Opinion de gauche

"Gilles Platret use à son habitude de formules excessives et dérive vers des propos diffamatoires et injurieux" s'indigne Cultivons Chalon

Communiqué 

Cultivons Chalon

15 juin 2021

 

A propos des dérapages dangereux de Gilles Platret

 

Gilles Platret, Maire de Chalon, s’étonne ce jour que nous, élus issus de la liste Cultivons Chalon, ayons déposé un recours contre la délibération prise en conseil municipal le 8 avril dernier pour conditionner des aides municipales à l’installation de commerces sur la Ville.

Dans son communiqué du jour, Gilles Platret use à son habitude de formules excessives et dérive vers des propos diffamatoires et injurieux.

 

Oui, nous élus de la liste « Cultivons Chalon » avons déposé un recours en annulation devant le Tribunal Administratif de Dijon contre cette délibération qui soumet le bénéfice d’aide à l’implantation de commerces dans le centre-ville à l’absence d’appartenance à « une communauté religieuse, philosophique ou géographique » des demandeurs. 

Nous sommes favorables aux aides pouvant être apportées aux commerces. Nous sommes évidemment contre le blanchiment d’argent et le séparatisme.

Mais nous sommes dans un état de droit et la délibération prise par Gilles Platret et sa majorité ne nous semble pas conforme aux lois de la République. 

Nous sommes tous membres de la communauté française et souvent aussi de sous-groupes, qu’ils soient géographique, philosophique ou religieux. De fait, de nombreuses personnes devraient être exclues de ce dispositif d’aide à la relance : par exemple les Bretons, les Corses, les LGBT, les catholiques…Quid des restaurants végétariens, italiens, indiens ou bien encore asiatiques, des librairies chrétiennes, crêperies bretonnes, épiceries russes ?

 

Lors des débats au conseil municipal, il a été demandé à Monsieur le Maire de définir la notion de « communautarisme » et d’indiquer sur quels critères précis il entendait se fonder pour allouer, ou au contraire refuser, de verser l’aide réclamée. Il n’a apporté aucune réponse précise, laissant l’attribution des aides à son seul libre arbitre et son idéologie.

Or un Maire n’est pas au-dessus des lois ! Il se doit de définir précisément les dispositifs municipaux mis en œuvre. Un Maire ne peut être en rupture avec l’égalité de traitement devant la loi et instaurer des mesures discriminantes et finalement inefficaces contre le blanchiment d’argent et les idéologies extrémistes. 

 

Non, nous ne sommes pas « les serviteurs zélés des pratiques communautaristes, notamment islamiques, qui sont à l’œuvre pour fracturer la France » !

Ces propos sont mensongers, scandaleux et diffamants ! 

Et non, il n’y a pas eu une « attaque coordonnée ». Lorsqu’une délibération municipale est adoptée, il y a un délai de deux mois pour déposer un recours permettant aux juges de déterminer la validité des décisions prises par le conseil municipal. Notre action s’inscrit dans ce cadre légal. Etat de droit et lois de la République, toujours.

Alors oui, d’autres, en l’occurrence la Ligue des Droits de l’Homme, ont également des doutes sur la légalité de décisions prises par la majorité municipale et ont saisi en ce sens les juges pour qu’ils se positionnent.

La séparation des pouvoirs donne aux juges le pouvoir de juger.

La République est d’autant plus forte quand les lois sont respectées et les décisions contrôlées. 

 

Nathalie Leblanc

Sébastien Lagoutte

Francine Chopard