MATIGNON - Lecornu revient par la fenêtre...

MATIGNON - Lecornu revient par la fenêtre...

Démonstration est faite que les marges de manoeuvre sont réduites à peau de chagrin. Personne ne souhaitant endosser la responsabilité du fiasco annoncé.

C'est la débandade absolue ! Si officiellement, le chef de l'Etat et l'ex-nouveau 1er Ministre ont communiqué sur leurs volontés d'écarter tout candidat à la présidentielle de 2027 au sein du futur gouvernement, c'est surtout qu'ils ont tous pris la fuite afin de ne pas endosser une part de responsabilité dans le fiasco qui se joue sous nos yeux.

Emmanuel Macron pris  à son propre piège 

Rappelez-vous, Emmanuel Macron se plaçait au-dessus de la mêlée, dans son élan Jupitérien, au-dessus de tous les corps constitués et surtout au-dessus de tous les partis, comme une incarnation susceptible de fédérer la Nation autour de sa personne. La suite on l'a connait et elle nous navre quotidiennement. En explosant la classe politique, le Président de la République n'a fait que cliver et surtout radicaliser toujours un peu plus la politique, au point de se retrouver bien seul. La fameuse politique du "en-même temps", à négocier un bout de gras à droite et un autre à gauche, est tombée comme un cheveu sur la soupe. 

Le mandat de trop ? 

L'orgueil politique, pousse souvent et même très souvent, les élus à considérer qu'ils sont les seuls à connaître le chemin, aussi escarpé soit-il, pour nous porter vers de nouveaux destins. Un orgueil, les poussant, à s'accrocher à leurs rochers, comme ces mauvaises huitres que plus personne ne souhaite goûter. D'autres, considèrent qu'il faut s'extraire des partis, pour se placer au-dessus de la mêlée, comme un grand chef tutélaire, presque à prôner l'instauration d'un régime autoritaire en toute discrétion, et l'Histoire est là pour nous rappeler la suite.

Quoiqu'il en soit, celles et ceux qui font la loi, ce sont les députés, et cette crise politique est venue à rappeler à chacun, qu'on ne peut jouer impunément sans se prendre à un moment, un coup de bâton. La démocratie parlementaire reste celle du compromis, du débat, de la négociation pour arriver à des textes législatifs votés par une majorité plurielle. En portant à l'Assemblée Nationale des individus toujours plus radicalisés à droite comme à gauche, la haine de l'autre ne fait que s'envenimer au point de bloquer tout le système, et là est sans doute, la responsabilité de l'électeur.

En nommant de nouveau Sébastien Lecornu, à Matignon, démonstration est faite qu'Emmanuel Macron est cornerisé. De là, à imaginer un corner gagnant de dernière minute, nous ne sommes pas prêts à prendre les paris. Quant à savoir si la France a du temps à perdre à ce petit jeu, dans un contexte géopolitique mondial qui ne nous attend pas, nous avons tous un bout de la réponse. 

Laurent GUILLAUMÉ