Chalon sur Saône

Histoire des maires de Chalon - 174 maires en 460 ans

Histoire des maires de Chalon  - 174 maires en 460 ans

Dans moins de deux mois, les Chalonnais seront appelés à élire leur maire comme tous les Français.
Au-delà de toute politique, un petit coup d’œil sur la riche histoire de la mairie de Chalon et de ceux qui l’ont dirigée au fil des siècles.

 Ils, uniquement des hommes, ont été 174 à s’asseoir dans le fauteuil de maire de Chalon en 460 ans .


174 hommes dont certains comme M. Bottex n’ont pas eu le temps en … 3 jours (du 21 au 24 septembre 1797) de marquer l’histoire de la ville  alors que d’autres comme Jean Richard (1904 –1919) sont encore très présents dans notre quotidien.


Tous n’ont pas une rue à leur nom, mais certains nous ont légué une œuvre importante que bien peu savent leur attribuer. C’est le cas par exemple de Fortuné Joseph Petiot-Groffier qui fut maire de 1832 à 1835 mais qui est à l’origine de la champagnisation des vins de Bourgogne –ayons une pensée pour lui chaque fois que nous ouvrirons une bouteille de crémant- et qui, autour de la moitié du 19ème siècle, fut un des poids lourds de la photographie naissante. C’est d’ailleurs son atelier qui a été récupéré et installé dans la maison Niepce à  Saint-Loup de Varennes
Le recordman de durée de mandat est Gauthier de Chamirey (natif  de l’actuelle Mercurey) qui fut maire pendant 37 ans de 1714 à 1751, Georges Nouelle (1926-1944 et 1952 – 1965) étant sur la deuxième marche du podium.


Au fil des années et des mandats, certaines familles bien implantées et puissantes offrirent même à la mairie de Chalon plusieurs titulaires sur deux ou trois générations,. Ce fut le cas de Claude Enoch Virey à qui on doit la sous préfecture (1627 – 1634) et Jean Auguste Virey (1666 – 1668). Et encore mieux avec trois Beuvrand entre 1586 et 1648 et trois Julien entre 1575 et 1676.


Le tout premier d’entre eux fut Jehan Regnauldin « homme des plus dignes et des plus capables »  élu le 24 juin 1565 pour un an comme le voulait la loi en ces temps là, il laissa la place à Antoine Faton, puis vint Hugues Fournier et Antoine Faton de nouveau avant le retour de Jehan Regnauldin . En 130 ans, de 1565 à 1700, ils furent 53 à se partager 67 mandats (la durée étant rapidement passée de 1 à 3 ans).


Et on notera que dès le début, une « police municipale » avait été créée en la personne de sept sergents de ville chargés de « faire exécuter et respecter l’autorité magistrale ». Ils assuraient la garde de sa maison et l’accompagnaient avec leur hallebarde où qu’il aille, y compris à l’église ce qui ne manqua pas de créer quelques protestations des chanoines vite réprimées.


Ses privilèges étaient « avoir la juridiction politique et civile et criminelle en première instance et en affaires de police ». Il était par ailleurs exempté d’impôts « durant sa douce amère et difficile charge » et également exempté de conscription en cas de mobilisation par le roi, « tous ceux de la commune devant y aller pour lui. »


A suivre  « kiosque, marché couvert, pont sur la Saône : des dossiers récurrents et des débats enflammés ».


Jean-Luc COTTIER