Chalon sur Saône

MUNICIPALES 2026 - CHALON : Le Parti des Travailleurs lance sa campagne sous le signe de la paix et du service public

Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI

Publié le 23 Février 2026 à 08h00

MUNICIPALES 2026 - CHALON : Le Parti des Travailleurs lance sa campagne sous le signe de la paix et du service public

Entre dénonciation de la guerre, défense acharnée des services publics et appel à la solidarité, la réunion a donné le ton d'une campagne résolument sociale. Plus de détails avec Info Chalon.

Samedi 21 février 2026 à 10 heures, une réunion politique s'est tenue à la Maison des associations Georges Rebillard à Lux. Dix-sept personnes ont répondu à l'invitation du Parti des Travailleurs, venu présenter sa liste pour les élections municipales à Chalon-sur-Saône.

Représentant le parti dans le Chalonnais, le conseiller municipal Wladek Krzywonos a ouvert la réunion avec un mot d'ordre sans détour : «Ni Trump, ni Poutine, ni Macron», renvoyant dos à dos «tous les fauteurs de guerre». Une référence explicite à Donald Trump, Vladimir Poutine et Emmanuel Macron.

Selon lui, les pays membres de l'Organisation du Traité de l'Atlantique nord (OTAN) sont contraints d'augmenter leur budget militaire de 2 à 5 %, avec un objectif pour 2035 atteignant 170 milliards d'euros, soit près d'un tiers du budget national. «Plus on est pour la guerre, moins on est pour le service public», a-t-il résumé, rappelant l'engagement du Parti des Travailleurs pour la défense absolue des services publics et contre la guerre à l'échelle internationale.

Wladek Krzywonos a également évoqué un appel national à signatures contre la guerre, qui aurait recueilli 150 000 soutiens, dont 2700 dans le Chalonnais. Le slogan scandé résumait l'esprit de la rencontre : «Non à la guerre, non à l'exploitation !».

Une campagne lancée en un temps record
Le parti affirme présenter des listes dans une soixantaine de villes en France, constituées en moins de deux mois, à la suite d'initiatives de porte-à-porte. «La campagne officielle démarre dans une semaine», a-t-il précisé.

La tête de liste chalonnaise, Patrick Lartaut, a ensuite pris la parole, non sans humour : «Je n'ai rien préparé». Pour lui, chaque crise majeure finit par déboucher sur un conflit armé. «Les mêmes causes produisent les mêmes effets», a-t-il expliqué, avant d'ajouter : «Si on demandait aux ouvriers russes s'ils veulent entrer en guerre contre les ouvriers français, il est fort à parier qu'ils diraient non».

Il a défendu une politique de proximité, axée sur le «vivre collectivement», rappelant que «nous sommes des citoyens». Parmi ses priorités : remettre en place une sécurité sociale forte, se battre pour de meilleures conditions de vie et proposer une «liste de citoyens engagés». 

«Nous, les dominés, on va se relever. On dit : non, c'est fini !»

L'école et les services publics en première ligne
La parole est ensuite revenue à Catherine Chevariat, enseignante dans le second degré, venue avec une série de chiffres illustrant, selon elle, «l'hécatombe» dans les services publics.

Elle a dénoncé les suppressions de postes dans l'Éducation nationale liées au budget Macron-Lecornu : 3256 au niveau national. Dans les collèges, elle a pointé 745 heures d'enseignement en moins pour 253 élèves en moins à la rentrée 2024, contre 238 heures et 176 élèves l'année précédente. «On déshabille Pierre pour habiller Paul», a-t-elle résumé, plaidant pour «un budget qui répond aux besoins de la population». Son mot d'ordre : «Halte aux coupes budgétaires !»

Un débat nourri sur l'avenir de la société
La réunion s'est poursuivie par un échange avec la salle, centré sur la défense des services publics. Un intervenant a rappelé qu'ils constituent «la structure qui tient la société debout». Un militant a dénoncé la «peste numérique», tandis qu'une autre regrettait que de plus en plus de familles se tournent vers l'enseignement privé, comparé aux «sirènes de l'Odyssée».

Un participant a évoqué l’évolution vers une «économie de guerre» et le rôle de Palantir Technologies, entreprise spécialisée dans l'analyse massive de données au service des armées et des services de renseignement. «Avec une guerre, c'est le complexe militaro-industriel qui gagne», a-t-il affirmé.

Les échanges ont aussi porté sur certaines listes de gauche mettant en avant la sécurité. «Il y a des causes dessous», a lancé un intervenant, critiquant une approche jugée uniquement répressive : «Ils ne cherchent pas des solutions, ils mettent des Pères Fouettard partout». Une autre a ajouté : «Il faudrait que 50 % des gens arrêtent de se croire supérieurs aux 50 % des autres. Les gens sont méprisants».

Une autre vision pour Chalon
Pour plusieurs participants, «un autre monde est possible». L'un d'eux a directement visé Gilles Platret, qualifiant sa politique de «répression».

Patrick Lartaut a conclu sur la nécessité de permettre à chacun de se loger correctement et de travailler, et de redonner un avenir à la jeunesse. Le tour de table a encore abordé l'angoisse dans les services d'urgences, les classes surchargées, le désœuvrement de la jeunesse dans certains quartiers, le clientélisme au niveau des associations, l'inclusion ou encore les conditions de vie des seniors, jugées «révoltantes» par un auxiliaire de vie présent.

«On doit amener à plus de solidarité sociale», a insisté la tête de liste, présentant son équipe comme porteuse «d'une autre vision, solidaire, plus humaine». Catherine Chevariat a rappelé qu'«on ne peut plus se contenter de miettes» en matière de budget public.

En guise de conclusion, Patrick Lartaut a lancé : «On ne vote pas pour Tartampion, on vote pour un programme. Nous sommes votre liste !»

Entre colère face aux coupes budgétaires, inquiétudes pour l'avenir de la jeunesse et volonté de «vivre collectivement», les échanges ont dessiné une vision de société fondée sur la solidarité et la justice sociale. Pour la liste du Parti des Travailleurs, il ne s'agit pas seulement d'une élection, mais d'un combat politique plus large : celui d'un service public fort et d'une ville tournée vers l'humain plutôt que vers la répression ou l'austérité. Une campagne qui entend clairement ne pas se contenter de miettes.

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati