Culture

« La Vérité » a été empoisonnante à plus d’un titre à Chalon…

« La Vérité » a été empoisonnante à plus d’un titre à Chalon…

Sur deux jours (le samedi 24 et le dimanche 25 janvier) la comédie La Vérité a fait le plein dans l’Espace des Arts de Chalon-sur-Saône, de par une belle distribution et une trame en permanence à califourchon sur le fil du rasoir…

Ils l’ont mis en veilleuse, les personnages désireux de faire avaler des couleuvres

Une fois de plus les Théâtrales auront frappé fort, et dire qu’il reste encore les deux tiers de la programmation 2025-2026 pour assouvir les envolées lyriques les plus hétérogènes ! Mais revenons à nos moutons. Ce dernier week-end c’est le mensonge qui a obéi aux injonctions de l’auteur de la pièce : Florian Zeller. De scénario machiavélique en scénario machiavélique, avec des péripéties n’engendrant pas la morosité, la ligne de conduite devait subir des embardées remettant inéluctablement en question le cadre précédent. Au centre des opérations, deux couples de mauvaise foi vis-à-vis de comportements adultérins au sein desquels la tromperie était élevée à la hauteur d’une institution. Un vaudeville dans toute sa splendeur, interprété sur un mode très tonique, qui plus est avec des décors amovibles intervenant régulièrement, toujours au profit d’un rythme précipité !

Court-circuité, qu’il a été !

Le phénoménal, mais couard et opportuniste Stéphane De Groodt (rebaptisé Vincent) est celui sur lequel les hostilités commencent, à cause d’une relation immorale entretenue avec Alice (Sylvie Testud) la femme de son associé, meilleur ami de surcroît (Stéphane Facco en l’occurrence), qui a pour épouse Sophie (Clotilde Courau) ! Englué dans ses dénégations face à l’irréfutable, pris en tenaille entre son amante et son épouse, le mari infidèle n’a de cesse de vouloir faire croire à l’impossible. A l’aide de son jeu particulièrement persuasif, Vincent pousse le bouchon de plus en plus loin, au risque que l’implosion précède l’explosion généralisée ! Alors, souffre-douleur le caméléon aux agissements répréhensibles ? Pas tant que ça au vrai. Les éclaboussures feront tâche d’huile au milieu de l’imbroglio et des quiproquos dégoulinant de perfidité. Tel est pris qui croyait prendre, l’effet boomerang a rempli son office, le protagoniste se révèle abasourdi, presque comme un paria qui n’aurait plus que ses deux yeux pour pleurer… Chapeau bas en tout cas, Stéphane De Groodt !

Une bonne séance de détente spontanée et récurrente

Devant tant d’apparentes faussetés le public n’a eu d’autre alternative que de se laisser convaincre que plus c’est gros, et plus ça passe ! Son acquiescement a eu pour effet de baisser sa garde, en visualisant les scènes cocasses avec un œil fatalement égrillard, dès lors que le rire avait de la lumière à tous les étages. A n’en plus finir !

                                                                                                                         Michel Poiriault

                                                                                                                        [email protected]