Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Il avait été chopé avec 21 kg de cannabis vendredi dernier sur l'Aire du Poulet de Bresse

La célèbre aire d’autoroute du poulet de Bresse est de retour, ce lundi 1er octobre en audience de comparution immédiate. Au volant cette fois-ci, un espagnol, tatoueur de son métier et très tatoué de son état. 35 ans, un blouson noir sur un pantalon clair, il n’a pas trop mauvaise mine en dépit de son week-end intense passé avec différentes autorités françaises.

Norman est catalan, il vit à Barcelone et revendique pour sa défense une tolérance vis-à-vis de la drogue bien supérieure dans son pays qu’ici. Ah, madame Locks, substitut du procureur, précise tout de même que la tolérance à la consommation ne signifie pas tolérance au trafic. Norman est poursuivi pour trafic, et non pour usage, pourtant il consomme chaque jour du cannabis, pas autre chose. Il a cette pudeur qui distingue encore la « drogue dure » de la douce. La dure, c’est mal, la douce c’est cool, même si tous les professionnels qui ont affaire aux stupéfiants disent unanimement qu’on peut considérer cette distinction comme obsolète, révolue.

Bref, Norman ralliait l’Espagne à l’Allemagne, et s’octroyait une petite pause sur l’aire du poulet de Bresse à Dommartin les cuiseaux vers 17 heures vendredi dernier quand des douaniers ont opportunément procédé au contrôle de cette voiture immatriculée en Espagne. La voiture de son père (spoil : son père n’a plus de voiture, il l’ignore encore mais elle est confisquée ici). Dans le coffre deux sacs, dans les sacs, de l’herbe de cannabis conditionnée en sachets. Norman est poursuivi pour le trafic de 21 kg et 633 grammes d’herbe de cannabis. La procédure, dont la présidente Delatronchette expose les éléments au fur et à mesure, parle, elle de 20 kg et 780 grammes, ce qui fait qu’on ne sait pas trop,l’avocate de la défense ne manquera pas de relever l’imprécision. 

Norman reconnaît avoir transporté en connaissance de cause toute cette drogue pour une rémunération promise de 4000 euros. Le parquet relève que la somme est plus élevée que ce que les prévenus (hollandais,marocains, croates, etc.) déclarent dans ce genre d’affaire. Le parquet y voit un indice de son rôle, de l’extérieur on songe que c’est peut être parce que lui, sur ce point du moins, dit la vérité. Norman raconte qu’il a fait la connaissance du fournisseur à une foire à Barcelone, mais qu’il n’a aucun moyen d’entrer en contact avec lui, les instructions passaient via un jeu vidéo.

Norman, comme tous les autres, expose ses difficultés financières, bon. Les gendarmes rapportent dans leur PV qu’un même numéro a essayé de joindre le tatoueur à 13 reprises pendant sa garde à vue. Un numéro venant d’Allemagne mais celui d’une compatriote si on en juge par son patronyme. Or l’adresse de cette femme était rentrée dans le GPS du catalan, et ça, il ne sait pas pourquoi. Est-ce qu’il a peur ? « Oui, bien sûr. » Le tribunal est un peu agacé des imprécisions du prévenu sur ses antécédents judiciaires. Il dit juste qu’il y a 4 ans la police a procédé à une perquisition au local « d’une association dont je faisais partie, mais la police n’a rien trouvé ». L’association en question : un cannabis club. 

Flou pour flou, maître Leray Saint-Arroman déplore « le manque de clarté de la procédure ». « Il a demandé à prendre attache avec ses autorités consulaires, je n’ai pas de preuve que ça a été fait. La 1ère interprète ne parlait pas catalan mais un très mauvais espagnol, impossible de la comprendre et surtout de se faire comprendre. Était-il présent à la pesée des douanes ? Aucun élément ne l’indique. Il a demandé aux gendarmes le total de la pesée : il n’y était pas, c’est une irrégularité. La demande des douanes (36000 euros d’amende) est fondée sur une des pesées mais rien ne vient nous assurer que c’est bien cette quantité et pas une autre. Il y a des droits qui n’ont pas été respectés, et trop d’éléments flottants dans cette procédure. »

Le parquet avait requis 30 mois de prison avec maintien en détention, l’amende réclamée par les douanes. Le tribunal condamne le catalan à 24 mois de prison ferme qui commencent de suite, à une amende de 36000 euros, et ordonne la confiscation du téléphone, de la voiture et des scellés.

Norman a deux enfants, là-bas, à Barcelone. La présidente fait traduire qu’il rencontrera, au centre pénitentiaire, le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), et pourra sans doute téléphoner, et au moins écrire aux siens. Il parlera certainement le français à sa sortie, mais aura sur le dos une dette importante, dette de drogue là-bas, dette d’amende ici.

 

FSA

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