Chalon sur Saône
Pour Anne Roumanoff, à Chalon le 28 mars, « Le rire c’est une forme de prise de pouvoir »
Par Michel Poiriault
Publié le 20 Février 2026 à 16h42
Conformément à son mode opératoire, la sémillante Anne Roumanoff ratissera large le samedi 28 mars à 20h à la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône. Sous le regard approbateur de « L’expérience de la vie », son dernier spectacle en date dont l’unique finalité réside dans l’aimantation du rire sans aspérités. Interview.
Des places sont vacantes…pour combien de temps encore ?
Coût à l’unité : 44,00 euros. Placement libre. Lieux de vente habituels.
Que vous a enseigné »L’Expérience de la vie » ?
« Oh là là, l’expérience de la vie on n’a jamais fini d’apprendre ! C’est ce qui est passionnant dans la vie, je pense qu’on en apprend tous les jours ! Je pense que ce spectacle parle beaucoup, beaucoup, de l’époque actuelle, et j’ai plein de personnages différents qui livrent leur regard sur l’expérience de la vie. Je parle beaucoup d’actualité : de Trump, de Poutine, de Macron, d’Epstein, tout ce qui se passe…et je parle aussi beaucoup de la société, de toutes ses évolutions, que ce soit les réseaux sociaux, le wokisme, les relations de couple, les caisses automatiques des supermarchés, le coaching… ça balaie pas mal de choses de l’époque.»
De quelle façon le public l’a-t-elle accueillie depuis deux ans et demi ?
« C’est un très, très bon accueil. C’est ma 3ème année de tournée avec ce spectacle, je suis en train de préparer le nouveau, mais il marche tellement que j’ai beaucoup de plaisir à le faire, et il y a des vraiment des personnages que j’aime beaucoup. J’arrive à parler de problèmes graves en faisant rire les gens, donc ça leur fait du bien, ça les soulage. A Paris j’avais joué au Casino de Paris et à l’Olympia, et finalement j’ai joué au théâtre des Mathurins, comme ça marche on rajoute tout le temps des dates. »
Est-il, à force, plus ardu de trouver de nouvelles idées pour le spectacle d’après ?
«C’est toujours difficile, parce que lorsqu’on a des sketchs qui fonctionnent extrêmement bien, on repart à zéro. On se dit : oh là là, comment je vais faire ? Après, j’ai de nouvelles idées, j’ai la chance de trouver des idées, il y a tellement de choses qui se passent que ce n’est pas compliqué de trouver des idées, mais c’est comment rendre drôle et efficace. Et l’efficacité c‘est le travail entre le moment où on a l’idée du sketch, on commence à écrire les premières lignes, on va le tester dans les petites salles, et on va arriver avec ces fameuses phrases à rire que l’on doit faire quand on est humoriste. Ça, c’est un travail assez long quand même. »
Vous basez-vous sur ce qui vous fait rire, pour ensuite entraîner la même réaction chez les spectateurs ?
« Alors, je ne peux pas dire que je me base sur ce qui me fait rire, parce qu’une fois que j’ai écrit les sketchs ils ne me font plus du tout rire, je les connais (rires) ! Et après, dans la vie, il y a des choses qui me font rire que je ne peux pas forcément mettre sur scène, car ça va être trop trash, ou je ne sais pas. A la fin, c’est le public qui décide, parce que parfois il y a des choses qui me font extrêmement rire, que je déteste, c’est une catastrophe, personne ne comprend ce que je veux dire, et vice versa. Et parfois il y a des choses que je trouve « bof », et les gens sont explosés de rire. Même après, j’ai presque quarante ans d’expérience, on ne peut jamais savoir quand on écrit ce qui va marcher »
Dans un contexte général pesant et anxiogène a-t-on plus tendance à l’aspiration à la détente, qu’au repli sur soi ?
« En tout cas je sais qu’il y a beaucoup, beaucoup d’humoristes en ce moment, et je crois qu’on n’est pas de trop, parce que la société va tellement mal que les gens ont vraiment besoin de se détendre et d’oublier leurs soucis. Je pense que l’explosion du nombre d’humoristes ces dernières années, ça vient de ce que la société ne va pas bien. »
Les femmes rient-elles davantage à vos saillies verbales ?
