Agglomération chalonnaise

Mathilde, thanatopractrice : un métier “pas comme les autres”

Mathilde, thanatopractrice : un métier “pas comme les autres”

À 33 ans, Mathilde Tlemçani exerce son métier avec minutie et respect. Son objectif : “Présenter un visage apaisé du défunt”. Pour les lecteurs d’Infochalon, elle accepte de parler de son travail.

La signification du mot – certes difficilement prononçable – est éclairée par son étymologie grecque : thanatos (la mort), et praxein (traiter), la thanatopractrice ou le thanatopracteur s’occupe de la conservation et de la présentation des défunts.

Une profession aujourd’hui davantage connue du grand public, notamment des jeunes, car de nombreux professionnels partagent leur quotidien sur les réseaux sociaux comme TikTok. Cette visibilité explique sans doute l’intérêt croissant pour le concours national, d’accès très sélectif en raison d’un numerus clausus.

En France, environ un millier de praticiens sont certifiés par le ministère de la Santé.

Une activité souvent en coulisses

« Il est très rare que nous soyons en contact direct avec les familles, explique Mathilde, ce sont généralement les conseillers funéraires qui nous sollicitent. »

Dans la région, elle travaille notamment avec Pompes funèbres Brigitte ROLLAND et les pompes funèbres Janin.

Son activité nécessite des déplacements couvrant les trois départements : Bourgogne, Côte-d’Or et l’Ain. « Nous pouvons être amenés à intervenir en EHPAD ou dans les morgues des hôpitaux également. »

Présenter et conserver le corps d’un défunt

« Ce sont toujours les volontés de la famille qui déterminent le type de soin pratiqué », précise-t-elle.

Il existe deux types de soins : la simple toilette mortuaire et les soins de conservation, ce sont deux pratiques distinctes.

La première est une intervention non invasive, sans produits chimiques. Il s’agit de présenter un corps et un visage apaisés du défunt incluant l’habillage, le coiffage et le maquillage.

La seconde, appelée soins de conservation, nécessite un acte technique : un fluide à base de formol remplace le sang afin de ralentir la décomposition du corps.

"Certaines familles préfèrent néanmoins la seule réfrigération.
Plus l’intervention est rapide, plus elle est efficace : elle a généralement lieu dans un délai de 24 à 48 heures après le décès."

Une orientation logique vers ce métier

Avant cette carrière, Mathilde était technicienne de laboratoire en anatomopathologie. « Je travaillais donc sur des organes. Puis peu à peu, j’ai été déçue : les labos sont rachetés par les grands groupes, il y a une perte de qualité des conditions de travail. »

Après un licenciement économique, un bilan de compétences oriente naturellement son projet professionnel : « Le métier de thanatopracteur est sorti. Ce qui est assez compréhensible ».

Elle réussit le concours en 2022, exerce d’abord comme salariée, puis s’installe à son compte en novembre 2025 avec M.Thanatopraxie.

Les qualités d’un métier de l’ombre

« Je pense qu’il faut être patiente, technique, minutieuse… mais aussi humble. En effet, la famille ignore souvent notre existence, il ne faut pas attendre de reconnaissance. Le respect du défunt et le fait d’être utile à ce moment pour la famille suffit. »

Loin des honneurs, Mathilde trouve dans ce métier les conditions qu’elle apprécie : « Je travaille seule, je dois chercher des solutions pour faire le mieux possible même dans des cas difficiles et je rends service. »

Par Nathalie DUNAND
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