquier politique.

Le collectif SLA est ouvert à tous les individus qui s’inscrivent dans la perspective d’un antifascisme social et anti-capitaliste. Ses principes sont définis dans le texte joint. Ce dernier a déjà reçu le soutien de trois organisations locales : La CNT 71-58 (Confédération Nationale du Travail), le GL 71 (Groupe Libertaire 71) et l’UCL 7 (Union Communiste Libertaire).

 

Texte d’appel à la constitution du collectif :

 

La période actuelle connaît une montée du fascisme sous toutes ses formes. Les violences exercées par des groupuscules d’extrême-droite se sont multipliées (agression de manifestant·es à Chalon en décembre, à Dijon et à Lyon au mois de janvier, etc). Par ailleurs, l’Action Française pollue régulièrement les villes du département avec des autocollants haineux et réactionnaires.

 

Au-delà des ces organisations qui se revendiquent ouvertement du fascisme, voire du néo-nazisme, l’extrême-droite institutionnalisée gagne du terrain : le Rassemblement National est considéré aujourd’hui par les médias comme étant le premier parti d’opposition et ose même se présenter comme le parti des ouvriers, les Patriotes s’affublent d’un masque pseudo-social, l’UPR infiltre certains groupes de Gilets Jaunes en revendiquant un Referendum d’Initiative Citoyenne.

 

Plus grave encore, l’idéologie fascisante progresse insidieusement grâce à ce que J-M Le Pen appelait une « lepennisation des esprits », contaminant une large frange de l’échiquier politique. En 1984, Laurent Fabius affirmait que le FN posait les bonnes questions mais donnait les mauvaises réponses. Aujourd’hui, beaucoup de partis politiques se sont approprié non seulement les questions mais aussi les réponses. L’idéologie sécuritaire, le patriotisme belliqueux, le souverainisme, le rejet de l’étranger sont devenus monnaie courante et s’exhibent sans complexes pendant que l’État devient de plus en plus répressif sous couvert de défendre les « valeurs de la République ».

 

Face à cette situation, des individus soutenus par …. ont décidé de constituer un collectif départemental antifasciste afin de lutter concrètement contre la montée du fascisme.

 

Qu’appelons-nous « fascisme » ? Il s’agit d’un idéologie réactionnaire, xénophobe et raciste qui se fonde sur le culte de l’État fort et prône le nationalisme et la militarisation de la société.

 

Cette idéologie et ses avatars se nourrissent des crises du capitalisme. Quand l’accumulation du capital connaît une phase critique, elle ne peut se perpétuer qu’en s’attaquant au coût de la force de travail. C’est ce à quoi nous assistons depuis trois décennies : pour continuer à produire des profits, le capital doit faire baisser le prix du travail soit de façon directe (précarisation) soit de façon indirecte en s’attaquant au salaire socialisé (retraites, sécurité sociale, assurance chômage, etc). Les mouvements sociaux, malgré leur intensité, n’ont pas réussi à empêcher des reculs qui ont été vécus par beaucoup comme inéluctables. Dans cette situation, il est facile de désigner des cibles identifiables : l’étranger, la perte des « valeurs », le recul de l’autorité. Le remède proposé se résume alors au souverainisme, au repli identitaire et à l’autorité de l’État.

 

Le fascisme ne disparaîtra pas tant que nous n’aurons pas éliminé les causes qui l’ont fait naître : il nous appartient de construire une société débarrassée de toute forme de domination et d’exploitation. Pour cela, nous devons lutter sur tous les fronts et sortir du capitalisme. Cette perspective à long terme ne doit pas masquer l’urgence de la situation présente. C’est pourquoi le collectif (nom) se propose :

- de combattre l’idéologie fasciste en démasquant ses discours pseudo-sociaux

- d’identifier les groupes fascistes ou fascisants de la région et d’exercer une vigilance active

- de contribuer à l’auto-défense des évènements qui peuvent faire la cible d’attaques fascistes.

 

Nous appelons les personnes qui se reconnaissent dans un anti-fascisme anti-capitaliste à nous rejoindre.

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