Cinéma

Soirée spéciale La Bobine : L'architecture à l'honneur

Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI

Publié le 13 Février 2026 à 08h30

Soirée spéciale La Bobine : L'architecture à l'honneur

Entre matière et réflexion sur notre manière d'habiter le monde, l'association a proposé une soirée aussi sensible qu'inspirante. Plus de détails avec Info Chalon.

Jeudi 5 février 2026, l'association La Bobine proposait au public chalonnais une soirée exceptionnelle consacrée à l'architecture, un art qui façonne nos paysages autant que nos existences. Accueillie au Mégarama Chalon, la rencontre s'est déroulée en présence de deux architectes venus partager leur regard et nourrir le débat à l'issue des projections.

Entre réflexion esthétique, questionnements écologiques et immersion sensorielle, cette soirée a offert bien plus qu'une séance de cinéma : une véritable expérience.

Architecton : habiter le monde autrement
Le premier film projeté, «Architecton», est un documentaire du réalisateur russe Victor Kossakovsky.

Ce film, volontairement «peu bavard», propose un voyage extraordinaire à travers la matière qui constitue notre habitat : le béton — matériau roi de la modernité — et son ancêtre millénaire, la pierre. À travers des images puissantes et méditatives, le cinéaste pose une question essentielle : comment habiter le monde de demain ?

Car l'architecture ne se résume pas à la conception de bâtiments. Elle est un art de l'espace, un cadre invisible qui dessine nos gestes, influence nos politiques, conditionne notre manière d'être au monde.

Conçu, selon les bons mots de Sophie Lartaud, membre fidèle de La Bobine, comme «une œuvre d'art plastique et cinématographique qui nous entraîne aux origines des constructions humaines», Architecton explore des interrogations fondamentales :
• Pourquoi construire ?
• Comment construire ?
• Pour qui construire ?
• Où réside la beauté dans un geste architectural ?
• Comment trouver un équilibre avec la nature ?

Le film traverse les époques et les continents : du site monumental des mégalithes de Baalbek, au Liban, jusqu'aux ruines contemporaines de la guerre en Ukraine. Il évoque également le jardin expérimental de Michele De Lucchi et les interventions artistiques de Nick Steur, suggérant que la réponse se niche peut-être dans une approche plus humble et sensible de la matière.

La bande originale, signée Evgueni Galperine, accompagne cette méditation visuelle en alternant musique et bruits d'activités urbaines, parfois volontairement décalés par rapport à l'image. Une manière subtile de troubler nos repères et de questionner notre rapport au monde construit.

Un débat nourri et une pause gourmande
Après la projection, le public a pu échanger avec Pauline Sémon et Maximilien Dumont , les deux architectes invités, lors d'un débat riche et accessible. Les discussions ont prolongé les thématiques du film : durabilité, responsabilité sociale de l’architecte, beauté du geste, réemploi des matériaux et impact environnemental.

Entre les deux temps forts de la soirée, une pause gourmande a permis aux spectateurs de poursuivre les conversations dans une ambiance conviviale, fidèle à l'esprit de La Bobine.

Une seconde projection reportée
La soirée devait se poursuivre à 20h30 avec la projection de «E.1027, Eileen Gray et la Maison en bord de mer», consacré à la célèbre maison moderniste conçue par l'architecte et designer irlandaise Eileen Gray.

Pour des raisons techniques, le film n'a malheureusement pas pu être projeté. Contactée à ce sujet, Chantal Thévenot, la présidente de La Bobine, a exprimé ses regrets tout en précisant qu'«une projection est envisagée sine die». Une nouvelle date devrait donc être proposée ultérieurement.

Une architecture en question
Cette soirée spéciale aura rappelé que l'architecture est bien plus qu'un décor. Elle est mémoire, matière, politique et poésie. À travers le regard cinématographique et l'échange avec des professionnels, le public a été invité à repenser son rapport aux espaces qu'il habite.

Un moment fort, où cinéma et architecture se sont rencontrés pour interroger notre manière de construire (et de vivre) le monde de demain.

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati