Chalon sur Saône

MUNICIPALES 2026 - CHALON - Kiosque, marché couvert, des dossiers et des débats parfois longs

MUNICIPALES 2026 - CHALON - Kiosque, marché couvert, des dossiers et des débats parfois longs

Si les premiers maires n’étaient pas au cœur d’un véritable conseil municipal, à partir des années 1880 ce fut le cas et le cadre de débats parfois animés (l’histoire est un perpétuel recommencement) entre deux ou parfois trois tendances opposées.

 Ainsi pour le kiosque à musique.
Le 5 octobre 1889 le régiment 56ème de ligne (qui sera dissous en 1922) arrivait dans l’ancienne propriété Bertin acquise pour y installer le collège mais finalement transformée en caserne (la caserne Carnot aujourd’hui). Et s’il arrivait avec armes et bagages, il amenait aussi sa musique appelée à défiler et donner des concerts publics.
Dès lors il fallait un lieu adapté et le conseil décidait dans la foulée de créer un kiosque quai de la navigation (aujourd’hui quai Gambetta). Mais les habitants de la place de Beaune en réclamaient plutôt un chez eux. « Idée saugrenue » soutenaient les tenants des quais qui obtenaient gain de cause au conseil municipal.


Qu’à cela ne tienne, les habitants du quartier place de Beaune mettaient la main à la poche et récoltaient 3000 francs qui un an plus tard le 18 mai 1890 leur permettaient de remettre au maire M. Lacroze les clés du kiosque tout neuf avec sous sol pour les chaises.


Du côté des choses « officielles » les choses étaient moins vite expédiées et ce n’est qu’au terme de 26 mois et surtout 7000 F (déjà le décalage entre le privé et le public…) que le kiosque du quai était achevé.


Mais les militaires prirent bien vite leurs habitudes place de Beaune et celui du quai allait être déplacé des années plus tard vers le quai Sainte Marie pour créer le monument aux morts, quant à la place de Beaune, les 3 000 F investis sont toujours visibles.


Et le marché couvert ?
Entre demandes de suppression de l’obélisque(1894, 1920), création du boulevard (1900) et arrivée du chemin de fer avec ses gares, la vie continuait avec un dossier régulièrement remis à l’ordre du jour : le marché couvert dossier récurrent et baladeur.


C’est le 30 août 1881 que le conseil se porte acquéreur de l’îlot délimité par les rues Perreault, des Jacobines, de la Motte et de la Trémouille afin d’y faire construire « ce marché couvert dont notre ville a si grand besoin ». Mais le sujet est oublié  jusqu’en 1905 quand le conseiller Poty faisant remarquer « l’inconfort et l’insalubrité pour les ménagères en temps de pluie » relance le projet.
 Et où le mettre ? A Saint Vincent bien sûr et il propose la démolition de l’îlot situé entre la rue aux fèvres, la rue des poulets et la rue du blé. Le projet est refusé mais le conseiller Potonnier, futur premier maire socialiste en 1925, déclare « je suis contre, mais si je savais que les femmes votent aux prochaines élections, j’adopterais bien vite votre projet ».


En 1927, lors de la première ébauche du plan d’embellissement et d’expansion de la ville de Chalon, le marché couvert reviendra en première ligne plutôt du côté de la halle mais sera bien vite oublié. Et en compensation on développera des marchés dans les quartiers.
Mais qui oserait prétendre qu’on n’en parlera plus jamais.

A venir 14 ans pour traverser la Saône, merci Jean Richard


J.L. Cottier
 
Alors que plusieurs fois on a demandé l’enlèvement de l’obélisque, c’est finalement la halle, un temps envisagée pour accueillir le marché couvert, qui a disparu de la scène chalonnaise