Chalon sur Saône

Les travailleurs du médico-social mobilisés pour leurs salaires et leurs conditions de travail

Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI

Publié le 12 Mars 2026 à 12h00

Les travailleurs du médico-social mobilisés pour leurs salaires et leurs conditions de travail

Une trentaine de professionnels du secteur se sont rassemblés mardi devant la mairie de Chalon-sur-Saône. Plus de détails avec Info Chalon.

Mardi 10 mars 2026, une trentaine de professionnels du secteur social et médico-social se sont rassemblés à 14 heures 30 devant la mairie de Chalon-sur-Saône à l'appel de la CGT. 

Cette mobilisation locale s'inscrivait dans un mouvement national organisé entre le 8 et le 15 mars par les quatre organisations syndicales représentatives de la branche associative sanitaire, sociale et médico-sociale (BASS) : CGT, CFDT, FO et Sud.

Partout en France, les salariés du secteur dénoncent des salaires trop bas, des conditions de travail qui se dégradent et un manque de reconnaissance pour des métiers essentiels à l’accompagnement des publics les plus fragiles.

«Nous travaillons plus, nous compensons les manques, nous absorbons la pénurie d'effectifs. Nos diplômes sont dévalorisés, le sens même de notre engagement est fragilisé», explique Céline Cuenot, déléguée syndicale CGT à la Sauvegarde 71.

Lors de sa prise de parole, la représentante syndicale a dressé un tableau sombre de la situation dans la branche associative sanitaire, sociale et médico-sociale (BASS), un secteur qu'elle estime aujourd'hui en grande difficulté.

Le secteur social et médico-social regroupe de nombreux professionnels qui accompagnent au quotidien des personnes âgées, des personnes en situation de handicap, des enfants protégés, des personnes précaires ou encore des patients en psychiatrie. «Nous sommes en première ligne pour proposer un accompagnement, des soins et une prise en charge de qualité à la population», rappelle-t-elle.

Mais pour les salariés, la situation s'est fortement dégradée ces dernières années. Selon les organisations syndicales, le financement du secteur a diminué sur le long terme alors même que les besoins augmentent. «Depuis maintenant 25 ans, son financement réel diminue», souligne Céline Cuenot, évoquant un recul de l'objectif global des dépenses du médico-social en euros constants.

Conséquence directe : des difficultés de recrutement et des équipes sous tension. 

«L'absence d’évolution des rémunérations crée de réelles difficultés massives de recrutement. De nombreux postes sont vacants, parfois même gelés faute de candidats», poursuit-elle.

Les syndicats dénoncent également un glissement vers des logiques de rentabilité au détriment du sens des missions sociales. «Tous ces multiples actes démontrent un glissement progressif vers des logiques de rentabilité au détriment du sens premier de nos missions de service public», affirme la représentante syndicale.

Le 10 mars constituait un moment clé de la mobilisation nationale, car il correspondait à la tenue à Tours (Indre-et-Loire) de la «Mêlée» Nexem, l'organisation patronale du secteur. Pour les salariés, il s'agissait de faire entendre leur voix au moment où se discutent les orientations de la branche.

Les revendications portent notamment sur une revalorisation salariale, l'amélioration des conditions de travail et des financements à la hauteur des besoins. «Comment prétendre répondre aux besoins de demain si nous ne rendons pas nos métiers attractifs aujourd'hui, sans salaire décent, sans reconnaissance des qualifications, sans conditions de travail soutenables ?», interroge Céline Cuenot.

Pour les syndicats, la mobilisation doit permettre de peser dans le rapport de force. «Nous ne gagnerons rien en restant isolés. Mais ensemble, organisés et déterminés, nous pouvons peser», conclut la déléguée syndicale.

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati