Election municipale
Municipales 2026 : Chalon en Commun dévoile un programme dense et offensif
Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI
Publié le 24 Janvier 2026 à 12h30
Un projet qui se veut une alternative politique assumée, fondée sur la justice sociale et la démocratie participative. Plus de détails avec Info Chalon.
Vendredi 23 janvier 2026, près de 150 personnes se sont réunies à la Maison des Syndicats pour assister à la présentation du programme de Chalon en Commun, en vue des élections municipales des 15 et 22 mars prochains.
Une soirée politique structurante, au cours de laquelle la tête de liste, Clément Mugnier, et plusieurs colistiers ont détaillé leur vision pour Chalon-sur-Saône.
Un hommage appuyé à Nathalie Leblanc
La soirée a débuté par une pensée pour Nathalie Leblanc, conseillère municipale et régionale, décédée le 12 juillet 2024 à l'âge de 57 ans, des suites d'un cancer.
«Son engagement, ses convictions et son attachement profond à Chalon nous obligent», a déclaré Clément Mugnier.
«Je prends le relais avec humilité et détermination», a-t-il ajouté, sous les applaudissements de la salle.
«Douze ans de retard, douze ans de fractures»
Revenant sur son parcours, le candidat affirme s'être engagé «non par ambition personnelle, mais par conviction sincère», dénonçant douze années de fractures, de divisions et de gouvernance brutale à Chalon-sur-Saône.
Un constat qu'il appuie par des chiffres et un inventaire critique de la gestion municipale.
Il évoque également l'élection législative partielle, où près de 19 % des électeurs chalonnais lui avaient accordé leur confiance : «Ce n'était pas une fin en soi, mais un signal», celui d'une alternative crédible face à un système verrouillé.
Une union revendiquée pour battre Gilles Platret
Moment fort du discours : l'évocation de l'Appel des 71, présenté comme un tournant politique local.
Clément Mugnier parle d'une «dynamique rare» à gauche, appelant à «tourner le dos aux querelles d'egos».
Il assume un positionnement clair : «Chalon en Commun est la seule union crédible et sérieuse pour battre Gilles Platret», martèle-t-il, évoquant un rassemblement de la gauche, des écologistes, des humanistes et des progressistes.
Redonner la démocratie «partout»
Au cœur du projet, la démocratie participative.
«Redonner de la démocratie partout, dans tous les espaces», résume le candidat, annonçant la participation directe des habitants au budget de la Ville.
Conseils de quartier dotés de moyens, conseils d'enfants et de jeunes, forums citoyens réguliers : «La participation sans pouvoir de décision n'est qu'un décor», insiste-t-il.
Écoles, cantines, services publics : des colistiers très offensifs
Tour à tour, plusieurs colistiers ont pris la parole.
Des écoles «laissées à l'abandon»
Jean-Michel De Almeida, en charge des questions scolaires avec Marie Duchaussin, dresse un constat sévère.
Il cite plusieurs établissements dégradés, évoquant notamment l'école Saint-Exupéry, dont les locaux «ne peuvent décemment accueillir des enfants».
«Il y a eu des promesses alors qu'il y a urgence», déplore-t-il.
«Aucune rénovation d'envergure», regrette le colistier.
«Trop de familles se sentent délaissées», ajoute-t-il, estimant que la Ville a préféré «un passé mythifié à l'avenir de nos enfants».
Il propose un plan massif et ambitieux de rénovation des écoles.
«Pas de rustine !», prévient ce dernier.
Cantines scolaires : «une faute morale et politique»
Béranger Perrier a, lui, axé son intervention sur les services publics, notamment les cantines scolaires.
«La qualité des cantines de notre ville n'est pas à la hauteur», affirme-t-il, dénonçant une «faute morale et politique».
Il propose un audit complet et se montre ferme à l'égard du prestataire : «Si rien n'est fait, nous dénoncerons le contrat avec la SOGERES», voire le rompre.
Objectif affiché : 75 % de produits locaux d'ici 2032-2033, «une question d'égalité et de justice sociale».
Il annonce également un kit de fournitures scolaires gratuit pour chaque élève dès septembre 2026, afin de «limiter les inégalités», et affirme vouloir faire de l'inclusion du handicap une priorité : «Une ville juste est une ville qui n'exclut personne».
Commerce, université, jeunesse : «donner un avenir à Chalon»
Revitaliser le centre-ville
Alain Rousselot-Pailley évoque une «ville à bâtir et innovante», pointant le nombre élevé de locaux commerciaux vides en centre-ville.
Il propose un plan de réinvestissement, l'encadrement des baux commerciaux et la création d'un fonds de soutien local.
«C'est aussi l'économie de tout un territoire».
Un véritable campus universitaire
Faute d'offre universitaire suffisante, «nos jeunes partent de Chalon», constate-t-il.
Il propose une offre universitaire renforcée en créant un véritable campus, en partenariat avec l'Université de Bourgogne et le Centre hospitalier William Morey, avec logements, restauration à tarifs modérés et vie associative.
«Les jeunes d'ici doivent pouvoir choisir leur avenir sans partir», insiste ce dernier avant d'ajouter que «nous avons toutes les cartes pour faire de Chalon-sur-Saône un territoire universitaire».
Sport, culture, écologie : des ambitions affichées
Le sport «maltraité» à Chalon-sur-Saône ?
Thomas Bonnot-Cauvin dénonce un sport «maltraité et instrumentalisé».
«Quand le sport va bien à Chalon, c'est notre ville qui rayonne», affirme-t-il.
Il propose un plan sport dans tous les quartiers, la relance de l'activité autour de la Saône, et une programmation lisible et sérieuse.
«De l'action plutôt que de la communication», ajoute ce dernier, parlant d'«une question de responsabilité politique».
Culture : «image ou mirage ?»
Ancien directeur de LaPéniche, Bruno Alvergnat a défendu une culture accessible à tous.
Il rappelle l'épisode du «gauffrier», symbole de la baisse des subventions associatives en 2015, qualifiée de «solution puérile».
«Nous ne baisserons plus les subventions aux associations», promet-il.
Il plaide pour investir dans le bâti existant, le retour du Bibliobus.
«Chalon, ville de l'image… Certains confondent image et mirage», ironise ce dernier.
Il souhaite mieux valoriser le riche fonds photographique de la ville, renforcer Chalon dans la Rue, et rénover le site de L'Abattoir, aujourd'hui «oublié».
Une ville plus verte et à hauteur d'enfants
Estelle Portrat a détaillé un plan de végétalisation, la désimperméabilisation du centre-ville, et un projet de Saône comme lien entre tous les quartiers.
Elle défend une ville à hauteur d'enfants, avec abords d'écoles apaisés, conseil des enfants renforcé, plan vélo ambitieux, et transports publics élargis, notamment le soir.
Finances, sécurité, logement : une rupture revendiquée
Clément Mugnier conclut par un inventaire chiffré de la gestion municipale avec une dette de 86 millions d'euros, soit 1872 euros par habitant, et une capacité de désendettement de 16,7 ans, jugée excessive.
Il dénonce également 630 000 euros de frais de réception en 2024, tandis que les investissements reculent de 6,5 millions d'euros entre 2022 et 2024.
«Gilles Platret a bradé les bijoux de famille», accuse-t-il, proposant une politique budgétaire rigoureuse et «être maire au quotidien».
Il s'oppose au projet de super commissariat à l'ancien site de la Banque de France, préférant une maison de santé pluridisciplinaire, et critique une obsession sécuritaire inefficace, citant le poste de police des Prés Saint-Jean.
Il propose une police municipale réorganisée autour de la prévention et de la médiation, et la création d'un poste clairement identifié d'adjoint au maire chargé de la vie quotidienne.
Une ville «qui prend soin de tous»
Logement, amélioration du cadre de vie des habitants des quartiers prioritaires de la Ville (QPV), création d'un EHPAD public, inclusion, tout y passe.
«Une ville juste est une ville qui prend soin de tous», conclut-il, avant une formule qui marque la soirée : «"Maire" est l'anagramme du verbe "Aimer"».
Un projet fondé sur «des choix simples mais exigeants», et le refus de la brutalité du débat public.
De l'école à la santé, du sport à la culture, des finances municipales à la démocratie locale, Chalon en Commun revendique un projet global et cohérent, ancré dans le quotidien des habitants.
Face à une majorité sortante vivement critiquée, Clément Mugnier et ses colistiers assument une campagne de rupture, fondée sur la participation citoyenne, la justice sociale et le refus des effets d'annonce.
«Gagnons ensemble», répète le candidat, convaincu que l'avenir de Chalon-sur-Saône se jouera autant dans les urnes que dans la capacité à recréer du lien et de la confiance entre les Chalonnaises et les Chalonnais.
Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati
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