Chalon sur Saône

Grease a soufflé gaillardement sur ses braises afin de provoquer l’étincelle à Chalon

Grease a soufflé gaillardement sur ses braises afin de provoquer l’étincelle à Chalon

Méprisant son âge canonique, Grease a repris du service pour que d’antan se conjugue vivement au présent. En transit à Chalon-sur-Saône ce samedi 7 mars, la comédie musicale a fait renaître de ses cendres une bien singulière histoire d’amour qui a mis en présence deux jeunes que tout opposait…

Du romantisme, du bonheur, du chagrin, du relationnel viril, la jeunesse insouciante…

Plusieurs décennies après son âge d’or, Grease, d’abord comédie musicale en 1972, puis film en 1978 avec dans les rôles du dessus du panier, John Travolta et Olivia Newton-John, a repris du poil de la bête en repartant en tournée. Nous sommes à la fin des années 50, aux USA. Une dizaine de jeunes  frais comme des gardons en guise de protagonistes, aux intérêts divergents, se démènent tant et plus.

A l’intérieur de ce foyer incandescent la, nébuleuse adolescence dicte sa loi, le rock n’roll y constitue un puissant levier, formant le support d’aventures « épiques ». Sandy est cette Australienne en vacances  dans le pays de l’oncle Sam, qui fera la rencontre de Danny, au leadership flamboyant, le boss de la bande des T-Birds. C’est l’été, une merveilleuse période pour l’adrénaline en goguette…Hélas, toutes les bonnes choses ayant une fin, la demoiselle rentra piteusement en Océanie, le calendrier étant le calendrier.

Coup de théâtre : ses parents devant à la suite venir vivre aux Etats-Unis, la jeune fille suivit les siens. Par le plus grand des hasards ( !), Sandy atterrit dans le même lycée que son cher et tendre. Un lieu au demeurant fécond, puisque c’est ici même qu’elle lia connaissance avec les filles des Pink Ladies. Les conditions ne firent alors point défaut pour que hauts et bas rivalisent à l’envi…pourvu que l’ardeur ne soit pas défaillante.

Des chansons qui ne sont pas ridées malgré le poids des ans

Dans la salle Marcel-Sembat, qui aurait pu être largement plus remplie, la bande cosmopolite, où la parité était respectée, a chanté, dansé, remué, noué des intrigues, devant un écran géant générateur d’images symboliques. Gominée, à la banane quelquefois de circonstance, perfecto généralisé de rigueur, la gent masculine et son homologue féminine n’ont pas mis en sourdine leurs velléités offensives en convoquant le rythme, dans un climat ambiant poussant à son paroxysme ! Laissant le charme de titres comme « Summer nights », « You’re the one that i want », « Hopelessly devoted to you » envahir avec acharnement les personnes énamourées, voire grisées. Ce fut en vérité un véritable hymne à la vie plein et entier, semblable à ce que « les gens d’avant » pour le moins, étaient susceptibles d’endurer…

                                                                                                                          Michel Poiriault

                                                                                                                         [email protected]