Saône et Loire

Quel enseignement voulons-nous pour nos élèves ? Des syndicats enseignants mènent une action auprès de la DSDEN pour améliorer les conditions de l’éducation.

Quel enseignement voulons-nous pour nos élèves ? Des syndicats enseignants mènent une action auprès de la DSDEN pour améliorer les conditions de l’éducation.

Les syndicats SNES-FSU et CGT Educ'action 71, représentatifs des personnel.les de l'éducation nationale, avec la participation active des enseigant.es, ont décidé de mener une action collective inédite cette année...

... en proposant à leur supérieure hiérarchique, Mme Pierre, DASEN de Saône-et-Loire, de prendre connaissance des dotations financières et matérielles dont les équipes pédagogiques des collèges du 71 ont besoin pour la rentrée 2026. Les moyens ont été évalués par les acteurices de terrain, conscient.es des enjeux nationaux autour de l'éducation, contestant les baisses budgétaires incessantes de ces dernières années. 

 

 

Chaque année, au mois de janvier, la DSDEN 71 (les services de l’éducation nationale en Saône-et-Loire), attribue aux établissements un nombre d’heures d’enseignement (appelé DHG).

Cette enveloppe est en baisse constante depuis de nombreuses années dans tous les collèges, la DSDEN justifiant cette diminution par une baisse démographique. Or, le nombre d’heures diminue beaucoup plus vite que le nombre d’élèves… Cela a des conséquences catastrophiques pour les apprentissages : moins d’heures attribuées signifie moins d’options (latin), moins de langues vivantes (allemand, italien), moins d’aide aux devoirs, moins de dédoublements de classes et surtout des classes de plus en plus surchargées (jusqu’à 32 élèves par classe en collège).

Pour lutter contre cela, les équipes pédagogiques sont contraintes chaque année de demander des moyens supplémentaires, en adressant une demande d’audience à Mme Pierre, DASEN (= directrice académique des services de l’éducation nationale) de Saône-et-Loire. Pour rien ! Chaque année, elle leur répond qu’elle ne peut donner suite à leurs demandes, que l’enveloppe dont elle dispose pour l’ensemble des établissements du 71 est vide.

Refusant de subir des décisions prises loin du terrain, refusant de choisir entre la possibilité d’offrir à leurs élèves de l’allemand ou du latin, du travail en petit groupe ou des heure d’aide aux devoirs, les équipes éducatives de plusieurs collèges du département ont engagé une démarche inédite : elles ont collectivement analysé leurs besoins réels pour la rentrée 2026 (nombre de classes, effectifs par division, postes nécessaires, conditions pédagogiques) et les ont formalisés par écrit. Ces besoins ont été transmis à l’administration et centralisés afin d’être rendus publics. Si ces derniers ont fait remonter leurs moyens propres, ils ont cependant demandé à être reçus collectivement afin d’éviter l’écueil habituel, à savoir : un établissement va quémander des moyens pour lui-même et rien que pour lui (sans les obtenir la plupart du temps). Et le couperet tombe : « si nous vous donnons des moyens supplémentaires, c’est le collège voisin qui ne pourra pas en bénéficier ». Comme si c’était à nos élèves et aux équipes pédagogiques de supporter les défaillances institutionnelles …

Actuellement, Mme Pierre a accepté de recevoir les établissements, mais un par un. Ces derniers refusent et exigent d’être reçus tous ensemble puisqu’il s’agit bien d’une démarchecollective et d’un refus catégorique de cette mise en concurrence déloyale, les mettant chaque année en concurrence au sein d’un même territoire.

Cette initiative vise à rappeler une évidence trop souvent oubliée : ce sont celles et ceux qui travaillent chaque jour dans les établissements qui connaissent le mieux la réalité des élèves et les exigences du service public d’éducation. Les moyens inégaux répartis entre les collèges ne sont qu’une source d’iniquité et d’injustice. Et qui sont les premières victimes ? Nos élèves, dont l’accès aux savoirs est de plus en plus compromis par des coupes budgétaires incessantes.

Et c’est bien parce que les enseignant.es du 71 ne peuvent supporter cette situation qu’ils et elles sont décidé.es à se mobiliser afin de défendre un service public d’éducation audacieux et engagé.