Chalon sur Saône

MUNICIPALES 2026 - CHALON - Platret/RN/Mugnier/Saley - Brigitte Mortier-Krasnicki se livre sans filtre sur les municipales

MUNICIPALES 2026 - CHALON - Platret/RN/Mugnier/Saley - Brigitte Mortier-Krasnicki se livre sans filtre sur les municipales

Celle qui avait annoncé très tôt son intention de participer au scrutin, avec un projet pour Chalon-sur-Saône très ficelé, se livre auprès des lecteurs d'info-chalon.com.

Brigitte Mortier-Krasnicki avait mulitplié les annonces au fil de ces derniers mois avant de faire un pas de recul dans la dernière ligne droite, considérant que les conditions "d'une équipe de gouvernance n'étaient pas réunies. On ne partait pas pour faire de la figuration et siéger dans l'opposition. On avait et on a une vraie ambition pour Chalon-sur-Saône. Je tiens à préciser en tout premier lieu qu'en janvier 2025, je n'étais pas tête de liste. Il y avait un autre projet derrière d'autres personnalités. Ce n'est qu'après leurs désistements que le projet est tombé dans mes bras. Voilà la vraie histoire. J'avais d'autres ambitions que d'être tête de liste, je ne suis pas carriériste. J'ai une profession et des revenus indépendants de tout engagement politique. On aurait pu déposer une liste avec tata Françoise et tonton Gilles mais ce n'était pas notre projet" constate avec une certaine amertume, celle qui avait multiplié les annonces en vue des municipales. 

A destination de celles et ceux ayant abandonné le combat, "tout ces gens vont recevoir ce qu'ils méritent, à savoir un troisième mandat de Gilles Platret. Comme par hasard, il a bien mis en sourdine ses grandes déclarations nationales. On en est où de sa France 2050 ? Il y a urgence à taire toutes polémiques nationales et pourtant en temps normal, il aurait nécessairement pris position sur toutes les dernières polémiques nationales" sourit de manière blasée Brigitte Mortier-Krasnicki.

"Il n'y a pas 2 Gilles Platret. Un qui serait à Paris à manier les outrances sur les plateaux de télé au titre de maire de Chalon et un autre à Chalon"

Brigitte Mortier-Krasnicki enfonce le clou sur cette dualité autour de la personnalité du maire de Chalon-sur-Saône. "Qu'on soit bien d'accord, il n'y a pas 2 Gilles Platret. Tous les colistiers valident de facto ce fonds de pensée. On ne peut pas être à Chalon et ne pas  cautionner les outrances à Paris. Pour moi, il est clairement de la droite extrême populiste. Gilles Platret n'a d'ambition que pour lui, pas pour Chalon. Si c'était le cas, il prendrait à bras le corps le dossier pour faire de Chalon, la Capitale de la culture 2030" lance la désormais ex-candidate aux municipales de Chalon-sur-Saône.

"Le pipeau des applaudissements en faveur à Sébastien Martin"

Brigitte Mortier-Krasnicki enfonce le clou sur les relations entre Sébastien Martin et Gilles Platret. "Son départ du conseil municipal ne sera jamais compensé. C'est un vrai coup porté. L'histoire des applaudissements au lancement de la campagne de Gilles Platret, c'est du pipeau. Tout le monde sait que les relations entre les deux hommes s'étaient tendues depuis des mois. La nomination au gouvernement aura été la goutte d'eau". 

"Le compromis d'intérêts de la droite"

"Tous ont eu intérêts à calmer le jeu" lance Brigitte Mortier, "on est clairement dans des compromis d'intérêts. Aucun n'était favorable à un changement des équilibres à Chalon. Il y a un partage de postes sur le dos des contribuables chalonnais, et tout le monde y trouve son compte même si ils ne s'aiment pas. J'étais quelqu'un qu'on ne maîtrise pas, par ces intérêts". 

Des colistiers passés d'un camp à l'autre

Elle n'a pas manqué de consternation de voir à quel point "certains se sont engagés avec nous, ont signé une charte de confidentialité. Nous avions plusieurs élus de la majorité actuelle à nos côtés, et désormais sur la liste à Gilles Platret. Je n'ai guère de considération vis à vis de ceux qui vont à la gamelle pour quelques euros d'indemnités. Ce n'est pas ma conception des rapports humains. Je tiens à préciser que ceux qui sont venus nous rejoindre, ils sont venus de leur propre chef. Nous ne sommes pas allés les chercher."

Le tâcle adressé à Clément Mugnier

"Sébastien Martin qui était contre Clément Mugnier aux législatives et se retrouve maintenu au gouvernement par les socialistes. Où est la cohérence du Parti Socialiste ?" s'interroge l'ex-candidate. "Mugnier c'est un gloubi-boulga avec des positionnements idéologiques compliqués. C'est le grand écart avec toutes les composantes de Chalon en Commun. Il n'y a pas vraiment de cohérences pour Chalon. Il se prépare à être dans l'opposition. La preuve, ils ne disent rien sur les finances de la ville, sur leurs méthodes pour réduire la dette et gérer les finances de la ville. On a rencontré à deux reprises les socialistes mais les conditions n'étaient pas réunies pour faire quoique ce soit", même si elle concède "que les socialistes n'étaient pas les pires". 

La non-participation du RN ? "Oh la surprise. C'était une candidature leurre depuis le départ"

"Il y a eu des tractations depuis des mois. Il suffit de voir et lire les appels du pied de Julien Odoul à la région. Ca se traduit dans le dos des Chalonnais. Personne ne peut croire que le premier Parti de France soit absent de la plus grande ville de Saône-et-Loire. Chacun fera en son âme et conscience le 15 mars prochain. Je n'ai rien à conseiller, il faut voter mais ceux qui se revendiquent d'une droite humaniste et gaulliste n'auront pas de candidat à Chalon-sur-Saône

"Damien Saley ? Je ne partage pas du tout sa vision de la société ni ses idées, mais je salue l'homme de conviction qu'il est"

Paradoxalement, on aurait pu craindre des propos très sévères vis à vis de l'Union Populaire Chalonnaise mais Brigitte Mortier-Krasnicki a tenu à saluer "l'Homme de conviction qu'est Damien Saley. C'est un combattant de la vraie gauche même si ses positionnements politiques m'interrogent. Il a tout mon respect pour la fidélité à ses valeurs, qui ne sont pas les miennes je répète". 

"L'enjeu ? "Y aura-t-il une deuxième tour ?" 

Alors que les candidats ont jusqu'à jeudi 18h pour déposer leurs documents en bonne et due forme auprès de la Préfecture, Brigitte Mortier-Krasnicki ne cache pas que les conditions actuelles plaident en faveur d'une élection de Gilles Platret dès le 1er tour. "Le vrai enjeu, c'est de l'amener à un deuxième tour, pour que d'autres voix se fassent entendre au conseil municipal. C'est indispensable à la vie démocratique et à sa respiration. Sans ça, il est à craindre le pire dans un certain nombre de décisions". 

"Je voulais profiter de cette occasion pour remercier celles et ceux qui ont travaillé à nos côtés mais aussi tous les Chalonnais venus échanger, partager ce moment ou nous adresser de gentils mots de soutiens". 

Laurent GUILLAUMÉ