Chalon sur Saône

«On parle clairement de péril imminent» : la réaction du sous-préfet de l'arrondissement de Chalon-sur-Saône après le risque d'effondrement rue de Strasbourg

Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI

Publié le 06 Février 2026 à 11h00

«On parle clairement de péril imminent» : la réaction du sous-préfet de l'arrondissement de Chalon-sur-Saône après le risque d'effondrement rue de Strasbourg

En marge d'une cérémonie, le sous-préfet est revenu sur les évacuations d'urgence d'immeubles fragilisés de l'île Saint-Laurent, évoquant un risque sérieux et l'attente des conclusions des experts. Plus de détails avec Info Chalon.

Un important désordre structurel a été constaté jeudi 5 février au matin, un peu avant 10 heures, dans un immeuble situé au 57, rue de Strasbourg, sur l'île Saint-Laurent.

Alertée par la gravité de la situation, la régie Renard, gestionnaire des immeubles situés aux numéros 55 et 57, a immédiatement contacté les secours pour un risque d'effondrement.

Les experts mandatés ont repéré une pierre de maintien fissurée derrière le linteau du bar L'Hexagone, un élément clé de la structure porteuse.

Un vaste périmètre de sécurité et près de vingt personnes évacuées
Face au danger, les services municipaux et la police municipale ont mis en place un périmètre de sécurité, étendu de la rue d'Uxelles jusqu'aux abords de la Place Thévenin.

Les personnes impactées ont été recensées au 55, rue de Strasbourg (deux personnes du restaurant Le Cèdre), au 57, rue de Strasbourg (trois habitants), et en face : sept logements au n°70 et cinq logements au n°68.

Soit, selon Olivier Tainturier, le sous-préfet de l'arrondissement de Chalon-sur-Saône, «une petite vingtaine» de personnes évacuées.

Les résidents ont été accueillis à la Maison de quartier de l’Île Saint-Laurent afin de patienter au chaud dans l'attente des conclusions techniques.

Arrêté municipal et procédure de péril imminent
Gilles Platret, le maire de Chalon-sur-Saône, a rapidement signé un arrêté interdisant l'accès aux immeubles menacés.

Un expert du tribunal doit se rendre sur place dans l'après-midi pour évaluer la situation et, si nécessaire, engager une procédure de péril imminent. La Ville prévoit par ailleurs de déployer un plan de relogement en lien avec les propriétaires et syndics concernés.

«Un point plus précis sera fait à l'issue de l'expertise qui sera menée», indique la municipalité.

Le sous-préfet alerte : «On va voir ce que ça va donner»
Alerté heure par heure sur la situation, le sous-préfet s'est montré particulièrement prudent :
«Des désordres avaient déjà été signalés en 2017. Aujourd'hui, on parle clairement de péril imminent».

Concernant les habitants évacués :
«Cela concerne une petite vingtaine de personnes. On va voir ce que ça va donner».

Et sur l'avenir des commerces :
«Peu de chance que les établissements rouvrent, ou tout du moins pas dans l'immédiat. Les experts devront se prononcer une fois les travaux d'étaiement terminés».

Sécurisation d'urgence en cours
Depuis 8 heures ce vendredi matin, l'entreprise Simonato SAS, spécialisée en maçonnerie et taille de pierre, est intervenue pour procéder à des travaux d'étaiement d'urgence.

Les assurances habitation des personnes évacuées ont également été contactées.

Commerces contraints de fermer
Compte tenu des risques, trois établissements ont dû fermer leurs portes :
• Le bar L'Hexagone
• Le restaurant libanais Le Cèdre
• Le restaurant Les Gourmands Disent

Prudent mais préoccupé, le sous-préfet a rappelé que des fragilités avaient déjà été signalées par le passé et que seule l'expertise en cours permettra de mesurer l'ampleur réelle du danger. «On va voir ce que ça va donner», a-t-il insisté, alors que les travaux d'étaiement se poursuivent et que les habitants, comme les commerçants, restent suspendus aux décisions à venir face à ce qu'il qualifie désormais de péril imminent.

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati