Saône et Loire
Lecornu, Durain à la tête de la région, situation de la France... et vie locale. Frédéric Bouchet, maire de Louhans se livre à info-chalon.com
Par Colette PETITJEAN
Publié le 17 Septembre 2025 à 08h10
Dans une précédente interview, vous avez affirmé « être au travail jusqu'au dernier jour de votre mandat » Pouvez-vous nous indiquer vos priorités jusqu'aux municipales de 2026 ?
a) travaux en cours : bien sûr, les travaux de fonctionnement et d'entretien, avec des grands chantiers déjà connus :
la rénovation complète du cinéma de Louhans,
la salle polyvalente de Chateaurenaud transformée en salle de spectacle type « Boeuf sur le Toit » à Lons-le-Saunier,
l'aménagement complet de la rue du Jura (piste cyclable, élargissement des trottoirs, cheminement doux avec végétalisation) pour une entrée de ville de Louhans agréable, pratique et esthétique depuis la Beurrerie jusqu'au centre-ville.
Avec l'enfouissement total des réseaux en 2025-2026, et réalisation d'une bande de roulement avec le département 71.
Pour le cinéma, c'est 3 salles avec un maximum de confort pour les spectateurs et un choix de films commerciaux, d'art et d'essai et destinés aux enfants et à la jeunesse. Actuellement, nous en sommes à l'esquisse et au chiffrage des travaux.
A chateaurenaud, rénovation profonde nécessaire de la salle polyvalente, avec du mobilier type « Boeuf sur le toit », permettant plus de spectacles : gradins avec 400 places assises et 900 debout.
Parc du Breuil : ancien parking en centre-ville (vers la passerelle) avec un enjeu de cet espace pour demain : sa transformation en plaine de jeux pour les famille.
b) tous ces travaux ne pourrons pas être réalisés avant les Municipales de 2026, mais d'ores et déjà, nous prévoyons leur financement après les Municipales de 2026 tout en maintenant notre équilibre financier : en début de 1er mandat (2014) nous avions 7;5 millions d'emprunt, pendant le 1er mandant 9 millions d'euros investis, et fin 2025, 15 millions investis au cours de ce 2è mandat.
Le tout sans augmenter la fiscalité municipale, ni nos tarifs municipaux depuis 2017, avec des impôts locaux qui n'ont pas bougé depuis 2014. Mais on continue toujours à chercher des pistes d'économie en réorganisant et mutualisant au maximum, exemple : c'est notre même cantine centrale et municipale qui prépare en interne tous les repas des seniors, cantines, centre de loisirs.
Selon une étude de l'observatoire de la démocratie de proximité AMF-Cevipof/SciencesPo, il n'y a jamais eu autant de maires démissionnaires depuis 2020, avec des démissions multipliées par 4 par rapport à la période 2008-2014, et pour 1ère cause de renoncement, les tensions au sein des conseils municipaux. Qu'en est-il à LOUHANS ?
S'il y a eu des moments de tension avec l'opposition en début de mandat, il y en a beaucoup moins maintenant avec une opposition plus constructive avec qui on peut discuter. Il y avait aussi des grosses tensions avec mes concitoyens avant mon arrivée, mais elles se sont aussi apaisées, il n'y a pas d'incivilité à mon encontre, pas de violence, mes concitoyens restent respectueux car je veille à avoir un contact direct, permanent et sans formalisme avec eux L'idée d'une démission ne m'a jamais effleurée, car, pour un marathonien comme moi, démissionner c'est une forme d'abandon et le signe de l'échec, contraire à l'esprit même du marathon.
Vous êtes Maire depuis 2014, qu'est-ce qui a changé depuis votre 1ère élection ?
Cette expérience m'a tout appris et j'apprends encore, c'est très enrichissant, on découvre des milieux que je ne connaissais pas avant d'être élu. J'ai aussi appris à ne pas opposer secteur public et secteur privé car ce sont tous des travailleurs dévoués et consciencieux, chacun à sa tâche et dans sa spécialité : ex. la propreté de la ville avant et après chaque manifestation, des espaces verts pour le personnel municipal.
J'ai aussi découvert la complexité de l'administration et des contraintes de l'Etat : la gestion de l'argent d'une entreprise privée oblige à pourvoir à toutes les dépenses contraintes sans pouvoir prévoir ses recettes, tandis qu'avec les budgets publics, on sait à l'avance en début d'année, les dotations disponibles, même si elles sont en baisse actuellement (- 600 000 euros pour Louhans). On appréhende mieux l'avenir, même si l'Etat complexifie volontairement les règles pour ne pas avoir à distribuer toutes les dotations, fixant des conditions impossibles à remplir pour les collectivités.
En tant qu'élu local, que pensez-vous de la situation actuelle de la France ?