« J’ai toujours un petit peu plus de femmes que d’hommes dans mon public, mais non, les hommes rient aussi. C’est unisexe.»
Quels sujets sont-ils de l’or en barre ?
»Il n’y a rien qui est de l’or en barre, parce que franchement, en fait on fait rire avec les problèmes. Trouver des choses qui posent problème en ce moment, il y en a quinze-mille, et après c’est très compliqué de trouver un angle, et plus le sujet est pointu, plus c’est compliqué de trouver une manière de faire rire. Dans ce spectacle j’arrive à exprimer deux points de vue différents sur le conflit israélo-palestinien et les gens rient, il n’y a pas de malaise. Ça a été beaucoup de travail de mise au point dans un contexte précis, etc. Ça demande de la subtilité pour trouver une manière de contourner les choses, et arriver à dire des choses aussi. Je ne cherche pas à blesser, je ne suis pas dans le jugement, le mépris, la méchanceté, les insultes, je cherche plus à réunir, mais en même temps en disant des choses. »
Les humoristes femmes partent-elles à armes égales avec leurs homologues masculins ?
« Vraiment, maintenant, oui, et peut-être qu’il y a plus d’intérêt pour l’humour féminin. Il y a pléthore de jeunes femmes hyperdouées, talentueuses qui sont là. Je pense que c’est presque plus facile pour les femmes. Quand j’ai démarré il y a quarante ans, c’était un peu plus compliqué, mais c’est normal, ça va avec l’évolution de la société. Le rire c’est une forme de prise de pouvoir. Les femmes s’affirment dans la société, donc voilà, l’humour c’est un moyen d’expression des femmes. »
Votre carrière est très dense en composantes de toutes sortes. Reste-t-il encore quelque chose à explorer ?
«Là, j’ai un projet de film, je voudrais vraiment arriver à le faire. Oui, c’est le cinéma, je l’espère, qui est ma prochaine étape, je voudrais être réalisatrice. »
Crédit photo : DR Propos recueillis par Michel Poiriault
-
Oslon : fort succès pour le vide greniers de l’association « Ambiance et Loisirs » ce dimanche -
Un jeune de Chalon condamné pour détention non autorisée d’armes -
Hypertension artérielle - Le Centre hospitalier de Chalon reconnu à l'échelle européenne depuis février -
Le parc naturel régional du Vercors tire la sonnette d'alarme après un week-end de Pentecôte bien trop chargé -
Gros incendie à la déchetterie de Granges ce dimanche -
TRIBUNAL DE CHALON - La salle était pleine pour le soutenir -
Comme chaque mardi.. il a fallu jouer des coudes pour se stationner à l'hôpital de Chalon -
Gilles Platret hausse le ton après deux incidents lors de mariages -
Portes-closes ce vendredi au collège Vivant-Denon après de nouveaux actes de violences -
Travaux d’aménagement cyclable : une nouvelle voie verte de 9,2 km entre les communes de Lux et Marnay -
Le "Mammouth" prend sa retraite ! -
Le centre hospitalier de Chalon sur Saône décroche la 3e place au salon SantExpo -
Le ras-le-bol d'une habitante parcourant Saint-Jean-des-Vignes et Saint-Cosme -
Nouveau - La galerie marchande du Carrefour Nord Chalon se dote d'un Head Spa Japonais -
Le Centre Régional de lutte contre le cancer Georges-François Leclerc réalise l'une des premières mastectomies cœlioscopique avec reconstruction mammaire immédiate en France -
"Tapage nocturne aux Prés Saint-Jean : jusqu’à quand le silence des autorités ?" s'interroge un riverain -
Journée Choose France - Vicky Foods ouvre pour la première fois ses portes au grand public -
Une pluie de titres de Champions de France pour le Givry Starlett Club -
Dépistage de l'hypertension artérielle - Une journée couronnée de succès ce mardi à Chalon -
Les nouveaux « Jardins de Virey » -
Isa et Roby, l’âme du Konoba : cuisine sincère, clients fidèles -
FOOTBALL - L'AS Mellecey-Mercurey exhulte et s'offre une nouvelle montée... La saison prochaine ce sera la R2