Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - 2,60 g d’alcool dans le sang... il tombe d’un scooter

Depuis le 3 avril 2017, Frédéric, un trentenaire de la région chalonnaise, n’avait plus l’autorisation de conduire, son permis ayant été annulé sur décision du tribunal correctionnel de Chalon. Et pourtant il continuait à le faire, comme ce 3 janvier 2018 à Saint-Marcel, où, au guidon d’un scooter que lui avait prêté son père, il est tombé sur la chaussée.

 Ivre-mort. « On ne m’a jamais dit que c’était pour tous les véhicules » a osé prétendre Frédéric, qui était jugé à nouveau par le tribunal correctionnel de Chalon ce jeudi après-midi dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate.
Dans l’après-midi du 3 janvier 2018, alors qu’il avait ingurgité pas mal de bières et quelques verres de whisky bien tassés, Frédéric a eu l’idée de se rendre en scooter, depuis Saint-Marcel où il habite, au centre hospitalier William-Morey de Chalon... Et ce qui devait arriver est arrivé. Au bout d’à peine deux kilomètres, ayant visiblement du mal à garder son équilibre, il a perdu le contrôle du guidon du scooter et s’est retrouvé à terre. Heureusement sans trop de dommages. Effectué quelques instants plus tard par les policiers chalonnais, un dépistage de l’alcoolémie allait révéler un taux de 1,30 mg par litre d’air expiré. « On ne doit pas être loin du coma éthylique » a souligné Me Julien Marceau, son défenseur.
Comme l’a rappelé la présidente Catherine Grosjean, le prévenu, quand il s’ennuie et qu’il ne va pas bien, se réfugie dans l’alcool. Dans le cadre d’une mise à l’épreuve, suite à une condamnation en date du 22 juin 2015, il est suivi par le SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) de Chalon pour son addiction à l’alcool et pour ses problèmes de dépression. Mais les résultats tardent à venir...


« Il ne tire pas les leçons »


« Tout a été tenté ou presque. » a estimé le vice-procureur Charles Prost, qui occupait le siège du ministère public. « Mais Monsieur n’a toujours pas compris le sens de ses précédentes condamnations. Il ne tire pas les leçons nécessaires qui le mèneraient à l’abstinence. » « Le temps de l’avertissement est passé. » a affirmé le magistrat du parquet, qui a réclamé une peine de 12 mois de prison, avec placement en détention, et l’annulation du permis de conduire avec interdiction de le repasser dans un délai de 2 ans.
« Le hasard fait que j’ai déjà assuré la défense du prévenu » a fait remarquer Me Marceau. « La dernière fois j’avais plaidé avec l’espoir de ne pas le revoir ici, avec l’espoir qu’il se sorte de cette maladie qu’est la dépression ». Avant de poursuivre « On sait pourquoi il boit, pourquoi il noie cette mélancolie, cette noirceur ».  Me Marceau s’est aussi interrogé « Que peut-on faire ? ». Et d’essayer de trouver une solution. «  Vous allez peut-être taper sur le crâne de Monsieur mais est-ce que ce sera efficace. Mon client est quelqu’un qui a besoin d’être cadré. Un aménagement en milieu ouvert me semble approprié ».


Une contrainte pénale de 3 ans


Le Tribunal a plus suivi la plaidoirie de la défense que les réquisitions du parquet en infligeant à Frédéric, à titre principal, une contrainte pénale d’une durée de 3 ans notamment avec une obligation de suivre des soins. En outre le Tribunal a annulé son permis de conduire avec interdiction de le repasser dans un délai de 2 ans. « Vous êtes un véritable danger pour vous et pour les autres. Vous avez le droit de ne rien conduire » a prévenu la présidente Catherine Grosjean. Durant 3 ans Frédéric a une épée de Damoclès sur la tête : s’il ne respecte pas complètement la contrainte pénale, il devra effectuer une peine de 15 mois de prison.

Gabriel-Henri THEULOT

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