Chalon sur Saône

Espace Jean Zay : une conférence sur « Les fusillés de la Seconde Guerre mondiale » ce samedi 28 novembre

Avis aux amateurs d’histoire et aux citoyens ! Ce samedi, une conférence relative au monumental travail sur les fusillés de la Seconde Guerre mondiale, qu’ont mené 111 auteurs pendant huit années, se tiendra à l’Espace Jean Zay de Chalon, à partir de 14 h 30.

Alors que les déportés et internés de la Seconde Guerre mondiale ont fait l’objet de nombreux travaux scientifiques, ainsi que de romans historiques remarquables [1], les fusillés, autres victimes de la répression nazie et de la collaboration vichyste, n’ont en revanche pas suscité immédiatement le même intérêt. Si bien que ceux-ci - résistants actifs ou arrêtés en raison de leurs origines, leur engagement ou leur refus de l’Occupation – sont longtemps restés un sujet méconnu, du moins peu abordé, et à propos duquel, en tout cas, on ne disposait ni de travaux substantiels, ni de recherches approfondies.

Fort heureusement, tout ceci ne saurait perdurer des années encore. En effet, 70 ans après la capitulation nazie du 8 mai 1945, un livre de 1952 pages imprimées sur du papier bible, plus exactement un Dictionnaire [2] paru en mai dernier, rassemble pour la première fois, le plus exhaustivement possible, les biographies « des fusillés et exécutés par condamnation et comme otages ou guillotinés » de la Seconde Guerre mondiale. Un travail qui a nécessité huit longues années, ainsi que la mobilisation de 111 auteurs, dont nombre d’historiens. Un travail qui a permis de retracer les itinéraires, les vies, les engagements, de rappeler les conditions d’arrestation et d’exécution, les derniers instants souvent, de celles et ceux qui ont payé du prix de leur vie leur opposition à l’asservissement au fascisme et au nazisme.

Ce travail monumental, aussi bien livre d’histoire qu’hommage citoyen et mémoriel à une génération sacrifiée, sera au cœur d’une conférence qui se tiendra ce samedi 28 novembre, dans les locaux de l’Espace Jean Zay de Chalon, à partir de 14 h 30. Une belle occasion d’en savoir plus sur tous ceux qui, longtemps, ne furent que de simples noms sur des plaques commémoratives.

S.P.A.B.

(En photo : Claude Pennetier)

[1] Voir l’article d’Info-Chalon, sur le dernier roman de Marie Theulot :

http://www.info-chalon.com/articles/chalon-sur-saone/2015/11/25/17879/ce-vendredi-a-chalon-la-librairie-de-la-mandragore-recevra-marie-theulot-pour-une-rencontre-dedicaces/

[2] Les fusillés (1940-1944). Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés par condamnation et comme otages ou guillotinés, sous la direction de Claude Pennetier, Jean-Pierre Besse, Thomas Pouty et Delphine Leneveu, Les éditions de l’Atelier, mai 2015, 1952 p, 30 euros

 

Extrait choisi 

 

BERTOJO Raymond, Joseph

Né le 4 janvier 1882 à Nice (Alpes-Maritimes), fusillé le 29 août 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris XVe arr. (Seine) ; artisan mécanicien ; gaulliste.

Fils de Charles Bertojo, tailleur d’habits et d’Elisabeth, née Mattéo, couturière, Raymond Bertojo vint habiter à Paris. Il épousa le 7 avril 1900 Marguerite Luce, à la mairie du IXe arr., divorcé, il se remaria le 16 février 1907 avec Madeleine Nada à la mairie du XVIIIe arr. Le couple divorça le 13 novembre 1912. Il combattit pendant la Guerre de 1914-1918, fut blessé. Raymond Bertojo demeura au 35 rue Myhra (XVIIIe arr.) à partir de 1917. Gaulliste, il fut arrêté par la police française, le 3 août 1942, pour « détention d’armes », et selon son frère Jérôme, officier de réserve, pour fabrication de faux papiers pour les réfractaires au Service du travail obligatoire (STO). Envoyé au Dépôt le lendemain, incarcéré à la prison de la Santé, il était remis le 13 août aux autorités allemandes. Le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas, VIIIe arr. le 24 août 1942, le condamna à mort pour « détention d’armes ». Il fut tué par les armes le 29 août 1942 au stand de tir du XVe art. Son inhumation eut lieu au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), division 39, ligne 2, tombe 54. Le nom de Raymond Bertojo figure sur la plaque commémorative avenue de la Porte-de-Sèvres « Ici sont morts fusillés par les nazis », aux côtés des autres fusillés. Le ministère des Anciens combattants le reconnut « Mort pour la France », le 26 avril 1947, cette mention fut portée sur son acte de décès en 2012.

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