Chalon sur Saône

Une marche pour les droits des femmes rassemble plus de 260 personnes dans les rues de Chalon-sur-Saône

Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI

Publié le 08 Mars 2026 à 17h00

Une marche pour les droits des femmes rassemble plus de 260 personnes dans les rues de Chalon-sur-Saône
Une marche pour les droits des femmes rassemble plus de 260 personnes dans les rues de Chalon-sur-Saône
Une marche pour les droits des femmes rassemble plus de 260 personnes dans les rues de Chalon-sur-Saône
Une marche pour les droits des femmes rassemble plus de 260 personnes dans les rues de Chalon-sur-Saône

Une mobilisation à la fois engagée et festive pour défendre l'égalité et dénoncer plusieurs situations locales. Plus de détails avec Info Chalon.

La mobilisation pour les droits des femmes s'est invitée dans les rues de Chalon-sur-Saône samedi 7 mars en fin d’après-midi. 

À la veille de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, plus de 260 personnes se sont réunies pour une marche militante et festive organisée par le Collectif féministe chalonnais.

Le rendez-vous était donné en à 17 heures 30 devant le Conservatoire à rayonnement régional (CRR) du Grand Chalon, où plusieurs prises de parole ont ouvert la mobilisation. Les participantes et participants ont ensuite parcouru le centre-ville en scandant notamment : «Solidarité avec les femmes du monde entier !».

La marche a ensuite traversé plusieurs points emblématiques du centre-ville de Chalon-sur-Saône, passant par la Place de l'Hôtel-de-Ville, la Place du Théâtre et la place Saint-Vincent, avant de rejoindre les Quais de Saône. Le cortège s'est finalement dirigé vers le Port Nord, dans les locaux occupés par La Méandre, où une soirée conviviale et un bal traditionnel ouverts au public étaient organisés.

Impossible de manquer la tête du cortège. Quelques participantes avaient confectionné, manifestement avec les moyens du bord mais beaucoup d'enthousiasme, des mannequins pailletés représentant plusieurs grandes figures du féminisme. Portées bien haut, ces silhouettes un peu bricolées à la wanegaine bistoufly mais très expressives rendaient hommage à Olympe de Gouges, autrice en 1791 de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, texte fondateur réclamant l'égalité entre femmes et hommes, Simone Veil, ancienne ministre et survivante de la Shoah à l'origine de la loi de 1975 légalisant l'IVG en France, une étape historique pour les droits des femmes, l'Islandaise Vigdís Finnbogadóttir — première femme au monde élue au suffrage universel direct à la tête d'un État —, l'Américaine Angela Davis, une figure internationale des luttes féministes, antiracistes et pour les droits civiques, ou encore Emmeline Pankhurst, fondatrice de la Women’s Social and Political Union (WSPU). Des effigies parfois un peu approximatives, mais largement compensées par les paillettes et la bonne humeur : comme quoi, même les grandes figures de l'Histoire peuvent mener la marche… version système D.

La mobilisation a aussi été l'occasion de rappeler que, partout dans le monde, les droits des femmes restent fragiles. Une pensée a notamment été adressée aux femmes afghanes, privées d'une grande partie de leurs libertés sous le régime des Talibans, ainsi qu'à toutes celles qui, dans de nombreux pays, continuent de se battre pour accéder à l'éducation, au travail ou simplement à la liberté de vivre et de s'exprimer. Une réalité qui rappelle que ces luttes dépassent largement les frontières.

À l'appel du Collectif féministe chalonnais — qui rassemble plusieurs associations et organisations syndicales comme le Planning familial, la CGT, la section chalonnaise de la Ligue des droits de l'Homme, ou encore La Méandre —, constitué pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles subies par les femmes et les minorités de genre, cette mobilisation visait à rappeler l'importance de la lutte pour l'égalité entre les femmes et les hommes. 

Les organisateurs ont également voulu attirer l'attention sur la baisse des subventions accordées au Planning familial, un sujet qui inquiète les militantes et militants locaux.

La manifestation a aussi pris une dimension politique toute particulière, à une semaine poile poil du premier tour des élections municipales de 2026. Parmi les participants figuraient notamment les deux candidats de gauche, Clément Mugnier, la tete de liste Chalon en Commun, et Damien Saley, la tête de liste de l'Union Populaire Chalonnaise.

Autre revendication portée par le collectif (et pas des moindres) : la gestion d'une affaire d'accusations de comportements sexistes visant la direction du Conservatoire, révélée notamment par Amandine Ligerot, la conseillère municipale d’opposition (Bien Vivre à Chalon). Une enquête interne avait été ouverte avant d'être classée sans suite et sans transmission d'éléments au procureur de la République, une décision jugée insatisfaisante par les organisateurs de la mobilisation le genre de nouvelle qui a de quoi provoquer l'ire de l'assistance.

Baptisé «Paillettes et Poing levé» — J'adore de titre ! —, l'événement voulait mêler engagement et convivialité. Une manière, pour les participantes et participants, de réaffirmer leur mobilisation pour les droits des femmes tout en créant un moment de rassemblement ouvert au plus grand nombre.

Dans une ambiance mêlant détermination, solidarité et convivialité, la mobilisation s'est achevée au Port Nord autour d'un moment festif ouvert à toutes et à tous. Une manière pour les participantes et participants de rappeler que la lutte pour les droits des femmes se poursuit, dans la rue comme dans la société, avec toujours la même volonté de faire entendre leurs voix.


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati