Société

Portrait robot d’un électeur selon Lamartine

Portrait robot d’un électeur selon Lamartine

 Si Lamartine était un grand poête romantique, on oublie souvent qu’il fut aussi un homme politique important engagé dans des dossiers très lourds et essentiels tels que l’abolition de la peine de mort, celle de l’esclavage et le suffrage universel.
Universel certes, mais pas pour tout le monde.
En effet, outre les femmes qui n’étaient pas encore concernées, Lamartine publie dans son journal « le conseiller du peuple » vers 1850 une définition assez restrictive de cette universalité
« Ainsi la loi électorale a renoncé à exclure aucune classe de citoyens riches ou pauvres du droit personnel de concourir à la souveraineté et à la direction de la société dont tout homme est membre.
MAIS, elle a le droit de demander à tout homme qui se présente pour exercer ce droit : êtes vous homme dans toute l’étendue et toute la dignité de ce mot
-Etes- vous Français ?
-Etes -vous citoyen ?
-Etes- vous libre ?
-Avez- vous l’âge de raison politique ? (25 ans sauf marié et père de famille. Ndlr.)
-Avez -vous l’instruction générale obligatoire à tout citoyen pour comprendre ses droits et ses devoirs ?
-Avez-vous une résidence fixe ?
-Etes -vous fils ou père de famille ?
-Exercez- vous une profession infâme ?
-Etes-vous nomade par dérèglement de vie ?
-Etes- vous mendiant par oisiveté volontaire et habituelle ?
-Etes - vous flétri par quelque condamnation légale qui donne un mauvais préjugé au peuple sur vous ?
-Il est évident pour tout homme de bon sens que la société républicaine a le droit de poser et de résoudre toutes ces questions avant d’admettre le citoyen à l’exercice du droit de vote, ce sacrement de la souveraineté nationale.
Le suffrage universel n’est pas le suffrage des premiers venus, c’est celui du citoyen.
Une certaine instruction générale, l’obligation de savoir lire et écrire, l’injonction d’écrire soi-même son billet est au nombre de ces lois morales que la loi pourra prescrire. »
Allez, à vos listes électorales… et merci Alphonse


J.L.C