Chalon sur Saône

Chalon-sur-Saône rend hommage aux Harkis et aux formations supplétives

Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI

Publié le 25 Septembre 2025 à 14h30

Chalon-sur-Saône rend hommage aux Harkis et aux formations supplétives

Ce jeudi matin, Chalon-sur-Saône a rendu un vibrant hommage aux Harkis et aux personnels des formations supplétives lors d'une cérémonie au Monument aux Morts. Plus de détails avec Info Chalon.

Jeudi 25 septembre, Chalon-sur-Saône a marqué la Journée nationale d'hommage aux Harkis, aux Moghzanis et aux personnels des formations supplétives. La cérémonie, qui s'est tenue à 9 heures au Monument aux Morts, sur l'Esplanade de la Légion d'Honneur, a rassemblé élus, anciens combattants et associations.

Étaient présents, Olivier Tainturier, le sous-préfet de l'arrondissement de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, le maire de Chalon-sur-Saône, Francine Chopard, conseillère régionale représentant Jérôme Durain, le président du Conseil régional  de Bourgogne Franche-Comté, ainsi que l'ingénieur en chef de 1ère classe Nicolas Weimer, commandant de la Base Pétrolière Interarmées et de la place de Chalon-sur-Saône.

Les porte-drapeaux, coordonnés par Marcel Landré, le vice-président de l'Union Nationale des Parachutistes (UNP), ont participé à ce moment solennel, lui conférant le cachet digne d'une telle cérémonie d'hommage.

Cette journée rappelle l'importance de préserver la mémoire et de rendre hommage à ceux qui ont servi la France dans des circonstances difficiles, et souligne l'engagement de la Ville et de ses institutions pour honorer leur courage.

Les Harkis étaient des Musulmans d'Algérie ayant servi comme supplétifs de l'armée française pendant la guerre d’Algérie (1954‑1962). Engagés aux côtés de l'armée française, ils ont participé à des missions de reconnaissance, de protection des villages et de lutte contre le FLN. Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, de nombreux Harkis ont été abandonnés par la France et ont subi représailles, massacres ou expulsions. Ceux qui ont pu rejoindre la métropole ont souvent vécu dans des camps de transit, des hameaux de forestage et conditions précaires, marquant durablement leur mémoire et celle de leurs familles.

Concernant les massacres, les estimations varient, mais on estime qu'entre 50 000 et 150 000 Harkis et membres de leurs familles ont été tués par le FLN ou des milices populaires, souvent dans des conditions atroces. Concernant le rapatriement, environ 66 000 Harkis et leurs familles sont arrivés en France entre juin et septembre 1962, selon le Service central des rapatriés. Au total, entre 80 000 et 90 000 Harkis et leurs proches se sont installés en métropole entre 1962 et 1967.

La cérémonie a débuté par l'accueil des autorités, suivi du Chant des Africains. Le sous-préfet a ensuite lu le message de Patricia Miralles, ministre déléguée auprès du ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des anciens combattants. 

«Célébrer les Harkis et les autres membres de formations supplétives, c'est admirer un engagement, honorer un destin et reconnaître une dette», dira entre autres le sous-préfet, «ceux qui parviennent à poser le pied sur le sol de ce pays pour lequel ils ont combattu sont seuls, parfois accompagnés de leurs familles. Sous le choc d'une vie qui bascule, ils sont accueillis avec méfiance, circonspection ou suspicion, sans considération pour l'immensité des sacrifices qui furent les leurs».

«La mémoire des Harkis est un hommage à la meilleure part de la France. Elle doit être valorisée, cultivée, diffusée. Plus que tout, elle doit être respectée», prévient ce dernier.

Les participants ont ensuite assisté au dépôt des gerbes commémoratives, à la sonnerie aux Morts, à une minute de silence et ont entonné l'hymne national, avant le salut aux porte-drapeaux et l'honneur rendu aux autorités. La cérémonie s'est conclue par le départ du cortège des porte-drapeaux.

Cette édition était également particulière : c'était la dernière cérémonie à laquelle assistait Anh Desgeorges en tant que directrice adjointe de la Police municipale de Chalon-sur-Saône. Elle remplacera en tant que coordinatrice CLSPD Audrey Lamoureux, désormais directrice adjointe du développement économique, enseignement supérieur, emploi et numérique du Grand Chalon.

Après la cérémonie, les participants ont été invités à partager un café au salon d'honneur de l'hôtel de ville, moment convivial pour prolonger le souvenir et les échanges.

Cette journée nationale rappelle l'importance de préserver la mémoire et de rendre hommage à ceux qui ont servi la France dans des circonstances difficiles, tout en soulignant l'engagement des institutions locales pour honorer leur courage et leur dévouement.

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati