Chalon sur Saône

MUNICIPALES - 14 ans pour traverser la Saône à Chalon

MUNICIPALES - 14 ans pour traverser la Saône à Chalon

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 Lorsqu’en 1914 le conseil municipal décide de donner au nouveau pont qu’on vient d’inaugurer le nom de Jean Richard -maire en fonction- c’est pour « le remercier de son travail, de son engagement et de son opiniâtreté, (pour ne pas dire entêtement), à faire traverser la Saône ». Il reste le seul maire à avoir « de son vivant » donné son nom à un ouvrage public d’envergure.


C’est dès le 9 novembre 1900 que Michel Schmidt soumet au conseil l’idée d’un nouveau pont pour traverser la Saône entre le moyenâgeux Saint Laurent et le pont des Dombes.
Tout de suite quatre groupes se créent : l’un en faveur d’un pont tramway, un autre pour une passerelle sur la Genise, un autre pour un pont provisoire et un pour le nouveau pont. Avec en face une solide opposition.  


Très vite le pont tramway est abandonné car trop cher, même chose pour le pont provisoire, on n’est pas contre la passerelle de la Genise mais jugée insuffisante, reste le pont en dur. En 1904, certains conseillers soulignaient que « ce pont ne servirait à rien puisque Chalon n’avait pas vocation à se développer de l’autre côté de la Saône.  Ca ne servira qu’à M. Schneider  (pour le petit Creusot) s’il en veut un il n’a qu’à se le faire il a les moyens ».


Avec l’élection de Jean Richard à la mairie en mai 1904 le dossier prenait de l’ampleur et on lançait une étude en avril 1905.


Les élus étaient alors partagés à moitié et lorsque Potonnier (futur maire) dit « non car il vaut mieux construire le groupe scolaire de l’Est », Jean Richard faisait voter un projet contenant les deux chantiers. Cela passait par 12 voix contre 10. En 1906, pour la passerelle de la Genise, c’était encore plus juste : 9 contre 9, la voix du maire emportant l’affaire.
Mais les adversaires ne désarmaient pas, et en 1909 M. Randé jugeant qu’on devrait demander l’avis des électeurs/contribuables demandait une consultation du peuple. Un réferendum était prévu pour mars, mais vite annulé. Rebelote en 1910 et même suite, finalement pas de référendum.


Et il faudra attendre le 10 avril 1911 pour que le chantier soit lancé avec un emprunt de 250 000 francs sur 50 ans.  Prévu pour un an il durera deux ans et demi. Les 15, 16 et 17 août 1913 c’est Richard lui-même qui l’inaugurera. Ensuite, il faudra attendre 63 ans pour un nouveau pont, celui de la Bresse et 79 ans pour le dernier, le pont de Bourgogne ouvert le 14 juillet 1992.


J.L.C