Chalon /autour de Chalon

La chance chancelante a fait tourner en bourrique Guillaume de Tonquédec…

La chance chancelante a fait tourner en bourrique Guillaume de Tonquédec…

Cinquième des six volets des Théâtrales 2025-2026, la comédie très cadencée « Mon jour de chance » a pris le contrepied des canevas académiques. Ce dimanche 26 avril à Chalon-sur-Saône, dans un Espace des Arts comme d’habitude parvenu à saturation, on a abondamment ri d’un scénario fort peu commun.

Un dé, six possibilités…puis vogue la galère !

Autant la dernière pièce en date des Théâtrales avait laissé nombre de spectateurs/trices sur leur faim vu le contexte singulier qui leur était présenté (« C’est pas facile d’être heureux quand on va mal »), voire même décontenancé jusqu’aux oreilles, autant cette fois-ci  ont-ils lâché la bride sans complexe aucun. Des rires à répétition, tonitruants qui plus est, auront parsemé le tapis rouge ainsi déroulé. Et pourtant, cette équation à plusieurs inconnues n’affichait pas le profil d’une promenade de santé. Le fondement reposait sur le hasard, ou la providence, c’est selon. Dans ce clair-obscur un élément essentiel a été le dé. Celui qui autorise tous les espoirs lorsque le chiffre validé va dans le sens ardemment brigué. A ce jeu aventureux, qui peut dans certaines conditions équivaloir à qui perd gagne, d’aucuns restent sur le carreau. Ils deviennent carrément l’antithèse du veinard. Ce cas de figure a été le pivot de la comédie durant laquelle il était aisé de se perdre en conjectures. La pierre d’achoppement a été révélée promptement, quand le sort d’une partie de dé devait désigner la future épouse de Sébastien (Guillaume de Tonquédec), affectation balancée sciemment, un pavé dans la mare jeté par un tiers vingt ans plus tard…

 

Des déchirures foisonnantes

Soucieux de remédier à cette meurtrissure, Sébastien succombe à nouveau au démon du jeu. Mal lui en prit…car ça ne sera qu’une ribambelle de situations inextricables  au sein desquelles les rôles s’échangent à chaque version réétudiée, seul le protagoniste principal se demandant pourquoi le ciel lui tombe subitement sur la tête. On assiste alors à de fameux chassés-croisés. Le fait de passer systématiquement dans une autre dimension de l’espace-temps occasionne de la confusion mentale. L’imbroglio s’avère hégémonique, le souffre-douleur va de déconvenue en déconvenue, à son corps défendant…Les sentiments amoureux permutent, douleur morale vive, dévorante jalousie, incompréhension, stupéfaction, rancœur, animosité, s’emmêlent les pinceaux, mettant en évidence la faiblesse humaine, au bord de la descente aux enfers. Une histoire de fous ! Personnage central omniprésent, l’étourdissant Guillaume de Tonquédec a incarné un pauvre hère faisant grise mine, dompté par l’adversité avec beaucoup d’à-propos et de justesse. C’est sur sa personne que la tête chercheuse du rire massif se focalisait en permanence, et comme il jouait à merveille…Le public n’a pas mis de côté dans son hommage final les quatre autres comédiens opérationnels, privilégiant la station debout pour ce faire. Et qui pour lui rendre la pareille : le Breton Guillaume de Tonquédec, à la manœuvre pour décocher un ban bourguignon ! Le mérite de ce succès populaire revient également aux auteurs, Patrick Haudecoeur et Gérald Sibleyras, à l’écriture fouillée, et au metteur en scène José Paul.

                                                                                                                

                                                                                                                Michel Poiriault

                                                                                                                [email protected]