Chalon sur Saône

HOPITAL DE CHALON - Mathilde Marmier, Directrice Générale de l'ARS Bourgogne-Franche Comté a pris des engagements ce mardi matin devant le personnel hospitalier chalonnais

HOPITAL DE CHALON - Mathilde  Marmier, Directrice Générale de l'ARS Bourgogne-Franche Comté a pris des engagements ce mardi matin devant le personnel hospitalier chalonnais
HOPITAL DE CHALON - Mathilde  Marmier, Directrice Générale de l'ARS Bourgogne-Franche Comté a pris des engagements ce mardi matin devant le personnel hospitalier chalonnais
HOPITAL DE CHALON - Mathilde  Marmier, Directrice Générale de l'ARS Bourgogne-Franche Comté a pris des engagements ce mardi matin devant le personnel hospitalier chalonnais
HOPITAL DE CHALON - Mathilde  Marmier, Directrice Générale de l'ARS Bourgogne-Franche Comté a pris des engagements ce mardi matin devant le personnel hospitalier chalonnais

Pas tous les jours que le plus haut représentant de l'Agence Régionale de Santé Bourgogne-Franche Comté. Il aura fallu que les urgences crient leurs désespoirs au coeur des vacances de fin d'année pour que ça réagisse en haut lieu.

Le rendez-vous du jour avec Mathilde Marmier, Directrice Générale de l'ARS Bourgogne-Franche Comté, depuis cet été, avait valeur de symbole, tant pour le personnel que pour les représentants du personnel. En présence du conseil de surveillance présidé par Gilles Platret, la Directrice Générale de l'ARS a joué la carte de l'écoute et de la transparence. Une manière d'apaiser les tensions récurrentes entre le personnel et l'agence régionale en charge de l'organisation des soins. 

Une parole pleine de bon sens porté par les paramédicaux des urgences de Chalon 

La situation est tellement chaotique et maintes fois évoquée via info-chalon.com notamment, que le personnel des urgences est venu avec l'espoir d'une oreille attentive de la part de Mathilde Marmier. A tour de rôle, le personnel hospitalier s'est saisi de l'opportunité pour décrire le quotidien des urgences de Chalon sur Saône, qu'on peut dupliquer sur la plupart des services d'urgence du territoire français. 

"On a eu 418 patients dormants aux urgences en janvier" a lancé une soignante des urgences, comme un cri de désespoir, face à une situation qui ne fait que s'envenimer, année après année, mois après mois. "Nous n'avions jamais dépassé les 300 !". Le chiffre est d'autant plus pointé du doigt que ce seuil intervient "malgré le Plan Blanc, malgré les aides". 

"Nous sommes en insécurité en tant que personnel mais les patients sont aussi en insécurité" lance une autre, pleine d'amertume de constater à quel point les conditions d'accueils se sont dégradées au fil de l'eau.  Agressivité des patients, des familles, interruption des tâches, locaux non conformes pour réaliser de telles tâches, attentes, insécurité... C'est un flot de constatations toutes plus dramatiques les unes que les autres que le personnel des urgences a tenu à porter auprès de la Directrice Générale de l'ARS. 

"On vous demande de l'aide ! Qu'est ce qu'on peut faire ?" 

La situation est telle qu'elle pèse sur l'ensemble de l'établissement de santé, avec des reports d'activité sur tel ou tel service, et le redéploiement du personnel en fonction de la nécessité du jour. Le constat est tel que le "burn-out" des professionnels de santé est devenu monnaie-courante. "On en est au stade de fermer des services faute de médecins"  déplore Charlène Antoinat, représentante CGT du personnel hospitalier. "On est dans le cadre d'une maltraitance institutionnelle tant pour les patients que pour le personnel. On a l'inquiétude de l'erreur" rajoute une autre soignante. 

"Une situation qui n'est pas propre à Chalon" pour Mathilde Marmier - ARS

La Directrice Générale de l'ARS est revenue sur l'ensemble des mesures mises en places, avec notamment la régulation de l'accès aux urgences et les renforts mobilisés. 

"La nécessité d'une réflexion globale à l'échelle du territoire" pour Philippe Collange-Campagna

Le directeur de l'hôpital William Morey a plaidé pour une meilleure coordination et mobilisation de l'ensemble des services de soins, publics ou privés. "Il nous faut partager un plan d'actions et lever les contraintes". Tous les acteurs publics constatent à quel point la fermeture de lits ici ou là, sans coordination avec l'établissement de santé pivot ou l'absence de solutions d'accueils dès le vendredi soir, reportent finalement la gestion de la crise sur le seul établissement de Chalon sur Saône. 

"Nous sommes un entonnoir !" 

L'image parfaitement trouvée par le personnel des urgences résume à elle seule le constat du moment. Face à la disparition de la médecine de ville et à l'absence de mobilisation des établissements privés en période de tension, "seul l'hôpital public de Chalon est en capacité d'accueillir avec les conditions qu'on connait". 

"Il y a un enjeu de coordination territoriale"

A tour de rôle, tous ont demandé à l'ARS, de jouer son rôle, à savoir celui de coordonner les soins sur un territoire a insisté Jérôme Coutet, Présidente du C.M.E William Morey. Un rôle que l'Agence a bien du mal à endosser faute d'imposer son autorité auprès d'acteurs de la santé, sans doute peu enclins à mobiliser des ressources sur des services de soins peu rentables. 'Tout se répercute sur les urgences et plus largement sur l'hôpital public de Chalon. Cela va de la psychiatrie qui ferme des lits aux Ehpad jusqu'aux familles incapables de récupérer les patients en temps et en heure, sans compter les relations avec les ambulances privées.

"Face au veillissement et des polypathologies, il n'y a pas de lits pour ce type de patients"

Face à une patientelle toujours plus âgée, la question de la prise en charge amont et aval a été évoquée au cours de la réunion ce mardi matin. "Les patients graves on s'en sortira toujours, même les très graves. La problématique, c'est celle des patients ni graves ni urgent alors que leur état peut se dégrader à tout moment. On ne peut plus mettre en jeu la sécurité et la conscience professionnelle". 

Des aménagements en cours à Chalon... mais il va falloir encore tirer la corde 

Une corde qui devient un bout de ficelle au regard des constats dressés par les uns et les autres. Mais parmi tout ce négatif, le directeur Philippe Collange-Campagna a tenu à insister sur l'ampleur des stratégies en cours de développement sur William Morey. "L'hôpital de Chaln n'a aucun lit de médecine polyvalente. C'est un manque de taille. Ca crée du désordre. Pour septembre prochain, on va rassembler tous les services chirurgicaux sur un même plateau, avec la création de 20 lits de médecine post-urgence. La question de l'agrandissement de l'hôpital doit être posée, avec l'ouverture de 23 lits gériatriques court séjour alors que les 30 lits au SMR de Chagny sont déjà remplis. Je sais que tout paraît loin mais une équipe de médecine polyvalente sortira à l'échéance de fin 2027, 36 lits seront réservés à la médecine post-urgence".

 Si le personnel des urgences salue la mobilisation de la direction face au défi du moment, "on a hâte que ça se mette en place mais immédiatement qu'est ce qu'on fait ? Nous sommes le 10 février et nous avons alerté de la situation en novembre. Tous les ans c'est pareil et ce n'est pas qu'en hiver, il nous faut des solutions rapides. On demande des solutions concrètes et immédiates". 

"On peut se féliciter que le dialogue ait pu commencer. Maintenant on jugera les actes !"

"Il y a besoin d'ARS dans cet établissement" a lancé Gilles Platret, en guise de Président du conseil de surveillance, même si il avait reçu en amont de la réunion, Mathilde Marmier, dans son bureau de l'hôtel de ville. Décision a été prise de mieux coordonner les services de soins à l'échelle du groupement hospitalier Nord Saône et Loire, reste à voir quel bras de fer, l'ARS sera en capacité d'entreprendre auprès des établissements privés. Quoiqu'il en soit, l'engagement a été pris pour des réponses rapides et concrètes, "à très court terme". En guise d'apaisement, Charlène Antoinat, déléguée du personnel a remis une rose blanche à Mathilde Marmier, avant qu'elle aille à la rencontre d'une série de services de l'hôpital. 

Laurent GUILLAUMÉ