Chalon sur Saône

Yves Jamait en porte-étendard des causes défendues par Maxime Le Forestier

Yves Jamait en porte-étendard des causes défendues par Maxime Le Forestier

Ce jeudi 21 mai à Chalon-sur-Saône dans une salle Marcel-Sembat pleine à craquer, le chanteur dijonnais Yves Jamait a révélé au public une autre facette de son talent. Celle qui consiste à se mettre dans la peau d’un autre, mais pas de n’importe quel autre…Du Jamait, sous un angle différent.

Souvenirs chaleureux…

Cela fait des lustres que l’artiste en pince pour l’un de ses homologues, en l’occurrence Maxime Le Forestier, ce dès l’âge de quinze ans, provoquant selon ses propres termes un cataclysme ! Depuis de l’eau a coulé sous les ponts, cependant nulle érosion n’a été à déplorer. Au contraire même, le fait d’être habité par cet idéaliste des temps modernes a donné naissance à un spectacle répondant à l’appellation « Avec Maxime ». Sur la scène chalonnaise le très disert et parfois espiègle Yves Jamait, exhausteur de goût, aura été le partageur des grandes occasions en se faisant le double de l’un de ses maîtres à penser et à chanter. De sa caractéristique voix rauque a-t-il revisité, en compagnie de ses deux excellents guitaristes Jérôme Broyer et Michel Haumont, une partie de la fine fleur du patrimoine de la chanson française. Le panégyrique a été émis, et les valeurs existentielles ont, de par la teneur des textes, remémoré bien de belles et bonnes choses toujours criantes de vérité, reprises en chœur si affinités. Car présentes dans l’imaginaire collectif depuis tellement longtemps ! A l’image de titres intemporels, saillants, comme « Mon frère », « San Francisco », « Né quelque part », «J’ai eu trente ans ». Mais aussi de pas mal d’autres, tels «Le temps des marguerites », «Je ne sais rien faire », «Ça sert à quoi ? »? «Comme un arbre », « Le steak ou « Complainte de ceux qui ont le ventre vide », « Dialogue », « Blues blanc » (dans le cas présent un blues pas piqué des hannetons avec les trois guitares)…Ce large panorama délicatement sculpté n’a laissé personne indifférent, ni mis sur le bord de la touche, les paroles conservant encore leur indiscutable aura et une fraîcheur inaltérable. En un mot comme en cent : ce fut un tsunami de poésie infiltrante et militante au service d’une vision qualitative. La résurgence d’appels au peuple dans un contexte musical de bon aloi. Au moment de l’achèvement ce sont d’ailleurs l’ovation debout et l’inexorable ban bourguignon qui attestèrent de manière flagrante le niveau de satisfaction.

Cedrik Boule le premier à se démarquer

C’était à Chalon la dernière date de la tournée…avant le redémarrage au mois de septembre, puis il sera question d’un nouvel album dont Yves Jamait dit d’ores et déjà le plus grand bien. Histoire de mettre sur orbite le concert dudit chanteur, il y a eu une première partie orchestrée par Cedrik Boule. L’espace d’une poignée de titres aura-t-il fait montre, ce pince-sans-rire, d’un humour solidement inséré et surtout contaminant, les nombreux témoins réagissant au quart de tour. La soirée commençait à prendre ses aises…

                                                                                                    Michel Poiriault 

                                                                                                                      [email protected]