En tant qu'élu local, on s'adapte à ce que l'on nous impose dans nos collectivités depuis Paris, que ce soit des contraintes environnementales – très mal perçues par les professionnels et les particuliers -, ex. le DPE (diagnostic des bâtiments) inadaptés aux bâtis anciens (comme à Louhans) et surtout avec une violence dans la décision et des délais beaucoup trop courts pour s'y adapter : ex. voitures électriques, normes diverses et variées, sans tenir aucun compte des particularités et des situations locales, et surtout, sans aucune étude d'impact ni en amont (lors de la construction législative) ni en aval (après la mise en application de la législation) comme cela existe ailleurs. Avec des conséquences économiques bien concrètes : destruction de valeur avec un secteur automobile « à la ramasse », idem pour l'agriculture, le bâtiment et l'industrie en général, et in fine, l'appauvrissement général du pays et de ses habitants.
Etant un « homme de dossiers », je suis détaché de la politique politicienne, et je ne donne mon avis que lorsque j'ai la main.
Cela dit, je constate quand même qu'il existe dans le pays, un large consensus confirmé par des sondages réguliers, jour après jour, traversant toutes les sensibilités politiques sur des sujets touchant de près le quotidien des gens : ex. l'AME (aide médicale d'Etat) attribuée à tout étranger régulier ou non, alors que les Français renoncent aux soins par manque de moyens, l'immigration avec quotats obligatoires pour ne plus subir des arrivées massives et incontrôlées d'étrangers, (85 % des Français y sont favorables). En France, actuellement, ce sont les minorités agissantes à l'Assemblée Nationale qui nous gouvernent, sans tenir aucun compte des volontés majoritaires du peuple français. Ou subit la tyrannie d'une minorité d'élus « hors-sol » mus par des idéologies contraires à la volonté populaire, alors que l'on devrait écouter la population car on est élu au service des gens, pour améliorer leurs conditions et cadre de vie.
Sébastien Lecornu a réservé son 1er déplacement en province à la Saône-et-Loire et son intervention aux seuls problèmes médicaux en promettant de créer 5 000 maisons France-Santé à l'image des maisons France-Service. Pensez-vous cette promesse réalisable d'ici la fin du quinquennat de E. MACRON ?
S. Lecornu a salué la démarche d'André Accary, (illégale à l'époque, ndlr), décidant d'embaucher contre vents et marées, des médecins salariés pour palier à la désertification médicale en 71. Il a cherché (et trouvé) une solution courageuse à ce problème. A Louhans, j'ai participé à la négociation entre la Sécurité sociale, les médecins libéraux, etc...lors de la création de la maison médicale. S. LECORNY a salué cette démarche de « rupture » faite en bousculant les habitudes de travail et les contraintes réglementaires. Reste à savoir si cette « rupture » n'est que provisoire ou si c'est une « ouverture » vers un moindre carcan administratif, en privilégiant les bonnes initiatives au-delà de toute idéologie : quand une idée est bonne, il faut la prendre, d'où qu'elle vienne. Le 71 a été le laboratoire et le berceau des maisons de santé, cela ne règle pas tous les problèmes mais cela permet de bénéficier de soins médicaux de proximité, car on ne peut pas imposer aux médecins libéraux, de s'installer là où on en a le plus besoin, d'autant que la démographie médicale suit la tendance générale, avec de plus en plus de médecins libéraux qui prennent leur retraite et ne sont pas remplacés. Quant à savoir si cette promesse sera tenue, on verra, comme l'on dit en Bresse, « c'est à la fin de la foire que l'on compte les bouses »... !
A la suite de la démission de M.G. DUFAY, c'est le sénateur socialiste Jérôme DURAIN qui la remplace à la tête de la région Bourgogne-Franche-Comté. Il avait été élu « sénateur de l'année 2024 » par le « trombinoscope » (article www.info-chalon.com, « Jérôme DURAIN, de 1er « FED » à Sénateur de l'année »), pour sa lutte contre le narco-trafic, loi votée à l'unanimité des assemblées. Les Maires saluent son élection et les 8 Associations de Maires de Bourgogne-Franche-Comté ont signé une proposition de rencontre rapide avec le nouveau Président. Avez-vous déjà une date et surtout qu'en attendez-vous ?
Non, pas de date pour l'instant. J'ai d'excellentes relations avec les 3 sénateurs 71 (Marie Mercier, LR, Jérôme Durain PS et Fabien Genet, LR, ndlr) avec qui j'ai travaillé sur les dossiers. Je suis satisfait car c'est maintenant un Bressan qui est à la tête de la région, cela contribuera à nous rapprocher davantage, avec plus de bienveillance envers les Bressans. Même si j'ai pu travailler efficacement avec Michel Neugnot (1er Vice-Président PS Région BFC, ndlr), sur des dossiers comme la médiathèque de Louhans.
La région est un soutien important pour les collectivités et l'économie des entreprises. Il faut reprendre la région en mains pour dégager des marges de manœuvre, alléger les réglementations, pour que les subventions répondent au plus près des besoins , avec des objectifs atteignables, en particulier dans 3 grands domaines : l'agriculture, la santé, les collectivités territoriales. On attend le nouveau Président sur ces 3 sujets très importants. Propos recueillis par Colette PETITJEAN
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