Chalon sur Saône

Arthur Conan Doyle et Jules Verne bras dessus, bras dessous, pour que justice soit faite

Arthur Conan Doyle et Jules Verne bras dessus, bras dessous, pour que justice soit faite

Le tir nourri définitif de la version 2025-2026 des Théâtrales de Chalon-sur-Saône a brûlé ses dernières cartouches ce dimanche de Pentecôte 24 mai à l’Espace des Arts. Et c’est sur une note atypique que tout le monde a pris congé de ces étapes à la stature imposante. En attendant celles à venir à partir du mois d’octobre…

A La recherche de l’auteur d’un homicide

Lors de la saison 2024-2025 le public avait été mis dans le coup d’un polar théâtral, le dimanche 16 mars, ce au moyen de la comédie policière « L’heure des assassins ». Avec Ludovic Laroche comme personnage axial. Bis repetita plus d’un an après, le fougueux et tranchant artiste est revenu aux affaires, la comédie policière, itou. Autres temps, autres mœurs. En cette fin mai ce sont «Les aventuriers de minuit » (une pièce construite par Julien et Florence Lefebvre) qui ont pris le dessus, différents interlocuteurs se renvoyant peu ou prou la balle. C’est à un bond dans le temps que l’assistance a été emmenée de force, à la fin du XIXème siècle plus précisément. De guerre lasse, l’écrivain écossais Arthur Conan Doyle s’apprêtait à rayer de la carte son célèbre détective Sherlock Holmes lorsque, de façon inopinée, une jeune femme requit son assistance car son frère venait d’être, selon elle, indûment capturé, accusé à tort. D’où la mise en branle d’un processus s’appuyant sur un message codé découvert près du corps de la victime découvert dans un lieu maudit. Embarqué dans une aventure haletante, le fin limier Conan Doyle pourra compter sur la participation pleine et entière de…Jules Verne en personne, lui aussi taraudé par un état d’esprit tout d’intrépidité, en partance pour des aventures extravagantes. Heureux comme des larrons en foire, avec cependant une approche quelque peu scientifique. Complémentaire, le tandem ne suivra pas une trajectoire linéaire, c’eût été simpliste ! En revanche, il y a eu pléthore de contrariétés, revers, imprévus, incongruités, des péripéties montées en épingle, en somme un sort contraire apte à glacer le sang auquel la perfidie n’était pas étrangère. Contre toute attente, la résolution de l’énigme buta sur un acceptable qui ne tombait pas sous le sens, une troublante révélation accouchant d’un virage à 180 degrés…

Une mise en scène très énergique au plus près des réalités ad hoc

Elle sort des sentiers battus, cette comédie, grâce à de nombreux  effets spéciaux qui l’ont assimilée à une sorte de film. Les paysages en arrière-plan, fixes ou mouvants, n’arrêtent pas de ponctuer les scènes, grandies grâce à l’intensité (ou pas) des lumières, ainsi qu’au son, le tout avec un dénominateur commun : la véracité servie sur un plateau. Discret et sur la retenue durant la prestation intrigante, le public se libéra totalement à son terme de l’emprise machiavélique, félicitant chaudement et longuement debout les comédiens(ennes). Loin d’être à bout de souffle, Ludovic Laroche réclama même le ban bourguignon, auquel souscrivirent sans réserve les spectateurs.trices. A toutes fins utiles, la pièce sera jouée dans la capitale au Studio Marigny de la mi-septembre 2026 au mois de janvier 2027, avant de repartir en tournée. ..

                                                                                                                             Michel Poiriault

                                                                                                                             [email protected]