Société

Les plantes peuvent-elles dépolluer nos intérieurs ?

Les plantes peuvent-elles dépolluer nos intérieurs ?

Véritable enjeu de santé publique, la pollution intérieure est davantage nuisible que celle de l'extérieur. Pour respirer un air plus sain chaque jour à la maison, certains croient dur comme fer aux vertus épuratives des plantes. Mais qu'en est-il vraiment ?

 Trafic routier, chauffage, fumée tabac, matériaux de construction, peintures, ameublement, bougies et encens ou encore diffuseurs, les sources de pollution intérieure sont nombreuses, si bien que l'air de nos maisons est bien plus pollué que celui que nous respirons à l'extérieur. S'il est conseillé de faire circuler l'air chez soi (VMC, bouches d'aération), et d'aérer au moins 10 minutes par jour son logement (de préférence le matin ou le soir), les végétaux peuvent-ils nous aider à respirer un air plus sain ? Cette théorie des plantes dépolluantes ne fait pas l'objet d'un consensus scientifique – l'Agence de la transition écologique (Ademe) par exemple ne la valide pas –, mais de plus en plus d'études sur le sujet tendent à montrer l'efficacité (certes relative) des plantes pour purifier l'air intérieur. Info-chalon.com fait le point.


COMMENT ÇA MARCHE ?
L'expression « plante dépolluante » désigne des végétaux d'intérieur supposés capables de réduire la concentration de certains polluants volatils présents dans l'air ambiant, tels que le formaldéhyde, le benzène, le monoxyde carbone ou encore le toluène. Les feuilles absorberaient en effet les gaz et les particules via leurs stomates ou leur cuticule. Les racines et les micro-organismes contenus dans le sol participeraient aussi à la dégradation ou au stockage de ces polluants. Résultat, les plantes seraient des alliées toutes trouvées pour améliorer la qualité et l'humidité de l'air.


L'AVIS DES SCIENTIFIQUES
Lancé par l'Agence de la transition écologique et les conseils régionaux Nord-Pas-de-Calais et des Pays de la Loire, le programme Phyt'air s'est intéressé aux supposées qualités épuratives des plantes d'intérieur dans les logements, les bureaux et les espaces clos. Résultat, l'Ademe conclut qu' « en laboratoire, en enceintes contrôlées, des plantes peuvent présenter une capacité à absorber certains polluants gazeux. Cette capacité peut être influencée par différents paramètres physiques et/ou biologiques. Dans les bâtiments, en conditions réelles d'exposition, l'efficacité d'épuration de l'air par les plantes seules est inférieure à l'effet du taux de renouvellement de l'air sur les concentrations de polluants. Autrement dit, l'aération et la ventilation restent bien plus efficaces que l'épuration par les plantes ». Par conséquent, en matière d'amélioration de la qualité de l'air intérieur, la priorité reste la prévention et la limitation des sources de pollution.


DES PLANTES TRIÉES SUR LE VOLET
Néanmoins, si vous souhaitez tenter l'expérience, certaines plantes seront plus efficaces que d'autres, mais attention, chacune a sa propre spécificité ! Par exemple, le Spathiphyllumabsorbe davantage le formaldéhyde et le benzène que les autres composés organiques volatils (COV), tandis que la fougère de Boston et le phoenix sont plus indiqués contre le formaldéhyde et le xylène. Quant aux dragonnier de Madagascar et Chlorophytum comosum, ils sont les plus efficaces et les plus généralistes. Ces deux plantes vertes auraient en effet une action dépolluante sur au moins 5 COV.


M.K